Yggdrasil, T1 : La Prophétie de Myriam Caillonneau

Titre : Yggdrasil

Tome 1 : La Prophétie

Auteure : Myriam Caillonneau

Éditeur : Autoédité

Genre : Sciences-Fiction

Nombre de pages : 570

Fiche Bibliomania

 

 

4ème de couverture :

« Une dictature religieuse et militaire règne sur la galaxie. L’armée sainte, fanatiquement dévouée à la cause de celui qui se fait appeler Dieu, élimine impitoyablement ceux qui refusent de suivre les préceptes de la religion. Pourtant, les hérétiques propagent les paroles d’une prophétie annonçant qu’un Espoir va se lever et libérer l’univers.

Tourmentée par de terribles cauchemars prémonitoires, Nayla Kaertan arrivera-t-elle à échapper à l’inquisition qui traque sans relâche ceux qui, comme elle, ont des dons étranges. Doit-elle craindre son supérieur, un homme mystérieux, qui semble posséder des pouvoirs surnaturels ?
Aura-t-elle la force d’affronter son destin ? »

Mon avis :

L’histoire :

Nayla Kaertan arrive avec un détachement de conscrits (soldats débutants) sur  la base H515 de la planète RgM12. C’est un endroit perdu au fin fond de la galaxie. Mais Dieu sait ce qu’il fait et probablement que cette base à besoin d’aide. Aucun doute ne doit subsister…

Malmenés par le lieutenant Mapal, Nayla et ses camarades sont mis immédiatement au pas; Nayla rencontre enfin son supérieur à la cellule scientifique. Le Lieutenant Dane Mardon est un homme froid et mystérieux. Son exigence lui fait une réputation d’homme intraitable, son charme froid n’empêche pas les jeunes femmes de parier sur celle qui le fera flancher.

Nayla est déstabilisée par des cauchemars, des visions qu’elle doit cacher sous peine d’être arrêtée et considérée comme un monstre. Elle ne peut se confier à personne et ses visions lui consomment de plus en plus d’énergie… Qui est Mardon ? Peut-elle lui faire confiance ? Pourquoi est-il si autoritaire, tyrannique avec ses subordonnés ?

Les personnages :

Nayla : c’est une jeune femme qui vient de la planète Olima, où une rébellion a été sévèrement matée. En âge de partir en conscription pour Dieu, elle quitte  sa planète et son père. Très consciencieuse, son travail est toujours mené à la perfection. Elle présente une certaine habileté en ingénierie. Plutôt calme, elle applique les préceptes qu’on lui a enseigné, avec application et abnégation; mais un sentiment hérétique gonfle au plus profond d’elle qui menace sa stabilité et sa sécurité.

Lieutenant Dane Mardon : Il est chargé de la cellule scientifique et il est responsable du laboratoire de la base H515. Il est froid, mystérieux, implacable mais Nayla le déstabilise, il sent en elle une grande puissance qu’il ne s’explique pas.

Le lieutenant Mapal : C’est le lieutenant qui accueille les conscrits (les nouveaux) à la base. Il fait figure de brute épaisse et sans cervelle. Il les martyrise par plaisir. Il les teste et les pousse à bout. C’est un soldat avant tout, dévoué à Dieu aveuglément.

D’autres personnages sont très intéressants, mais les décrire m’obligerai à spolier…

La Plume, le Scénario :

L’auteur a une écriture fluide, qui vous transporte direct dans son univers.

J’ai bien aimé cette avancée lente et inéluctable dans l’histoire. L’évolution de Nayla, qui arrive en fidéle soldat de la Foi, une foi qui s’étiole petit à petit… Sa rencontre avec le mystérieux Dem, va changer la donne.

Les multiples péripéties, les rebondissements sont autant d’actions qui malmènent les personnages et le lecteur dans une histoire qui s’achemine vers un destin incertain. On retient son souffle, on souffre, on s’émeut, on stresse… bref toutes les émotions se mélangent dès que Nayla et Dem sont ensemble.

Les passages avec Dieu sont perturbant, ce type est vraiment malade, égocentrique, tyrannique, mais en même temps on sent qu’il a peur, l’Yggdrasil lui montre une réalité possible. Son autorité morbide fait froid dans le dos; Il règne par la peur, par la terreur, ses gardes noirs véritables tueurs sans scrupule tuent de façon implacable, ils ne discutent pas les ordres aussi sanglant et discutables soient-ils.

