Les Cercles d’Éternité de Jean-Louis Ermine

Titre : Les Cercles d’Éternité

Auteur : Jean-Louis Ermine

Éditeur : Autoédité

Genre : Science-Fiction

Format :  Epub

Nombre de pages : 145 (PDF)

 

 

Résumé de l’auteur :

« Dans un futur lointain, les hommes ont découvert le secret de l’éternité, mais cette invention a un prix. La personne qui choisit de suivre cette voie entre dans un processus inéluctable de dégénérescence, qui fait ressortir ses plus bas instincts. Le monde se divise alors, et se structure en « cercles », correspondant chacun à des stades de décadence plus ou moins avancés. Face au déclin de l’humanité, le gouvernement cherche des solutions, et finit par retrouver la trace d’un mystérieux scientifique, dont les recherches sur l’immortalité auraient abouti. Laurie et Simon, deux marginaux que tout oppose, sont chargés de ramener le professeur et de redonner espoir aux habitants des cercles. Pour cela, ils devront s’aventurer au-delà des terres connues, là où la barbarie a tous les droits. Une chasse impitoyable est lancée, et les entraînera dans une véritable traversée des enfers. L’éternité leur réservera encore bien des surprises. »

Mon avis :

Tout d’abord Merci beaucoup à l’auteur, Jean-Louis Ermine, de m’avoir proposé de lire son roman, ce fut une belle découverte et un vrai plaisir de lire.

L’histoire :

L’humanité a découvert l’éternité. Mais ce cadeau empoisonné menace d’extinction les humains.

Certains font le choix délibéré de prendre les drogues d’éternité et plongent dans un état sauvage et violent. D’autres préfèrent attendre la mort paisiblement, mais sont menacés par les éternels.

Deux marginaux sont recrutés pour retrouver le professeur Soler qui aurait trouvé un antidote à cette résurgence de violence. Ils devront passer les cercles extérieurs, survivre et ce qui les attend tout au bout est une vérité troublante

Les Personnages :

Laurie : C’est une rabatteuse; elle capture des éternels violents pour les livrer à des riches en mal d’amusement… Elle n’a jamais pris de drogue d’éternité et n’est absolument pas tentée.

Simon est un cas spécial, il a pris les drogues d’éternité mais son corps les a rejeté et petit à petit il a retrouvé son humanité sans rien oublier de ce qu’il a fait ou subit. Des scientifiques l’ont capturé pour l’étudier et comprendre ce que font les drogues d’éternité au cerveau… Il est l’opposé de Laurie mais ils devront s’entendre pour survivre.

La Plume, le Scénario :

L’entrée en matière donne le ton… c’est violent, glacial. L’humanité est en très mauvaise posture.

Une fois Laurie et Simon face à leur mission, face à un tournant capital de leur vie, on ne se lasse pas ! J’ai suivi avec curiosité l’évolution de ces personnages si différent. Les changements qui s’opèrent dans leur façon de voir le monde, dans la façon d’appréhender les évènements, c’est surprenant et intéressant, car les communautés qu’ils traversent font vraiment froid dans le dos et ils semblent comprendre qu’ils ont peut-être accepté une mission suicide…

Malgré leur perte de contrôle, ils passent, ils résistent, se soutiennent. J’ai bien aimé ses passages car justement les personnages sont imparfaits et font des erreurs. Leur humanité fait la différence.

Le récit est rapide, la dynamique s’enchaîne très vite… c’est compréhensible par le fait que c’est un roman court.

J’ai trouvé l’enchaînement de la fin un peu trop rapide, l’acceptation des personnages trop facile, mais encore une fois le roman est court  et finalement c’est un tout cohérent.

J’aurai aimé que les cercles qu’ils traversent soient un peu plus développés, ainsi que leur expérience, car l’écriture de l’auteur est agréable et je pense que ça aurait été intéressant.

En Bref :

Un roman glaçant avec une petite lueur d’espoir, mais pas là où l’on se l’imagine.

Héhé j’ai vraiment aimé cette subtile manipulation de l’auteur à m’amener à une réflexion sur ce besoin qu’on les Humains à rechercher l’éternité. Est-ce raisonnable ? Est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Qu’à t-on à y gagner (sans parler de violence) ?

Un très bon livre qui pousse le lecteur à la réflexion !

