Tei Lagan et les conséquences du coeur de Henri Nestière

Titre : Tei Lagan et les conséquences du coeur

Auteur : Henri Nestière

Éditeur : Autoédité

Format : ePub

Nombre de pages : 291 (pdf)

Genre : Historique

 

 

Résumé de l’auteur :

« Je me moque de la justice des hommes, je cherche juste à ce que certains comprennent les conséquences du cœur. »

Bretagne, 1743. Libéré de prison, après avoir été dénoncé pour un vol nullement commis, le petit escrinier que j’étais rentre dans son village pour y apprendre que sa femme et sa fille n’étaient plus, emportées par la récente épidémie de dysenterie.

Que peut-on ressentir dans de tels moments ? Quand j’appris que les élites brestoises avaient laissé débarquer le marquis d’Antin ainsi que ses hommes, alors qu’ils les savaient contagieux, et qu’ils les avaient, de plus, dispersés dans divers hôpitaux, je ne pus que côtoyer le désir de vengeance.

Partant pour Brest, même si mon cœur allait fortement se lier à ma petite Jeanne, devenant autant brigand que bourgeois apprécié, il ne fallait surtout pas s’attendre à ce que ma revanche faiblisse, parce qu’il était hors de question que j’épargne une seule de mes proies… quitte à risquer de me perdre moi-même.

Mon avis :

Je remercie l’auteur, Henri Nestière, de m’avoir proposé son roman, ce fut une belle découverte et un vrai moment de plaisir.

L’histoire :

Tei Lagan est un escrinier (un fabricant d’écrin, de coffres) dans son village. Un jour malchanceux, Tei est emprisonné sur dénonciation. Aucune chance pour lui de prouver son innocence…  Durant 5 années, il est privé de sa famille. Marie sa femme, vient le voir de temps à autre mais cela devient de plus en plus difficile. Sa fille, lui manque comme un trou dans le coeur… Mais voilà le jour béni où sa peine est enfin purgée. Il rentre chez lui, mais le silence et la solitude l’attendent. Sa femme et sa fille ont été emportées par une épidémie de dysenterie.

Alors Tei Lagan, se transforme en vengeance pure, car cette épidémie s’est répandue à cause de nobles peu regardant sur la quantité de victime. En disséminant des hommes contaminés dans plusieurs hôpitaux en vendant leurs habits porteurs du virus…

Les personnages :

Tei Lagan, c’est un homme simple avec beaucoup de bonté cachée dans son coeur, mais la perte de sa famille va le rendre tellement en colère, tellement triste. Qu’il va se transformer en vil manipulateur, contrebandier pour atteindre ceux qui ont contribué à l’épidémie de dysenterie. Il est très habile, très intelligent, personne ne se méfie. Il entre dans la peau de ses personnages qu’il a créé pour arriver à ses fins, il y arrive très bien au point de s’y perdre quelques fois. Mais grâce à la présence de Jeanne, une part de Tei arrive toujours à refaire surface.

Jeanne : C’est une mendiante dont Tei s’est pris en pitié. Il a décidé de la recueillir comme sa fille; et de la sortir de la rue, du mépris et de la mort. Il va forcer le respect à son égard, la vêtir comme une dame respectable, lui enseigner la lecture et être présent auprès d’elle. Elle va devenir sa « petite vie », au fil du temps, Jeanne et Tei se rapprochent comme un père et sa fille. Elle est douce, attentive, attentionnée et surtout jamais dans le jugement.

Le Comte de Langis : Il va devenir un ami très précieux, et enseigner à Tei les manières des bourgeois, de la noblesse. Il lui enseignera le parlé métaphorique des nobles. Au côté du Comte, Tei commence alors sa vengeance, mais il se fera un véritable ami. Quant au Comte, la présence de Tei, aura éloigné ses démons le temps de leurs entrevues et lui aura aussi permis de se sentir utile.

Le Comte Gangel, le Marquis de Guilin, l’Échevin Deloël, le Sieur Charles-Henry de Tromin: Ces personnes de la noblesse, de la bourgeoisie, vont devenir des amis de Tei, sans savoir vraiment, sans connaître le véritable Tei. Ils vont l’introduire dans la société chacun à sa manière, selon leur vanité, leur appât du gain, leur intérêt malsain. Ils ne savent pas encore quelle vengeance terrible ils accueillent dans leur vie…

La plume, le scénario :

Le style d’écriture de l’auteur nous plonge direct dans le 18ème siècle. Le récit est conté par Tei lui-même qui s’exprime comme en son temps. C’est étonnant, et ce n’est nullement dérangeant. Bien au contraire, on se sent proche de Tei, de ce qu’il vit au milieu de ces bourgeois, de ces nobles suffisants. Mais aussi de ses sympathiques amis paysans ou taverniers. C’est un style très beau, très imagé et beaucoup plus vivace qui transforme la lecture presque en film.

Je me suis attachée immédiatement à Tei, peut-être parce qu’il était victime d’abus judiciaire. Que son retour à la maison était triste… malgré sa joie d’être libre et de se rapprocher des deux femmes de sa vie, on sentait que quelque chose n’allait pas… malgré cette joie, la lectrice que je suis, était déjà triste sans savoir… Dans sa vengeance, on ne peut lui en vouloir, car face à ses actes, il reste conscient que c’est mal, mais ils doivent payer. Comme il dit, ils doivent connaître « les conséquences du coeur ». On ne peut pas mépriser la vie des gens juste parce que sa position le permet. Dans son dessein de vengeance, on sent l’homme bon, d’ailleurs il aide Jeanne, Justin et d’autres pour compenser ses actes malsains, il ne se sent pas plus pardonnable pour autant; mais sa bonté ressort de ses personnages manipulateurs.

J’ai suivi avec fébrilité la déchéance de ces assassins, j’avais peur que Tei soit confondu, et enfin le dernier acte de Tei n’est pas si étonnant quand on a appris à connaître cet escrinier de Landudal; ça termine l’idée qu’on se fait du personnage, c’est rassurant et triste à la fois.

En Bref :

L’écriture de Henri Nestière m’a conquise, ce fut une très agréable lecture.

Un récit passionnant, triste, touchant ou réel et imaginaire s’entremêle.

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