On termine le tome 1, assoiffé… on veut lire la suite 🙂

En Bref :

Un récit agréable, dépaysant, dystopique; Merci à l’auteur pour ce moment de plaisir 🙂

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Tu comprendras quand tu seras grande de Virginie Grimaldi

Titre : Tu comprendras que tu seras grande

Auteur : Virginie Grimaldi

Editeur : Fayard

Nombre de pages : 510

Genre : Contemporain

Fiche Bibliomania

 

 

4ème de couverture :

« Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit pas plus au bonheur qu’à la petite souris. Pire, une fois sur place, elle se souvient qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Et dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.

Au fil des jours, Julia découvre que les pensionnaires ont bien des choses à lui apprendre. Difficile pourtant d’imaginer qu’on puisse reprendre goût  à la vie entre des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé… Et si elle n’avait pas atterri là par hasard ? Et si l’amour se cachait où on ne l’attend pas ?

C’est l’histoire de chemins qui se croisent. Les chemins de ceux qui ont une vie à raconter et ceux qui ont une vie à construire.

C’est une histoire d’amour(s), une histoire de résilience, une ode au bonheur. »

Mon avis :

L’histoire :

Premier jour, nouveau job. La vie de Julia commence à ressembler à un cauchemar… Elle n’a qu’une envie c’est repartir en courant à Paris… Elle ne sait pas ce qui lui a pris de postuler dans une maison de retraite

Mais voilà qu’un matin, elle se lève comme tous les autres jours et elle s’aperçoit qu’elle aime son travail, qu’elle apprécie ses patients. Ces personnes au bout de leur vie n’avait rien à lui apporter ça elle en était persuadée… mais alors qu’est-ce qu’elle se trompait !

La voilà de connivence avec les supers mamies et les papis farceurs !!

Finalement, elle se sent bien avec eux, elle revit, elle se ressource, elle apprend la vie 🙂

Les personnages :

Julia : Psychologue, célibataire, en deuil (elle a perdu son papa…), son petit ami a préféré lui laisser gérer ça toute seule… bref quand elle arrive Aux Tamaris, elle est en mauvais état

Marine est aide-soignante, rigolote pleine d’entrain. Elle en pince un peu pour Greg et surtout elle habite le studio en face de Julia.

Greg est l’animateur de la maison de retraite, c’est un jeune-homme très séduisant.

Anne-Marie c’est la directrice des Tamaris

Et Léa est la jeune femme qui part en congé maternité et que Julia vient pour remplacer.

Et tous les papys et mamies de la maison de retraite qui à eux seuls mériteraient un paragraphe entier dans cet article, mais il y aurait trop de spoilers 😀 …

La Plume, le scénario :

Ce livre m’a été chaudement recommandé par une adhérente de la Médiathèque où je travaille 🙂

Ce n’est pas le genre de livre que j’aurais choisi de moi-même. Mais je me suis dit « pourquoi pas ».

Et je n’ai pas du tout regretté  !!

Quelle fraîcheur dans l’écriture, c’est direct, c’est drôle. Dés les premiers chapitres je me bidonnais toute seule dans le canapé.

Julia est un personnage, franche, un peu torturée mais son approche avec les papis/mamies de la Maison de Retraite les Tamaris est hilarante !! Elle s’attend au pire moment de solitude et elle découvre une véritable famille amis.

Le récit est très émouvant, on passe d’un pensionnaire à un autre en spectateurs officieux des séances psy de Julia. Chacun apporte son lot de joies, de chagrins, d’expérience et d’idées complètement folles 😀

On a miss mamie, papi grincheux, papi farceur etc… Ils ont tous quelque chose à apporter à Julia, et savent bien que Julia est aussi là pour les écouter.

Julia apprend aussi que tous ces pensionnaires ne sont pas là pour attendre patiemment la fin de leur vie. Ah ça non ! Ils ont bien décidé de continuer à se forger des souvenirs et de vivre au jour le jour avec bonheur.

Ce livre m’a mis une claque, car oui j’avoue je pensais comme Julia…Les papis/mamies des maisons de retraite ne sont plus que l’ombre d’eux même et attendent la mort et n’oublions aussi le côté « senteur pipi » qui va avec l’idée !!

Et bien l’auteur nous montre une autre facette de cette génération, qui certes est au bout du chemin mais ils ne sont pas décidés à partir sans rien tenter de nouveau, sans rien faire.

Les Tamaris sont un concentré de joies, de moments hilarants, de tristesse, de moments tellement émouvant que la boule reste coincée longtemps après le passage.

L’auteur a une écriture magique ! Quel don exceptionnel de faire ressentir toutes ces émotions à son lecteur en évoquant la vie au sein d’une maison de retraite.

En Bref :

Un roman génial, qui vous met une grosse claque !!