Merci Jean-Louis Ermine 🙂

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Mon été avec Lucifer d’Édith Couture Saint-André

Titre : Mon été avec Lucifer (T1)

Auteur : Édith Couture Saint-André

Éditeur : Autoédité

Genre : Coutemporain

Format : Epub

Nombre de pages : 236(PDF)

Résumé de l’auteur :

« Il y a trois types de journées : celles où il ne se passe rien, au point où on se demande pourquoi on s’est donné la peine de sortir du lit ; celles qui sont encombrées de complications, dont le seul but est de vous empoisonner l’existence, et puis, il y a celles où un seul événement peut faire basculer votre vie.
Aujourd’hui est une journée du troisième type : spectaculaire, inattendue, aux répercussions déterminantes pour moi, pour mes amis, pour mes ennemis.
Surtout pour mes ennemis.

Lucifer, le saviez-vous ? est une flamboyante rouquine, belle comme une madone botticellienne et gaulée comme une danseuse du Crazy Horse.

Aujourd’hui, juchée sur des stilettos vertigineux et moulée dans les cuirs noirs d’un ensemble pantalon-bustier, cette madone sulfureuse me promet la jeunesse éternelle. Que feriez-vous à ma place ? Ce récit, drôle, enlevé et pétillant, est l’histoire de Mathilde, une Québécoise baby-boomer de 60 ans à qui la science et la médecine ont promis, comme à tous les baby-boomers, une santé indéfectible et la jeunesse éternelle, voire : l’immortalité.

De toute évidence, la promesse n’a été que partiellement tenue. Mathilde décide de s’adresser à quelqu’un qui a la réputation de tenir ses promesses : Lucifer. Alias Lucy Fériale. Lulu pour les intimes. Lucy est d’accord pour un pacte. Bien naturellement. Mais, en tant que femme d’affaires avisée, patronne d’une Business Unit, elle pose une condition : récupérer des âmes. Normal, c’est dans son job description.

Au début, Mathilde a des sursauts de conscience. Ça la chiffonne cette histoire de morts. Elle rechigne. Mais lorsqu’elle voit le résultat : passer de 60 à 45 ans en moins d’une semaine, avec son énergie toute requinquée, sa vitalité qui casse la baraque et une peau de pêche, elle en redemande, établit une liste, donne des noms à Lucifer. »

Mon avis :

Merci de nouveau à Chrissou Ebouquin de m’avoir proposé ce roman d‘Édith Couture Saint-André, merci à l’auteure également 🙂

L’histoire :

Mathilde a soixante ans et prend conscience avec ses amis que le temps passe très vite et surtout qu’il laisse des traces.

En accompagnant, son amie Sandy chez le chirurgien esthétique, Mathilde fait une rencontre étonnante : Lucy Fériale, une rousse pulpeuse et belle à se damner… c’est justement là le problème. Lucy n’est autre que Lucifer en personne… Et d’après Lucy, c’est Mathilde qui l’a appelé; Mathilde ne comprend, elle pense être la moins perturbée par ces marques du temps. Mais petit à petit, Lucy lui ouvre les yeux et lui propose de lui faire gagner 15 ans de jeunesse en échange de 3 noms. Mathilde hésite, n’y croit pas vraiment… Puis se laisse tenter et replonge dans ses années douloureuses et gâchées…

Les personnages :

Mathilde est une femme de 60 ans, responsable de sa galerie. Célibataire depuis un certain temps, elle a la vague impression qu’elle a perdu un certain nombre d’année à cause de choix malheureux dans sa vie personnelle. Elle s’aperçoit qu’elle se remet moins vite les lendemains de fêtes, elle n’est plus aussi dynamique qu’avant… la faute à qui ? et bien au temps qui passe et qui avilit le corps et l’esprit…Contrairement à sa copine Sandy, elle ne cède pas au bistouri, sa vie est passée et il serait peut-être temps de l’accepter.

Lucy Fériale : Lucifer, car il s’agit bien de lui, apparaît tantôt en femme rousse et superbe tantôt en homme distingué. Il aime se travestir. Il aime ce qui est clinquant ! Il est là pour Mathilde, pour lui redonner 15 années de sa vie, c’est sa mission et il avoue qu’il n’a jamais rencontré quelqu’un comme Mathilde, aussi curieuse sur les histoires de famille de Lucy, aussi détachée face à l’importance de son interlocuteur; il s’agace un peu du comportement qu’à Mathilde envers lui mais en même temps il apprécie… ou il manipule pour obtenir ce qu’il veut 😉

Sandy, la meilleure amie, semble avoir plus de mal à accepter les traces du temps sur son corps. Elle est pétillante, papillonne autour de jeunes hommes pour se redonner une pseudo-jeunesse. Elle décide qu’il est temps de contrecarrer le temps et subit une opération de chirurgie esthétique.

