Amour et Cruauté de Si Ahmed Djaffard

Titre : Amour et Cruauté

Auteur : Si Ahmed Djaffard

Édition : Mon petit Editeur

Nombre de page : 322

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Elle, Hafsa, fille de la veuve Zoueirat, était heureuse de ses coups. La main de fer, qui la suppliciait, de laquelle elle voudrait encore souffrir, la secouait d’un désir sans cesse renaissant. Lui, Momed, dans ses prières, pressait son ventre, un petit ventre vierge de jeune pucelle, l’écrasant, d’une pression continue de fardeau, jusqu’à l’étouffer. Les obscénités, les coups, elle les acceptait, comme toute jeune fille sage, on tolérait tout à l’élu de son cœur. Mais, cette posture, cette attitude césarienne, ce pied souillé sur son cœur aimant, l’avait frappée de stupeur, lui ôtant jusqu’à la sensation de souffrance. Sans vice, nette de pêché, fille à la matrice propre, chaste, vertueuse et inaccessible, elle n’arrivait pas à s’expliquer la juste raison d’une telle explosion de colère. »

Mon avis :

Sur le coup en lisant le résumé de l’éditeur, je me suis dit « ouille », ça va être un peu dur à lire… et puis j’ai postulé pour ce partenariat, chez Les Agents Littéraires, en toute connaissance de cause et avec des a priori… Je savais d’avance que cette lecture allait me révolter. Effectivement la condition de la femme, dans ce bidonville installé à côté de la décharge de la ville de Boufarik, est scandaleuse de mon point de vue de femme libre Européenne. Attention je ne dis pas que ces femmes ne sont pas révoltées de leur condition, mais elles se trouvent sous le joug des hommes de la famille ou des voisins.

Ces femmes sont violentées, violées, piétinée, battues à mort, humiliée juste par le simple fait qu’elles sont des femmes… mais leur courage, leur volonté à s’accrocher à la vie est sans limite, c’est admirable. Malgré l’étouffement de l’homme, elles luttent pour rester en vie, leur misérable vie … mais une vie quand même.

Je heurte peut-être certains esprits avec mes mots peut-être mal choisis, je m’en excuse auprés d’eux. S’il y a une chose qui me révolte, c’est de rabaisser ainsi un être humain… Bon je m’arrête, je ne veux surtout pas engager un débat, c’est juste pour dire si ce livre à soulever en moi des questions, des révoltes, des grondements, des réflexions…

Hafsa est défavorisée dés sa plus jeune enfance, son père meurt, sa mère reste veuve avec une jeune enfant sans homme et cette situation est très mal vu… Leur vie est un combat de tout les jours pour rester en vie, pour garder le respect de leurs voisins et voisines. Alors qu’Hafsa croit découvrir l’amour, elle ne s’attend pas à entrer dans le cercle d’homme si peu respectueux de la vie et de la femme… elle va subir un véritable calvaire et grâce au courage et à la ténacité de sa mère, elle va enfin croire que son destin est bien meilleur mais ailleurs pas en restant dans le bidonville de Chabir…

Hafsa est une jeune fille, jeune femme impulsive. Elle essaie de se conduire honnêtement sans se faire remarquer, mais quelquefois la colère gronde tellement en elle qu’un vent violent l’emporte !!

Par sa plume l’auteur nous accroche à Hafsa, en décrivant sa vie, sa condition et ses erreurs, il fait naître en nous un sourde révolte. Comment peut-on traiter un être humain de cette façon ? On est bien loin de notre situation idyllique nous les femmes européenne libre !

Si Ahmed Djaffard glisse doucement cette bande d’assassins peu scrupuleux croyant agir au Nom de leur Dieu, ils torturent, ils tuent sauvagement et ils veulent la légitimité face au pouvoir en place, que d’utopie ! Que d’horreur !

L’auteur écrit sans jamais imposer son avis, il le fait naître en nous, juste par le fait de constatation, par la narration de la vie courante dans un bidonville, c’est un roman bien sûr mais on ne peut s’empêcher de penser que dans certaines villes la vie des femmes est aussi dure…

Dés les première pages, on est happé par cette violence, ce combat et on continue car on espère que au bout du compte  le combat, la survie, la ténacité, le courage vont servir à quelque chose !

Ce qui m’a plu :

Le personnage principal, Hafsa par sa naïveté mais aussi avec cette impulsivité qui la fait grandir vite et lui fait comprendre toutes ces choses qu’elle ne tolère pas, qu’elle ne tolère plus. Cette envie qu’elle a de partir en espérant qu’une vie meilleure l’attend ailleurs. Par contre j’ai haïs ce Momed, ce lâche, ce tueur sanguinaire qui a besoin d’hommes de main pour frapper une seule femme et pour assassiner ceux qui ne pensent pas comme lui !