The Irregular at Magic High School de Tsutomu Sato

Titre : The Irregular at Magic High School

Auteur : Tsutomu Sato

Éditeur : Ofelbe

Genre : Fantazy

Nombre de pages : 414

Fiche Bibliomania

 

 

4ème de couverture :

« En 2095, trente ans après l’intervention des magiciens qui mirent fin à la Troisième Guerre mondiale, la magie, autrefois fruit des mythes et légendes, est devenue une technologie courante tout comme les pouvoirs qu’elle procure.
Tatsuya Shiba et sa jeune soeur Miyuki ont tous deux rejoint la plus prestigieuse de toutes les écoles de magie, mais si l’un est relégué au rang des élèves les moins doués, l’autre est considérée comme un véritable prodige.
Alors qu’ils ne rêvent que d’une scolarité sans histoire, les conspirations et les menaces pesant sur l’académie les forceront à agir ! »

Mon avis :

L’histoire :

Tatsuya et Miyuki Shiba sont reçu tous les deux dans le meilleur lycée de magie. A une différence prêt, Miyuki a réussi tous ses examens théorie et pratique, mais son frère a raté la pratique, néanmoins il intègre quand même ce lycée car ses résultats sont excellents mais il ne bénéficiera pas de l’accompagnement d’un professeur. Il fait partie de cet ensemble de lycée accepté en seconde catégorie : Les Graines (termes officieux).

Cette discrimination ne le gène en rien, il sait ce qu’il vaut et il vient se perfectionner en pratique de la magie et surtout il accompagne sa soeur.

Autant Miyuki est déjà promu représentante des nouveaux élèves, autant son frère est dénigré…

Mais lors d’une échauffourée, il est obligé d’intervenir et montre à quel point il est doué même s’il a un déficit en pratique de la magie. Il est alors recruté dans le comité de discipline…

Alors qu’ils avaient décidé tous les deux de passer une scolarité paisible, leur aventure commence sur les chapeaux de roue.

Les personnages :

Tatsuya Shiba : Il est mystérieux; on sait qu’il a raté son examen pratique de magie, mais qu’il est excellent dans tout le reste. Il préserve sa soeur comme un bijou dans un coffret. Il est très tendre avec elle, très protecteur. Sa relation avec sa soeur est ambiguë, bizarre… Il se lie d’amitié avec Leo, Mizuki, Erika. Par contre il se méfie de la Présidente des élèves, il ne comprend pas trop son fonctionnement.

Il est plutôt du genre « mec blasé », qui ne fête pas forcément sa victoire, il est tout en retenue.

Miyuki Shiba : c’est la petite soeur de Tatsuya, elle vénère son frère et ne tolère pas qu’il soit sous estimé. Elle aurait tendance à ce mettre en colère et ne plus rien contrôler, heureusement Tatsuya est toujours là pour la canaliser. Son comportement vis à vis de son frère est trouble, ambiguë, elle l’aime follement mais serait-ce un amour fraternel exclusif ou bien plus que ça ? A chaque contact avec son frère, elle s’apaise.

Les amis des Shiba :Mizuki, Leo et Erika sont des personnages intéressants car l’auteur dévoile petit à petit leur capacités, enfin il évoque leur capacité juste assez pour nous donner l’eau à la bouche.

L’autre catégorie de personnages est plus ambivalente, ils font partie de l’élite et considère Tatsuya comme une Graine mais après avoir vu sa façon de régler un conflit, ils commencent à reconnaître ses capacités. Mayumi d’abord puis Mari sont des responsables représentant les élèves surtout les Fleurs au début… Puis elles commencent à comprendre l’intérêt d’intégrer Tatsuya dans leur équipe.

La Plume, le scénario :

Je vais d’abord parler des illustrations qui sont superbes et donne une touche sympa au roman 🙂

L’intrigue se place en douceur, lentement. L’auteur soulève le voile du mystère petit à petit. Juste assez pour nous donner envie de continuer. On comprend vite que Tatsuya est bien plus qu’un élève de second cursus. Son intelligence, son entraînement est intrigant. Par contre lui ne fait pas de cas de cette puissance, il est très humble, il ne s’affiche pas; d’ailleurs il chercherai plutôt à ne pas se faire voir… c’est mystérieux : Que cache t-il ?

Sa petite soeur est ultra puissante également  mais ne fait pas l’étalage de ces capacités non plus, elle s’en sert quand c’est utile ou quand elle ne maîtrise pas sa colère, son ressentiment.

L’auteur a d’ailleurs choisi d’établir entre ces deux là, une relation ambiguë, ils s’aiment énormément, se défendent l’un l’autre et se voue une vénération différente mais qui revient au même… Quand est-il vraiment de leur sentiments ? et pourquoi des frères et sœurs agissent-ils comme ça ?