Philippe : C’est le meilleur ami de Mathilde (version homme), il a le même âge et traîne les mêmes galères de la vie. Il comprend Mathilde mieux que personne; il sait ce qu’elle aime, ce qu’elle déteste. Il est toujours là pour elle. Quand elle lui raconte sa rencontre avec Lucy Feriale, il n’en revient pas et décide de la croire et de la soutenir.

La Plume, le Scénario :

Chrissou Ebouquin m’avait prévenu que ce roman était « plein d’humour avec des histoires de femmes pour les femmes » 🙂

J’ai effectivement éprouvé le même sentiment 🙂 ce récit a beaucoup d’humour mais pas que … en effet, l’auteur aborde plusieurs sujets très sérieux et inéluctables : la femme de 60 ans, les effets du temps, le vieillissement… que serions-nous prêt à sacrifier afin de retrouver quelques années ?

Le sujet est fort mais servi très frais. L’auteur l’aborde avec humour et sérieux à la fois, elle nous montre que ce retour en arrière à un prix et ce prix est très élevé ! (au figuré comme au propre)

Chaque intervention de Lucy est un vrai plaisir, elle est drôle et cynique mais tout ce qu’elle dit sonne juste… Il ne faut pas oublier que c’est le Malin et la manipulation il connaît 😉

Les trois passages malheureux de Mathilde étaient intéressants car il me semble que dans sa vie une femme a dû rencontrer l’un ou l’autre avec plus ou moins de gravité et/ou de dégâts… ça fait prendre conscience que dans ces moments pénibles, on perd des années précieuses, certes ça renforce l’expérience mais… le temps passe et vite…

Mathilde a soixante ans et il s’est passé beaucoup de choses dans vie… peut-être un peu trop. Mathilde est à ce point naïve et idéaliste qu’elle subit trois hommes problématiques dans sa vie. Certes, elle fait du chemin dans la compréhension grâce à son expérience mais aussi grâce à sa psy.

Pour le coup, face à Lucifer elle tient bon, elle a peur, mais elle tente le tout pour le tout pour sauver ce qui lui reste.

En Bref :

Encore merci à Chrissou Ebouquin et à Édith Couture Saint-André pour cette jolie découverte.

Un roman agréable et frais qui traite d’un sujet indémodable, de notre rapport  au passage inéluctable du temps, de notre propension à gâcher notre vie, à gâcher de précieuses années avec des personnes toxiques. Le tout mené par des personnages adorables, attachants.

Un roman moderne et plein d’humour !

La dernière vie de Pierre de Philippe L’Huillier

Titre : La dernière vie de Pierre

Auteur : Philippe L’Huillier

Éditeur : Publishroom

Nombre de pages : 312 (pages pdf)

Format : ePub (922 Ko)

Genre : Contemporain, développement personnel

 

 

Résumé du roman :

« Pour prendre du recul sur sa vie passée et réfléchir à son futur, Pierre décide de s’isoler sur une île perdue au milieu du Pacifique, aux antipodes de la civilisation, de son modernisme et de sa vie effrénée. Ce paradis est habité par une population primitive refusant tout ce qui vient de l’extérieur, et ce, quel qu’en soit le domaine. Pourtant, Pierre va réussir à se faire adopter par ce peuple. Il vivra alors selon ses coutumes et découvrira un mode de pensée qui le conduira à renoncer à tout ce qu’il connaissait jusqu’alors. Nouvelles aventures, nouvelle vie, nouvel amour pour un nouveau bonheur, mais pour combien de temps ? Une fois de plus la nature sera-t-elle plus forte que l’être humain ? »

Mon avis :

Merci à Anaëlle Alvarez et à Philippe L’Huillier de m’avoir proposé ce partenariat 🙂

L’histoire :

Pierre prend enfin des vacances après trois ans d’un travail acharné à rendre viable son entreprise. Il décide de partir sur une île au bout du monde, dont il a appris l’existence dans une émission de télé. Il veut faire le point sur sa vie, il veut se recentrer, se reposer… faire le vide. Il est convaincu qu’il doit aller sur cette île. D’ailleurs cette petite bande de terre est habitée par une peuplade primitive. Très rapidement, Pierre sera adopté par les villageois qui voit en lui un bon présage. Pierre s’adapte très bien à leurs coutumes et s’aperçoit que c’est ce mode de vie qu’il lui faut. C’est le bonheur pour lui. Mais Mère Nature entre dans l’équation et tous ensemble ils devront affronter la terrible colère du volcan sous-marin…

Les personnages :

Pierre : il a déjà eu une vie bien remplie … peut-être un peu trop…, il a un fils en âge de se marier. Il est bon, donne sans rien attendre en retour, il sait tout faire. S’adapte très vite, c’est pour cette raison qu’il n’a eu aucun mal à vivre selon les us et coutumes du peuple de Tunpim.