En Bref :

Un découverte très importante pour moi ! Au vu de la 4ème de couverture je n’aurais pas acheté ce livre car ces histoires de femmes bafouées ne me tentent pas, mais là je dois dire que l’auteur m’a bouleversée. Si je n’avais pas postulé je serais passée à côté d’une lecture très importante, captivante et révoltante. Merci Mon Petit Editeur, Merci les Agents Littéraires et enfin Merci Si Ahmed Djaffard pour cet incroyable moment de lecture !

Extrait (qui m’a pris dès les premières pages) :

« Dehors, au bout de l’allée, à droite, sur un monticule d’ordure, deux enfants paraissaient affairés. Adlan, avec sa fourche, éventrait les sacs de plastique, pendant que Farid, son jeune frère, les vidait, triait les détritus, à la recherche de choses intéressantes. Les deux gosses ramassaient surtout des mégots »

La note :  4/5

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L’envol de Léon et Qui s’y frotte, s’y pique de Céline Lamour-Crochet

Titre : L’envol de Léon

Auteur : Céline Lamour-Crochet

Illustratrice : Isabelle Gribout

Editeur : Coprin Editions

Nombre de pages : 27

4ème de couverture :

« Léon, le jeune dragon, est né avec de magnifiques ailes recouvertes d’écailles argentées.
Malheureusement ses ailes sont les plus grandes, bien plus grandes que celles des autres dragons, et l’empêchent d’apprendre à voler. »

Mon avis :

Première chose agréable quand on ouvre l’album, c’est le graphisme et les couleurs.

Le graphisme est simple (ce n’est pas du tout péjoratif… au contraire), joli, les personnages sont doux et colorés… vraiment très agréable à regarder. Tout au long du livre, les pages restent dans le même ton… du bleu, du vert très apaisant.

La deuxième chose agréable c’est le récit… ne serais-je pas un peu fan de Céline Lamour-Crochet ?? et ben si quand je vois mes louloutes avec les yeux pétillants quand je raconte ses jolies histoires … ben il n’y a pas de mot !

L’auteure prend pour personnage principal un dragon, un peu gauche parce que ses ailes sont plus grandes que celles des autres, du coup il n’arrive pas apprendre à voler et subit l’abandon de ses petits camarades un peu jaloux il faut le dire de ses magnifiques ailes argentées !! Léon n’est pas sûr de lui, il perd ses moyens et rate ce qu’il entreprend…

Lorsqu’il se retrouve face au danger … disons plutôt que sa soeur est en danger alors il découvre qu’il n’a pas le choix et ses longues et encombrantes ailes deviennent un atout …

Avec son acte trés courageux, il comprend que ce qui faisait son handicap est en train de devenir une chance … un don !

Ce qui m’a plu:

C’est quand Léon arrive à se servir de ses ailes !! c’est un instant magique pour lui et ses parents sont trés fiers de lui !

En Bref :

Une belle petite leçon de vie à lire et à relire à nos enfants !!

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Titre : Qui s’y frotte, s’y pique

Auteur : Céline Lamour-Crochet

Illustratrice : Marie Chiron

Editeur : Coprin Editions

Nombre de pages : 24

4ème de couverture :

« Tous les soirs, les petits hérissons Léon et Ninon se font dérober leur collation par Clément le blaireau.
Ils sont tellement apeurés par le grand blaireau qu’ils n’osent pas le dénoncer. Comment vont-ils réussir à le défier ? »

Mon avis :

Encore une belle petite histoire ! Deux petits hérissons se font racketter par un méchant grand blaireau !

Le graphisme est très joli, en petites touches de peinture (enfin c’est l’effet que ça donne), les couleurs tourne autour de la nature, du vert, du marron, du noir et blanc… c’est aussi très apaisant à regarder !

Les personnages : deux petit hérissons tiraillés entre la honte et la colère de se faire racketter sans rien dire … et un gros blaireau sans scrupule de faire peur aux plus petits que lui !

Il est très facile de s’identifier aux personnages pour les enfants, car l’histoire reflète malheureusement certaines cours d’école ! Ce joli récit apporte une solution pas si difficile à trouver, il faut seulement dépasser sa honte… et finalement on est plus fort à plusieurs … c’est important l’entraide et la solidarité !

Ce qui m’a plu :

Le face à face de la minuscule Madame Émilie et du gros blaireau tout penaud !

En Bref :

Mes filles ont encore les yeux pétillants de joie et d’émerveillement à la fin de la lecture de cet album !!

Je vous le recommande chaudement pour vos petits loulous !!