Un petit bémol (qui n’en est pas un) dans l’histoire, qui m’a freiné au début et qui est devenu nécessaire après, enfin j’en ai compris la nécessité : c’est la description des CAD !! Rhoooooo qu’est-ce que je galérai au début, c’était pas intéressant pour moi, ça me cassait mon histoire et puis rapidement j’ai compris qu’il fallait en savoir plus sur ces CAD pour bien comprendre comment fonctionne la magie de Miyuki et Tatsuya ainsi que celle des autres.

Pour faire évoluer doucement ses personnages, l’auteur a introduit un complot contre le mode d’instruction en place. Cette discrimination entre les personnes ayant des capacités naturelles de magie, ceux qui doivent travailler pour arriver à un niveau convenable et ceux qui sont malheureusement dépourvu de toutes capacités magiques. Ce fossé créant ainsi une rébellion parmi ceux qui n’ont pas été gâtés par la nature…

J’ai terminé ce tome avec l’envie de savoir qui était réellement Tatsuya et Miyuki et comment aller évoluer leur relation et également comment allaient-ils gérer les futurs complots maintenant qu’ils s’étaient un peu dévoilés… Quel rôle ont-ils dans ce monde magique ?

En Bref :

Une lecture passionnante ! Je serais bien tentée par le tome 2 🙂

Les Carnets de Pauline Thot de Rébecca Brocardo

Titre : Les Carnets de Pauline Thot

Auteure : Rébecca Brocardo

Éditeur : Autoédité

Genre : Contemporaine

Format : Epub

Nombre de pages Pdf : 229

Fiche Bibliomania

 

Résumé Auteure :

« 1999. Pauline étouffe dans sa petite ville de province. Introvertie et malmenée en classe, elle ne revit que pendant les vacances en Corse, où elle se découvre à la fois désirable et vulnérable. Pour assouvir sa soif de liberté, elle se révoltera tour à tour contre l’autorité, les hommes et la société.

Dans ses carnets, Pauline raconte à la première personne sa lutte solitaire contre la honte et la culpabilité qu’elle ressent dans sa construction en tant que femme dans un pays où leur condition et leur sexualité posent toujours problème. Avec son « Je », elle joue à se moquer de tout pour ne pas souffrir.

Véritable journal de société, ce récit riche et sensible témoigne de la difficile transformation d’une adolescente en adulte, dans une fin de siècle ponctuée par de profondes mutations technologiques et sociétales. C’est en partageant son vécu qu’on s’attache à l’héroïne, à son histoire, et à son parcours. »

Mon avis :

Tout d’abord merci à l’auteure Rébecca Brocardo de m’avoir proposé son roman 🙂

L’histoire :

L’histoire de Pauline commence à la fin du collège, début du lycée où elle décrit dans ses carnets le déroulement de ses journées avec beaucoup de réalisme et de cynisme. Elle est désirée mais repousse, alors commence le harcèlement, les questions, est-ce de sa faute ? les gens, les hommes surtout, sont-il tous mal intentionnés ?

Elle traverse le lycée avec douleur mais parfois avec ivresse; elle se sent en dehors du monde, elle ne comprend pas pourquoi faut rentrer dans le moule pour être heureuse. Elle refuse de faire comme tout le monde, elle refuse l’autorité, elle refuse la supériorité du mâle, elle refuse les règles préétablies. Elle veut juste faire ce qu’elle veut, mais même là elle ressent du vide.

Le lycée est une épreuve, mais la suite n’est pas douce non plus… son désarroi  est entrecoupé d’ivresse libertaire quand elle rejoint sa si chère Corse pendant les grandes vacances.

C’est l’histoire d’une jeune fille adolescente qui passe douloureusement l’épreuve de la chrysalide.

Face à une société envahissante et autoritaire, face à la place de la femme dans cette même société, face aux hommes, face à l’autorité parentale pas ordinaire… Pauline essaie de se construire librement sans contrainte à contre courant.

Le personnage :

Pauline : une jeune fille qui parait trop discrète au départ, trop sensible, trop facile … elle encaisse les assauts toujours plus nombreux de son harceleur du lycée; elle ne sait pas très bien où est sa place dans ce monde qui ne semble pas fait pour elle. Il lui parait difficile de grandir, avec des jeunes hommes tous obnubilés par une chose : le sexe. Elle essaye toutes sortes d’approches pour connaître la paix ou au moins se sentir un peu en phase avec ses camarades du lycée…

Elle revit dès qu’elle foule le sol de sa chère Corse, là-bas tout est possible, elle respire, elle semble elle-même, elle s’autorise à plonger dans ses moindres désirs.