Dereck : C’est le scientifique de service, il observe le peuple, qui a recueilli Pierre, depuis plusieurs mois sans beaucoup d’avancée… Ce que réussit Pierre  en 10 jours avec ce peuple est ahurissant pour lui et finalement inespéré, car Pierre devient son informateur. Dereck est l’occidental typique qui passe à côté de beaucoup de chose concernant les habitants de l’île, car il ne cherche finalement pas à les comprendre, il veut juste les étudier. Sa méthode est intrusive et forcément inefficace. Mais grâce à Pierre, son sujet d’étude est approvisionné.

Gao est le fils du chef du village, il va bientôt succéder à son père mais il doit pour ça réunir une condition particulière, l’ayant trouvé au côté de Pierre, il va tout faire pour réussir dans sa tâche. Il observe Pierre avec beaucoup d’intérêt, surtout que cet homme de l’autre monde à une drôle d’attirance pour l’océan…Au fil des jours, il commence à beaucoup apprécier Pierre.

La plume, le Scénario :

Ce fut une belle découverte, j’en remercie encore l’auteur et Anaelle Alvarez pour m’avoir fait confiance.

L’écriture de l’auteur est agréable, fluide et l’évolution de Pierre est très intéressante. Certes, Pierre a déjà fait beaucoup beaucoup de chose, connait presque tout et il est vrai qu’au bout d’un moment j’ai pensé à l’erreur typique de premier roman :« le personnage trop parfait – Mary Sue ».

Car il est vrai que Pierre est un français ayant subit un chômage de longue durée, il rebondit et créer sa propre entreprise qui marche; il a un sens moral et une pureté hors-norme ; il a des compétences étonnantes qui lui permettent de tout réussir, des connaissances qui l’aide à s’adapter à un mode de vie totalement différent de la France. Il gagne tout de suite l’admiration du peuple de Tunpim… Bref ce Pierre est extraordinaire !

J’aurai aimé qu’il apprenne des choses avec les villageois, qu’il découvre véritablement la vie au sein de ce peuple, il semblait déjà connaître quelques facettes de cette vie…

Il faut passer outre, et prendre Pierre réellement comme il est. Un homme bon qui a décidé de changer de vie durant 4 semaines, mais peut-être qu’inconsciemment il était prêt à changer de vie tout court. Au contact du peuple de Tunpim, il vit des choses simples qui le comblent, il vit en communauté où liberté et partage rythment les journées. Ce peuple n’est pas primitif, mais plutôt très bien organisé. Leur vie est simple, faite d’amour, de partage et de liberté.

J’ai fini par m’attacher à ce Pierre qui opère un changement de cap radical dans sa façon d’appréhender la vie. Ses liens avec le peuple de Tunpim sont touchant au point qu’il devra renoncer à une partie de lui-même définitivement.

Il a un lien très particulier avec chacun des personnages importants, Tunpim et Kami le chaman le respecte énormément car ils savent qu’il apportera beaucoup à leur peuple. Avec Gao c’est un autre lien, plus particulier, encore plus touchant; Gao devient son élève et entre eux naît des sentiments forts. J’ai vraiment apprécier l’évolution de leur relation, tout en douceur, pudique, attentive.

Pierre occupe un autre rôle très important au sein du village mais je ne peux pas révéler sous peine de spolier les futurs lecteurs, ce rôle aussi inattendu qu’évident m’a également touché.

Et cette fin, logique, forte qui pousse à la réflexion.

Dans tout les cas, le changement de vie de Pierre bouscule, nous interroge et finalement on se demande et nous ? serions-nous prêt à lâcher cette vie effrénée contre une vie paisible dénuée de tous sentiments de haine, de guerre, de notion d’argent, de consumérisme … jusqu’où irions-nous pour atteindre la paix, le bonheur ?

En Bref :

Un roman agréable, touchant qui pousse effectivement à la réflexion.

Tei Lagan et les conséquences du coeur de Henri Nestière

Titre : Tei Lagan et les conséquences du coeur

Auteur : Henri Nestière

Éditeur : Autoédité

Format : ePub

Nombre de pages : 291 (pdf)

Genre : Historique

 

 

Résumé de l’auteur :

« Je me moque de la justice des hommes, je cherche juste à ce que certains comprennent les conséquences du cœur. »

Bretagne, 1743. Libéré de prison, après avoir été dénoncé pour un vol nullement commis, le petit escrinier que j’étais rentre dans son village pour y apprendre que sa femme et sa fille n’étaient plus, emportées par la récente épidémie de dysenterie.