Le secret de la montagne bleue de Katarina Launing

Scénario : Gudny Hingebjorg Hagen et Thomas Moldestad

Sortie en DVD : Novembre 2010

Synopsis :

« Pour sauver son père, la jeune princesse Rosebleue doit affronter ses peurs et s’aventurer hors de la Montagne Bleue. Dans le monde extérieur, les habitants des Maisons posséderaient une chose qui peut soigner les malades… »

Casting :

Ane Viola Semb : Princesse Bleuette ou Rosebleue

Finn Schau :  Dreng, Roi des Gnomes rouge

Mon avis :

Un merveilleux conte tout doux !

Les gnomes bleus ont découvert comment apporter la lumière sur la Terre, mais cette découverte vaut sacrifice … Ils ne doivent en aucun cas sortir de la montagne bleue, seulement à l’heure magique où ils peuvent apprécier le jour et la neige !!!

Non loin d’eux vivent des gnomes rouges, ceux-ci font tout pour que les fermes tournent bien … ils s’occupent des animaux…

Mais jamais aucun d’eux (rouge ou bleu) ne doivent croiser le regard d’un humain sous peine de partir en poussière d’étoile et de disparaître à jamais… de même pour les gnomes bleu qui sortent en dehors de l’heure magique ils disparaissent en poussière magique !!

Seulement voilà un jour le roi se meure tout doucement et sa fille princesse Bleuette ne le supporte pas. Seulement voilà Bleuette est une incorrigible trouillarde, elle a peur de tout et ne sort jamais dehors de peur de ne pas rentrer à temps … mais pour son père elle va surmonter sa peur et entrer dans le mondes des gnomes rouges et celui des humains à ses risques et périls … commence pour elle une merveilleuse aventure, une initiation à la vie !!

Un beau conte sur le courage et l’entraide !!

Ce qui m’a plu :

Le courage de Bleuette provoquer par la peur de perdre son père.

La magnifique poussière magique qui apporte le jour à la planète.

La belle amitié entre Bleuette et Dreng !

En Bref :

Un beau film à regarder en famille !!

Le petit plus ICI

9/10 film SF

Un bol plein de bonheur de Tsuru Moriyama

Titre : Un bol plein de bonheur

Auteur : Tsuru Moriyama

Traducteur : Tamako Kageyama

Editeur : Delcourt, paru le 13/01/2010

Collection : Ginkgo

200 pages

4ème de couverture :

« Un quartier populaire d’Osaka dans les années soixante.
Une mère de famille excédée par les frasques de son mari alcoolique décide de le quitter en emmenant avec elle son tout jeune fils. Seule, elle va se sacrifier afin de lui transmettre des valeurs de respect de soi et des autres, qui lui permettront de trouver sa place dans la société au prix de ses propres efforts. »

Mon avis :

Ce manga m’a été offert par Jérôme dans le cadre du Manga-Loto organisé par Mo’ la Fée.

Une très belle histoire, une femme quitte son mari joueur invétéré et alcoolique pour que son fils vive une vie meilleure, ou tout du moins pour qu’il grandisse avec de bonnes valeurs.

La vie d’une femme seule avec un enfant est trés dure au Japon mais Kazuko va se battre et elle ne va jamais baisser les bras !

Ce manga est un formidable hommage à ses femmes qui ose braver la vie seule pour apporter à leurs enfants de vraies valeurs, des valeurs nobles !! Des mères courages !!

Hiroshi va comprendre en grandissant que sa maman s’est battue toute sa vie pour lui, pour qu’il ai une vie meilleure, pour qu’il aille à l’école, au collège, au lycée puis enfin à l’école de police !! Entre la mère et le fils, j’ai senti quelque chose de fort, de plus fort encore que l’amour plus fort peut-être pas mais complémentaire en tout cas : le respect et la fierté, ces deux sentiments les unissent à tout jamais et ils ont transformé leur vie, pas toujours facile, en bonheur absolu !

Kazuko ne voulait surtout pas qu’Hiroshi prenne modèle sur son père… et toute sa vie elle l’a menée pour qu’Hiroshi ait un coeur courageux et humble !!

Les années passent et Hiroshi prend soudain conscience de l’ampleur du combat de sa mère face à la société, face à sa décision pour qu’à aucun moment son fils ne subisse les conséquences d’une telle décision et d’une telle combativité… A son tour Hiroshi essaiera de transmettre ce coeur courageux et humble à son fils,à ses collègues… Kazuko peut partir paisiblement, sa vie de dur labeur n’était pas vaine, elle a réussit sa mission et le plus important elle a réussit à se hisser elle et son fils vers le bonheur tout simplement !

Ce qui m’a plu :

Et force mon respect, c’est ce courage, cette course vers le bonheur mais pas à tout prix… ce bonheur au mérite que Kazuko s’efforce au prix de durs labeurs d’offrir à son fils, pour qu’il devienne un homme bon et courageux.

Merci Jérôme pour cette belle découverte, ce manga est fort !!

C’est un formidable hommage à toutes les mamans qui coûte que coûte protège leurs enfants du malheur !!

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