Je ne proposerai pas d’autres personnages, ils font partie du déroulement de la vie de Pauline.

La plume, le scénario :

L’écriture de l’auteure est très littéraire, on sent bien le travail derrière ce roman. Rébecca Brocardo alterne la narration en utilisant le « elle » comme une voix off qui commente une tranche de vie et le « Je » de Pauline qui écrit dans ses carnets.

J’avoue que cette double utilisation m’a un peu déplu… je me retrouvais perdue pendant une seconde puis hop je reprenais le cours de l’histoire où je me  repositionnais par rapport à Pauline.

Mise à part ce petit bémol, l’écriture de l’auteure est agréable, c’est très bien écrit. Il y a par moment des petites longueurs nécessaires je dirais car on observe comme un spectateur la vie de Pauline…

Par le jeu de double écriture, Rébecca Brocardo fait référence aux auteurs classiques, aux philosophes qui ont jalonnés nos années lycées au travers des états d’âme de Pauline. Et d’un coup de baguette magique je me suis rappelée des cours marquants, des profs passionnants d’autres pas 😉 c’était sympa.

Bon pour ce qui est de l’histoire de Pauline, je n’ai pas réussi à m’attacher à Pauline, ce personnage mise à part décrire avec beaucoup de réalisme les difficultés que les adolescents ont à traverser cette période trouble, m’a plus agacée qu’autre chose… j’ai trouvé Pauline inconstante, jamais satisfaite, jamais une lueur d’espoir. Elle est restée figée dans son désir d’être à tout prix différente, prisonnière de ses envies, de ses désirs. Elle ne choisit pas les bons hommes en toute connaissance de cause, croyant que ses choix vont la sortir de ce marasme collant et désespérant. Engluée dans ses désirs capricieux, elle s’étonne après qu’elle n’est toujours pas heureuse..

J’avoue que Pauline m’a même énervée, je l’ai trouvé méchante avec certain de ses mecs (notamment Marc…). Sachant que de toute façon elle ne faisait pas le bon choix, c’est pas grave elle plongeait quand même… s’en était vraiment énervant. Et toute cette débauche de drogue, d’alcool, d’orgie pour fuir la réalité ? Ou juste parce qu’elle n’arrivait pas à freiner ses envies ? Ou juste parce que la vie est trop dure et faut évidemment faire des choix ?

Pauline vit une vie de Bohême, entre des études qu’elle mène à bien mais aussi entre drogue et alcool à la recherche de l’amour, du bonheur… à la recherche de sa place dans ce monde.  Par ses choix, elle s’automutile le moral, elle se châtie en courant après des fantômes, après des figures mâles qui, pense t-elle, la combleront de bonheur puis c’est le vide… la faute à qui ? aux hommes ? d’être aussi inconstant à cet âge ? non je ne pense pas … juste aux mauvais choix de Pauline guidés par cette envie d’être différente et trouver une place au milieu de ces humains…

En Bref :

Une écriture agréable, mais un personnage énervant illustrant seulement le côté sombre du passage de l’adolescent à l’adulte…

Moi, Cali, Faucheuse de Sophie Cole

Titre : Moi, Cali, Faucheuse

Auteur : Sophie Cole

Éditeur : Nouvelles Plumes

Genre : Jeunesse, Fantastique

Nombre de pages : 386

Fiche Bibliomania

 

 

4ème de couverture :

« Pour Cali, égoïste et insouciante jeune femme de 25 ans, il n’existe pas de plus grand plaisir que de se montrer odieuse, même avec ses proches. Aussi quand elle meurt, tuée net par un homme défenestré, elle se voit refuser le paradis. Son seul recourt pour ne pas finir en enfer : devenir un démon faucheur. Mais retirer la vie est une mission délicate, même accompagnée de deux séduisants démons. Cali n’imagine pas les défis qui l’attendent, d’autant que sa mort n’est pas du tout le fruit du hasard… »

Mon avis :

L’histoire :

Cali, est une jeune femme de 25 ans, odieuse avec quasiment tout le monde, même dernièrement avec sa meilleure amie… Quand la mort vient la faucher, on lui refuse l’accès au Paradis, mourir subitement ne lui a pas laissé le temps de se repentir et de rattraper tout le mal qu’elle a fait. Le bureau du Paradis lui propose une autre solution que l’Enfer et la recommande au bureau des Démons. Si Cali ne veut pas aller en Enfer, elle doit accepter de devenir un démon faucheur.