Que peut-on ressentir dans de tels moments ? Quand j’appris que les élites brestoises avaient laissé débarquer le marquis d’Antin ainsi que ses hommes, alors qu’ils les savaient contagieux, et qu’ils les avaient, de plus, dispersés dans divers hôpitaux, je ne pus que côtoyer le désir de vengeance.

Partant pour Brest, même si mon cœur allait fortement se lier à ma petite Jeanne, devenant autant brigand que bourgeois apprécié, il ne fallait surtout pas s’attendre à ce que ma revanche faiblisse, parce qu’il était hors de question que j’épargne une seule de mes proies… quitte à risquer de me perdre moi-même.

Mon avis :

Je remercie l’auteur, Henri Nestière, de m’avoir proposé son roman, ce fut une belle découverte et un vrai moment de plaisir.

L’histoire :

Tei Lagan est un escrinier (un fabricant d’écrin, de coffres) dans son village. Un jour malchanceux, Tei est emprisonné sur dénonciation. Aucune chance pour lui de prouver son innocence…  Durant 5 années, il est privé de sa famille. Marie sa femme, vient le voir de temps à autre mais cela devient de plus en plus difficile. Sa fille, lui manque comme un trou dans le coeur… Mais voilà le jour béni où sa peine est enfin purgée. Il rentre chez lui, mais le silence et la solitude l’attendent. Sa femme et sa fille ont été emportées par une épidémie de dysenterie.

Alors Tei Lagan, se transforme en vengeance pure, car cette épidémie s’est répandue à cause de nobles peu regardant sur la quantité de victime. En disséminant des hommes contaminés dans plusieurs hôpitaux en vendant leurs habits porteurs du virus…

Les personnages :

Tei Lagan, c’est un homme simple avec beaucoup de bonté cachée dans son coeur, mais la perte de sa famille va le rendre tellement en colère, tellement triste. Qu’il va se transformer en vil manipulateur, contrebandier pour atteindre ceux qui ont contribué à l’épidémie de dysenterie. Il est très habile, très intelligent, personne ne se méfie. Il entre dans la peau de ses personnages qu’il a créé pour arriver à ses fins, il y arrive très bien au point de s’y perdre quelques fois. Mais grâce à la présence de Jeanne, une part de Tei arrive toujours à refaire surface.

Jeanne : C’est une mendiante dont Tei s’est pris en pitié. Il a décidé de la recueillir comme sa fille; et de la sortir de la rue, du mépris et de la mort. Il va forcer le respect à son égard, la vêtir comme une dame respectable, lui enseigner la lecture et être présent auprès d’elle. Elle va devenir sa « petite vie », au fil du temps, Jeanne et Tei se rapprochent comme un père et sa fille. Elle est douce, attentive, attentionnée et surtout jamais dans le jugement.

Le Comte de Langis : Il va devenir un ami très précieux, et enseigner à Tei les manières des bourgeois, de la noblesse. Il lui enseignera le parlé métaphorique des nobles. Au côté du Comte, Tei commence alors sa vengeance, mais il se fera un véritable ami. Quant au Comte, la présence de Tei, aura éloigné ses démons le temps de leurs entrevues et lui aura aussi permis de se sentir utile.

Le Comte Gangel, le Marquis de Guilin, l’Échevin Deloël, le Sieur Charles-Henry de Tromin: Ces personnes de la noblesse, de la bourgeoisie, vont devenir des amis de Tei, sans savoir vraiment, sans connaître le véritable Tei. Ils vont l’introduire dans la société chacun à sa manière, selon leur vanité, leur appât du gain, leur intérêt malsain. Ils ne savent pas encore quelle vengeance terrible ils accueillent dans leur vie…

La plume, le scénario :

Le style d’écriture de l’auteur nous plonge direct dans le 18ème siècle. Le récit est conté par Tei lui-même qui s’exprime comme en son temps. C’est étonnant, et ce n’est nullement dérangeant. Bien au contraire, on se sent proche de Tei, de ce qu’il vit au milieu de ces bourgeois, de ces nobles suffisants. Mais aussi de ses sympathiques amis paysans ou taverniers. C’est un style très beau, très imagé et beaucoup plus vivace qui transforme la lecture presque en film.