Cette mission est beaucoup plus délicate qu’elle n’y parait et le plongeon dans un monde radicalement différent et mystérieux la retourne complètement. Elle rencontre Dagon, qui se dévoue pour être son formateur, mais trop de mystère entoure sont séduisant mentor au point de faire perdre les pédales à Cali et de l’amener à fréquenter d’un peu trop près un autre formateur pas si regardant sur la moralité… Stan.

Dans tout ce marasme, Cali va devoir être forte et sourtout va devoir trouver des alliés étonnants…

Les personnages :

Cali : Une adolescence douloureuse et incompréhensible, a fait d’elle une jeune femme odieuse aimant blesser les gens autour d’elle. Elle croit que ça l’a fait se sentir mieux mais plus ça vient plus elle s’enfonce. Parce qu’on a voulu l’éloigner, ils (je ne peux pas dire qui …) ont fait d’elle un brouillard sombre. Quand elle devient un démon faucheur, elle se rend compte que prendre la vie de quelqu’un n’est pas aussi simple et surtout ça lui fait comprendre la valeur de la vie et de la famille.

Dagon : c’est a priori un démon faucheur, extrêmement séduisant, avec plusieurs siècles d’expérience; il devient le formateur de Cali. Mais son mystère trop épais autour de lui va éloigner Cali. Son comportement étrange, va même jusqu’à déstabiliser Cali au point de la pousser vers d’autres horizons beaucoup plus sombre.

Stan: un autre formateur, d’un tout autre genre, beaucoup plus froid, plus glacial même. Il tue ce qu’il veut pour le jeu, il casse l’enseignement de Dagon par jeu aussi. Il est cynique, imbu de lui-même, clairement narcissique et pourtant Cali le suit et sombre pour mieux remonter et se rendre compte qu’un destin beaucoup plus grand l’attend.

La Plume, le Scénario :

Cali est l’exemple de l’anti-héroïne, stupidement méchante, odieuse qu’on déteste tout de suite. Elle ne fait pas les bons choix, elle est toujours écorchée vive. Réagit vivement…Bref ce n’est pas un personnage auréolé !

Mais elle devient un démon faucheur et son comportement change, elle voit la vie autrement. Elle commence à agir prudemment, avec réflexion. la formation de Dagon y est pour quelque chose, mais il y a plus que ça. Elle soulève le voile de sa vie et de sa mort et y découvre de sombres secrets dont elle n’a jamais eu conscience. Elle faisait partie d’une obscure machination, d’un combat millénaire entre deux camps frères et rivaux en même temps.

J’ai bien aimé le côté sombre de l’héroïne, ça change des personnages toujours blancs comme neige qui font le bien 😀

Mais finalement, j’ai trouvé qu’elle subissait les évènements et qu’elle n’avait pas vraiment de prise sur tout ce qui lui arrivait… en même temps elle n’était au courant de rien. Mais elle n’était pas tellement autonome finalement… Elle a subi ses deux formations même si elle n’était pas vraiment d’accord avec certains aspects de ce que lui enseignaient ces deux mentors…

Et ce triangle amoureux, NON NON c’est pénible des personnages qui ne savent vers quel amour se tourner, ça m’agace…

En Bref :

Un roman sympa à lire, d’ailleurs il se lit vite mais je suis restée mitigée sur le personnage de Cali.

Un bon point pour le côté anti-héroïne et un bémol pour un comportement assez subit…

 

Les Cercles d’Éternité de Jean-Louis Ermine

Titre : Les Cercles d’Éternité

Auteur : Jean-Louis Ermine

Éditeur : Autoédité

Genre : Science-Fiction

Format :  Epub

Nombre de pages : 145 (PDF)

 

 

Résumé de l’auteur :

« Dans un futur lointain, les hommes ont découvert le secret de l’éternité, mais cette invention a un prix. La personne qui choisit de suivre cette voie entre dans un processus inéluctable de dégénérescence, qui fait ressortir ses plus bas instincts. Le monde se divise alors, et se structure en « cercles », correspondant chacun à des stades de décadence plus ou moins avancés. Face au déclin de l’humanité, le gouvernement cherche des solutions, et finit par retrouver la trace d’un mystérieux scientifique, dont les recherches sur l’immortalité auraient abouti. Laurie et Simon, deux marginaux que tout oppose, sont chargés de ramener le professeur et de redonner espoir aux habitants des cercles. Pour cela, ils devront s’aventurer au-delà des terres connues, là où la barbarie a tous les droits. Une chasse impitoyable est lancée, et les entraînera dans une véritable traversée des enfers. L’éternité leur réservera encore bien des surprises. »

Mon avis :

Tout d’abord Merci beaucoup à l’auteur, Jean-Louis Ermine, de m’avoir proposé de lire son roman, ce fut une belle découverte et un vrai plaisir de lire.

L’histoire :

L’humanité a découvert l’éternité. Mais ce cadeau empoisonné menace d’extinction les humains.

Certains font le choix délibéré de prendre les drogues d’éternité et plongent dans un état sauvage et violent. D’autres préfèrent attendre la mort paisiblement, mais sont menacés par les éternels.

Deux marginaux sont recrutés pour retrouver le professeur Soler qui aurait trouvé un antidote à cette résurgence de violence. Ils devront passer les cercles extérieurs, survivre et ce qui les attend tout au bout est une vérité troublante

Les Personnages :

Laurie : C’est une rabatteuse; elle capture des éternels violents pour les livrer à des riches en mal d’amusement… Elle n’a jamais pris de drogue d’éternité et n’est absolument pas tentée.

Simon est un cas spécial, il a pris les drogues d’éternité mais son corps les a rejeté et petit à petit il a retrouvé son humanité sans rien oublier de ce qu’il a fait ou subit. Des scientifiques l’ont capturé pour l’étudier et comprendre ce que font les drogues d’éternité au cerveau… Il est l’opposé de Laurie mais ils devront s’entendre pour survivre.

La Plume, le Scénario :

L’entrée en matière donne le ton… c’est violent, glacial. L’humanité est en très mauvaise posture.

Une fois Laurie et Simon face à leur mission, face à un tournant capital de leur vie, on ne se lasse pas ! J’ai suivi avec curiosité l’évolution de ces personnages si différent. Les changements qui s’opèrent dans leur façon de voir le monde, dans la façon d’appréhender les évènements, c’est surprenant et intéressant, car les communautés qu’ils traversent font vraiment froid dans le dos et ils semblent comprendre qu’ils ont peut-être accepté une mission suicide…

Malgré leur perte de contrôle, ils passent, ils résistent, se soutiennent. J’ai bien aimé ses passages car justement les personnages sont imparfaits et font des erreurs. Leur humanité fait la différence.

Le récit est rapide, la dynamique s’enchaîne très vite… c’est compréhensible par le fait que c’est un roman court.

J’ai trouvé l’enchaînement de la fin un peu trop rapide, l’acceptation des personnages trop facile, mais encore une fois le roman est court  et finalement c’est un tout cohérent.

J’aurai aimé que les cercles qu’ils traversent soient un peu plus développés, ainsi que leur expérience, car l’écriture de l’auteur est agréable et je pense que ça aurait été intéressant.

En Bref :

Un roman glaçant avec une petite lueur d’espoir, mais pas là où l’on se l’imagine.

Héhé j’ai vraiment aimé cette subtile manipulation de l’auteur à m’amener à une réflexion sur ce besoin qu’on les Humains à rechercher l’éternité. Est-ce raisonnable ? Est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Qu’à t-on à y gagner (sans parler de violence) ?

Un très bon livre qui pousse le lecteur à la réflexion !

Merci Jean-Louis Ermine 🙂

Tei Lagan et les conséquences du coeur de Henri Nestière

Titre : Tei Lagan et les conséquences du coeur

Auteur : Henri Nestière

Éditeur : Autoédité

Format : ePub

Nombre de pages : 291 (pdf)

Genre : Historique

 

 

Résumé de l’auteur :

« Je me moque de la justice des hommes, je cherche juste à ce que certains comprennent les conséquences du cœur. »

Bretagne, 1743. Libéré de prison, après avoir été dénoncé pour un vol nullement commis, le petit escrinier que j’étais rentre dans son village pour y apprendre que sa femme et sa fille n’étaient plus, emportées par la récente épidémie de dysenterie.

Que peut-on ressentir dans de tels moments ? Quand j’appris que les élites brestoises avaient laissé débarquer le marquis d’Antin ainsi que ses hommes, alors qu’ils les savaient contagieux, et qu’ils les avaient, de plus, dispersés dans divers hôpitaux, je ne pus que côtoyer le désir de vengeance.

Partant pour Brest, même si mon cœur allait fortement se lier à ma petite Jeanne, devenant autant brigand que bourgeois apprécié, il ne fallait surtout pas s’attendre à ce que ma revanche faiblisse, parce qu’il était hors de question que j’épargne une seule de mes proies… quitte à risquer de me perdre moi-même.

Mon avis :

Je remercie l’auteur, Henri Nestière, de m’avoir proposé son roman, ce fut une belle découverte et un vrai moment de plaisir.