Je me suis attachée immédiatement à Tei, peut-être parce qu’il était victime d’abus judiciaire. Que son retour à la maison était triste… malgré sa joie d’être libre et de se rapprocher des deux femmes de sa vie, on sentait que quelque chose n’allait pas… malgré cette joie, la lectrice que je suis, était déjà triste sans savoir… Dans sa vengeance, on ne peut lui en vouloir, car face à ses actes, il reste conscient que c’est mal, mais ils doivent payer. Comme il dit, ils doivent connaître « les conséquences du coeur ». On ne peut pas mépriser la vie des gens juste parce que sa position le permet. Dans son dessein de vengeance, on sent l’homme bon, d’ailleurs il aide Jeanne, Justin et d’autres pour compenser ses actes malsains, il ne se sent pas plus pardonnable pour autant; mais sa bonté ressort de ses personnages manipulateurs.

J’ai suivi avec fébrilité la déchéance de ces assassins, j’avais peur que Tei soit confondu, et enfin le dernier acte de Tei n’est pas si étonnant quand on a appris à connaître cet escrinier de Landudal; ça termine l’idée qu’on se fait du personnage, c’est rassurant et triste à la fois.

En Bref :

L’écriture de Henri Nestière m’a conquise, ce fut une très agréable lecture.

Un récit passionnant, triste, touchant ou réel et imaginaire s’entremêle.

Opération Borodine la 23ème République de Julie Armen

Titre : Opération Borodine la 23ème République

Auteure : Julie Armen

Éditeur : Le Clos Perret sa propre maison d’Édition)

Genre : Contemporain, dystopie

Format : ePub

Poids en Ko : 581

Résumé auteur :

« La création d’un Islam de France n’a pas renforcé la sécurité dans le pays, bien au contraire. Les actes de terrorisme, qui sévissent sur l’ensemble du territoire jusque dans les écoles, amènent le chef de l’État à nommer un proche des Frères musulmans à la tête du gouvernement. Ce dernier impose des mesures allant bien au-delà du « fait religieux » : les femmes n’ont plus le droit de travailler et sont contraintes de porter le niqab ; les homosexuels sont licenciés ; les ennemis du régime pourchassés? Malgré un retour au calme, les arrestations se multiplient. C’est la liberté qu’on muselle. La Russie s’interroge d’autant que ses services secrets ont déjà « déjoué » un faux attentat sur le sol français. La population est dévastée et tente de réagir. Le Kremlin soutient Claire Dubreuil et Fatima Benshaïb qui, bravant tout danger, seront les premières à mettre en place, l’opération Borodine, dont la finalité est de redonner vie au peuple français. Mais n’est-ce pas trop périlleux ? À l’heure où l’on fête le centenaire de la révolution d’Octobre, l’auteur nous fait découvrir une Russie insoupçonnée et les liens d’amitié qui l’unissent à la France. »

Mon avis :

Je remercie Chrissou Ebouquin pour m’avoir proposé ce roman de Julie Armen : Opération Borodine la 23ème République.

L’histoire :

La France est victime de terrorisme et décide de créer un « Islam de France » pour calmer les violentes attaques; mais rien n’y fait. En dernier recours, le Chef de l’État français nomme un homme proche des Frères Musulmans à la tête du gouvernement.

Mais en voulant éradiquer les violences, la France a entraîné son peuple dans une tout autre direction. Celle de l’asservissement des femmes, la chasse aux homosexuels, l’opposition au gouvernement est muselée… De leur contrée lointaine les Russes sont témoins malheureux de la décadence de la France, et décident de réagir, de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour préserver la culture française, de soutenir toute forme de résistance autant sur le point logistique, armement et extraction urgente.

Les personnages :

Claire, Pauline, Viane, Fatima ont décidé d’entrer en résistance pour sauver ceux qu’elles aiment. Elles sont voisines et ensemble elles vont braver les dangers de l’obscurantisme.

Jean-Marc : il est avocat et associé à Fatima, il fait tout ce qu’il peut pour défendre les opprimés du régime avec les lois et surtout il veut aider Fatima car il sous-estime sa force de caractère, son ingéniosité, sa ruse…

Gaétan : lui travaille pour le gouvernement dans un ministère appelé le « Vivre Ensemble », il croit réellement à ces valeurs, il croit que tout est possible, il est convaincu que ce qu’il fait va dans le bon sens pour le peuple français jusqu’à ce qu’il soit confronté violemment à la  réalité : soit le début d’une dictature qui bafoue les droits de certains citoyens au bénéfice des autres, du favoritisme, du prosélytisme, des mensonges politiques…

Dimitri, Arnaud : ils sont rôdés aux sauvetages, aux missions spéciales, au soutien aux populations. Ils s’intègrent dans le groupe de résistance française et lient de profonds sentiments avec certaines résistantes comme Pauline qui tombe sous le charme et Claire qui réitère toujours la même erreur… Ce sont des agents spéciaux, très efficaces.