L’histoire :

Tei Lagan est un escrinier (un fabricant d’écrin, de coffres) dans son village. Un jour malchanceux, Tei est emprisonné sur dénonciation. Aucune chance pour lui de prouver son innocence…  Durant 5 années, il est privé de sa famille. Marie sa femme, vient le voir de temps à autre mais cela devient de plus en plus difficile. Sa fille, lui manque comme un trou dans le coeur… Mais voilà le jour béni où sa peine est enfin purgée. Il rentre chez lui, mais le silence et la solitude l’attendent. Sa femme et sa fille ont été emportées par une épidémie de dysenterie.

Alors Tei Lagan, se transforme en vengeance pure, car cette épidémie s’est répandue à cause de nobles peu regardant sur la quantité de victime. En disséminant des hommes contaminés dans plusieurs hôpitaux en vendant leurs habits porteurs du virus…

Les personnages :

Tei Lagan, c’est un homme simple avec beaucoup de bonté cachée dans son coeur, mais la perte de sa famille va le rendre tellement en colère, tellement triste. Qu’il va se transformer en vil manipulateur, contrebandier pour atteindre ceux qui ont contribué à l’épidémie de dysenterie. Il est très habile, très intelligent, personne ne se méfie. Il entre dans la peau de ses personnages qu’il a créé pour arriver à ses fins, il y arrive très bien au point de s’y perdre quelques fois. Mais grâce à la présence de Jeanne, une part de Tei arrive toujours à refaire surface.

Jeanne : C’est une mendiante dont Tei s’est pris en pitié. Il a décidé de la recueillir comme sa fille; et de la sortir de la rue, du mépris et de la mort. Il va forcer le respect à son égard, la vêtir comme une dame respectable, lui enseigner la lecture et être présent auprès d’elle. Elle va devenir sa « petite vie », au fil du temps, Jeanne et Tei se rapprochent comme un père et sa fille. Elle est douce, attentive, attentionnée et surtout jamais dans le jugement.

Le Comte de Langis : Il va devenir un ami très précieux, et enseigner à Tei les manières des bourgeois, de la noblesse. Il lui enseignera le parlé métaphorique des nobles. Au côté du Comte, Tei commence alors sa vengeance, mais il se fera un véritable ami. Quant au Comte, la présence de Tei, aura éloigné ses démons le temps de leurs entrevues et lui aura aussi permis de se sentir utile.

Le Comte Gangel, le Marquis de Guilin, l’Échevin Deloël, le Sieur Charles-Henry de Tromin: Ces personnes de la noblesse, de la bourgeoisie, vont devenir des amis de Tei, sans savoir vraiment, sans connaître le véritable Tei. Ils vont l’introduire dans la société chacun à sa manière, selon leur vanité, leur appât du gain, leur intérêt malsain. Ils ne savent pas encore quelle vengeance terrible ils accueillent dans leur vie…

La plume, le scénario :

Le style d’écriture de l’auteur nous plonge direct dans le 18ème siècle. Le récit est conté par Tei lui-même qui s’exprime comme en son temps. C’est étonnant, et ce n’est nullement dérangeant. Bien au contraire, on se sent proche de Tei, de ce qu’il vit au milieu de ces bourgeois, de ces nobles suffisants. Mais aussi de ses sympathiques amis paysans ou taverniers. C’est un style très beau, très imagé et beaucoup plus vivace qui transforme la lecture presque en film.

Je me suis attachée immédiatement à Tei, peut-être parce qu’il était victime d’abus judiciaire. Que son retour à la maison était triste… malgré sa joie d’être libre et de se rapprocher des deux femmes de sa vie, on sentait que quelque chose n’allait pas… malgré cette joie, la lectrice que je suis, était déjà triste sans savoir… Dans sa vengeance, on ne peut lui en vouloir, car face à ses actes, il reste conscient que c’est mal, mais ils doivent payer. Comme il dit, ils doivent connaître « les conséquences du coeur ». On ne peut pas mépriser la vie des gens juste parce que sa position le permet. Dans son dessein de vengeance, on sent l’homme bon, d’ailleurs il aide Jeanne, Justin et d’autres pour compenser ses actes malsains, il ne se sent pas plus pardonnable pour autant; mais sa bonté ressort de ses personnages manipulateurs.

J’ai suivi avec fébrilité la déchéance de ces assassins, j’avais peur que Tei soit confondu, et enfin le dernier acte de Tei n’est pas si étonnant quand on a appris à connaître cet escrinier de Landudal; ça termine l’idée qu’on se fait du personnage, c’est rassurant et triste à la fois.

En Bref :

L’écriture de Henri Nestière m’a conquise, ce fut une très agréable lecture.

Un récit passionnant, triste, touchant ou réel et imaginaire s’entremêle.