La plume, le scénario :

Bon honnêtement le sujet m’a dérangée; je me suis dit « ouille » comment je vais chroniquer ce roman, avec cette gêne… Attention à l’amalgame entre les terroristes et l’islam… Bon plusieurs fois dans le roman, des personnages secondaires, expliquent que l’islam ce n’est pas ce que ce régime met en place… Je pense quand même que c’est un sujet sensible, où il faut prendre toutes les précautions pour ne pas faire d’amalgame.

Comment commenter sans faire passer de message négatif ou au contraire pousser à la propagande d’un islam néfaste ? Comment parler juste du roman, de la plume de l’auteure ?

Je l’ai ressenti comme une propagande au début en tout cas, comme une gêne, une petite méfiance… c’est presque caricatural… Alors je me suis dit, c’est un roman et il faut que je reste impartiale. Donc j’ai continué à lire ce récit.

J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié le style d’écriture de l’auteure, on plonge très vite dans la vie de ses personnages, dans la vie de ce groupe de voisins qui ont beaucoup de points communs.

Julie Armen nous fait ressentir, cet état d’urgence qui va crescendo et qui débouche sur la fin des libertés et la débandade complète, l’anéantissement d’une nation par le mensonge, le musellement de la presse, la répression de l’opposition, le plan de réforme de l’éducation … Bref l’extinction de tous les points sensibles qui font d’une nation un pays libre.

Arrive en opposition, l’éloge à la Russie, amie de la France qui veut à tout prix préserver la culture de la France, sauver la culture française; j’ai trouvé ce thème caricatural, car oui l’auteure veut nous montrer une autre facette de la Russie en tout cas moins négative que ce qu’on peut voir dans les médias et dans l’Histoire.

Mais dans tous les cas, son point de vue est intéressant.

En mettant de côté ma méfiance et en restant tout à fait impartiale, ce roman fut très agréable. L’évolution des personnages a été très intéressante à suivre.

En Bref :

Malgré un bémol sur le sujet brûlant, je me suis prise à ma lecture que j’ai appréciée au fil des pages.

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L’oeil du Tsar Rouge de Sam Eastland

Titre : L’oeil du Tsar Rouge

Auteur : Sam Eastland

Traducteur : David Fauquemberg

Éditeur : Anne Carrière

Genre : Policier, Historique

Nombre de pages : 341

Sorti le 6 janvier 2011

 

4ème de couverture :

« 1929, Sibérie.
Le jeune commissaire Kirov vient chercher un homme pour le sortir du goulag. L’ordre en a été donné par le camarade Staline en personne : le prisonnier 4745-P doit être immédiatement « réactivé ». Alors qu’il extirpe de l’enfer un homme à moitié mort, Kirov ne se doute pas qu’il vient de rendre à la vie une légende : l’inspecteur Pekkala, que toute la Russie connaissait sous le surnom de « l’Oeil d’émeraude », était le plus grand policier du tsar Nicolas II. Un homme au-dessus de tous les pouvoirs, ne répondant qu’au tsar et dont sa loyauté à la Couronne a entraîné la perte. Si Staline rappelle son pire ennemi à son côté, c’est qu’il a besoin de ses talents exceptionnels pour résoudre une énigme dont la réponse pourrait constituer une véritable bombe politique : que sont devenues les dépouilles des Romanov ? L’un des enfants du tsar n’aurait-il pas échappé à la colère rouge ? »

Mon avis :

L’histoire :

Le lieutenant Kirov doit sortir un prisonnier du Goulag sur ordre de Staline lui-même. Il ne sait pas qu’il ramène à la vie une légende.

Ce prisonnier a pour mission de retrouver les dépouilles des Romanov.

Au travers de sa renaissance ou plutôt de son réveil, Pekkala nous fait revivre un pan de l’Histoire sanglante de l’URSS.

Les personnages :

lieutenant Kirov : Il apparaît comme un soldat bizuté qu’on a mis à ce poste sans grand espoir pour sa survie. Or il se révèle très intelligent et très logique et surtout d’une utilité insoupçonnée pour Pekkala.

Pekkala : C’est le monstre au fond de la forêt qu’on ne veut pas croiser. Implacable, survivant on ne sait pas trop comment… Ces geôliers le pensent à moitié mort, il ne reste plus que l’ombre de lui-même. Mais il a réussit à préserver son espoir, cette partie de lui encore vivante qui ne demande qu’à sortir, au bord de la conscience, bien à l’abri dans un coin de son esprit. Il attend inconsciemment le jour de sa vengeance et aussi peut-être le jour où il pourra déposer les armes, se pardonner et enfin se reposer.

C’est un être dévoué, cynique, froid, terriblement analytique mais pourtant au fil de ses come-back on aperçoit de lui un être attachant que la vie à durement touché.

La Plume, le Scénario :

Sam Eastland nous plonge violemment dans l’Histoire, époque sanglante du Tsar Nicolas II. L’œil d’émeraude, le grand policier du Tsar, au dessus des lois, ne répondant qu’aux ordres, aux besoins et à la protection du Tsar et de sa famille.

Après la chute sanglante du Tsar, lors de la révolution rouge, Pekkala est jeté aux oubliettes, loin de la mémoire populaire.

Staline décide de réhabiliter cet homme pour retrouver les dépouilles de la famille qu’il aurait dû protéger.

Soudain, l’auteur nous projette dans l’esprit de Pekkala, il nous fait ressentir ce besoin de vengeance, ce besoin de retrouver des traces de son passé, ce besoin de retrouver les vestiges de son ancienne vie, c’est si douloureux, mais on sent que c’est vital pour qu’il continue à avancer. Pekkala est un policier hors pair, il a déjà rencontré la mort, la confronter à nouveau l’ébranle mais ne l’empêche surtout pas de continuer.

Le dénouement m’a pris par surprise. J’étais tellement prise dans le passé de Pekkala que je n’ai pas vu venir cette fin étonnante

J’ai trouvé passionnant tout ce pan de l’histoire qu’on visite avec les flashbacks de Pekkala mêlée à l’enquête policière.

L’auteur a réalisé un glossaire, à la fin du livre, sur cette période de l’histoire sombre, avec les vraies dates, les recherches, les enquêtes policières réelles qui ont été menées sur la véritable histoire de la famille Romanov. Avec ce parallèle, on ne peut s’empêcher d’imaginer les personnages réels, leur vie, leur déchéance sanglante.

En Bref :

Un roman policier qui m’a interpellé sur les rayons de la Médiathèque par son résumé intrigant.

Passionnant ! D’autant plus qu’il s’entremêle à l’Histoire réelle.

Au-delà de leurs vies… d’Annie Bourcelot

Titre : Au-delà de leurs vies

Auteure : Annie Bourcelot

Éditeur : Autoédité

Genre : « à mi-chemin de la biographie et du roman »

Nombre de pages : 186

Sorti en mai 2014

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Le parcours de vie d’un coutelier de Biesles en Haute-Marne, prisonnier de guerre de 1940 à 1945, dont le charisme et la sagesse ont permis de tisser, entre son village et celui de Nordendorf en Bavière, des liens si forts qu’ils ont décidé de se jumeler le 15 juillet 1973… Le souvenir de cet oncle hors du commun était resté si ancré dans le coeur de sa nièce qu’elle s’était promise de le conter un jour… »

Mon avis :

Cette fois ma chronique sera un peu différente, je choisi de ne pas la couper en trois parties comme d’habitude.

Ce roman a été offert très gentiment par l’auteure à la Médiathèque de Biesles (où je travaille 🙂 ) pour qu’il fasse partie du fond local (« archives documentaires ») de la ville.

Je me suis d’abord dit qu’il était de mon devoir de bibliothécaire de lire cet ouvrage si gentiment offert, puis je me suis retrouvé pris dans ce récit bouleversant !

L’auteure retrace la vie d’une famille de coutelier où la sagesse et l’amour de l’autre et l’entraide prime. C’est un très beau récit, avec une écriture très agréable, fluide et prenante. Au bout d’un moment j’avais l’impression que quelqu’un me racontait cette histoire, je n’avais plus l’impression de lire.

Le départ pour la guerre fut si bouleversant, j’avais une boule dans la gorge… ce passage entre autre fut très prenant.

Cette famille avait et a sûrement encore un rayonnement bienfaiteur tout autour d’elle. Cette sagesse de vie, cette philosophie de l’amour et de l’entraide à permis le jumelage de deux villages ennemis et bien plus encore.

En Bref :

Un récit « […] tiré de souvenirs de faits réels ancrés dans la mémoire et l’imaginaire d’une petite fille[…] » : L’auteure.

Un récit bouleversant et magnifique !

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