L’ensorceleur, tome 1 : Charmes d’Élodie Charriéras

Titre : L’Ensorceleur

Tome 1 : Charmes

Auteure : Élodie Charriéras

Éditeur : Autoédité

Genre : Fantastique, Jeunesse

Format : Epub

Nombre de pages : 276

Fiche Bibliomania

 

Résumé de l’auteure :

« Geoffrey Deneyrieux, 21 ans, a tout pour être heureux : une famille aimante, de l’argent, un métier et… une fiancée ! Son père l’oblige à épouser Charlène, la folle aux fantômes !
Sa vie bascule quand il rencontre une jeune brodeuse : il tombe aussitôt sous le charme de la belle et mystérieuse Isaline. Mais Isaline est-elle vraiment honnête avec lui ? Quelle est cette mission qu’elle a promis d’accomplir pour la Voix ?
Geoffrey plonge malgré lui dans un univers magique et dangereux… »

Mon  avis :

Merci à l’auteure Élodie Charriéras de m’avoir permis de découvrir son univers.

L’histoire :

Geoffrey a son avenir tout tracé et surtout décidé; il n’a pas eu l’occasion ni même la permission de décider de quoi que ce soit. C’est comme ça dans la famille Deneyrieux… Geoffrey va bientôt se marier avec Charlène, une curieuse jeune femme qui parlerait aux fantômes… Geoffrey ne l’aime pas, mais il se soumet à la décision de son père… en tout cas jusqu’à ce qu’il rencontre la jolie Isaline. Il tombe immédiatement amoureux d’elle mais il est loin de s’attendre à ce que cache Isaline, ni pourquoi leur rencontre n’est peut-être pas le fruit du hasard. Geoffrey va bouleverser sa vie pour Isaline, va bouleverser l’ordre établit mais qu’en est-il vraiment des enjeux de cet amour, d’Isaline tout simplement ?

Les personnages :

Geoffrey : Est un beau jeune homme qui a intégré l’entreprise familiale et dont l’avenir est tout tracé par son père depuis sa naissance. Il se soumet, travaille d’arrache-pied et après le travail il se rend dans un endroit où il est bénévole. C’est dans ce lieu qu’il rencontre Isaline, la jolie Isaline. Elle est brodeuse et vient proposer son travail au directeur de l’établissement. Geoffrey est scotché par la beauté de la brodeuse.

Isaline: C’est une jeune brodeuse en mission pour la Voix.  Elle est douce, artiste dans l’âme et brode avec beaucoup de talents. Quand elle rencontre Geoffrey, elle tombe sous le charme. Mais qu’en est-il de sa mission ? Que cache t-elle à Geoffrey qui pourrait mettre en péril leur entente.

D’autres personnage entourent Geoffrey et Isaline, notamment Charlène que j’aurai bien décrite mais je vous laisse le loisir de la découvrir ! Les parents de Geoffrey sont aussi intéressant et sa soeur; son frère dur et froid comme leur père bref vous voulez en savoir plus et bien il faut lire ce roman !

La Plume, le Scénario :

Je suis entrée assez facilement dans l’histoire, notamment avec les premières pages qui sont intrigantes, qui épie Geoffrey ?

Ensuite au fil de la lecture, je dirai que la description systématique des personnages de la racine des cheveux aux chaussures me coupait ma lecture… Disons qu’à chaque entrée de personnage, j’avais l’impression de faire un arrêt sur image, un ralenti sur le personnage. A tout moment dans le récit, les vêtements des personnages sont décrits; ça m’a gêné…

Passé ce détail de description, l’histoire de Geoffrey se déroule tout doucement; L’introduction de la magie, du fantastique n’apparaît qu’un peu avant le milieu du récit, c’est étonnant mais je ne me suis pas vraiment posée la question, je l’ai noté car quand elle est apparue je me suis dit: « Ah oui c’est une histoire fantastique ».

Bon Geoffrey est parfait, son travail et son bénévolat, sa gentillesse et sa douceur notamment avec Lilas son cheval. Les seuls moments où il est un peu désagréable c’est avec Charlène sa promise. Faut dire c’est un personnage étonnant, j’aurai aimé en savoir un peu plus sur elle, voit-elle réellement des fantômes ?

Geoffrey a superbe voiture, une carrure à faire pâlir bref peut-être un peu trop… ah et j’oubliais il est aussi très romantique. Le seul point négatif qu’a ce personnage c’est qu’il accepte beaucoup trop vite tout ce que lui raconte Isaline, il ne se pose quasiment pas de questions, il s’en pose mais elles s’envolent très vite.

Les missions qu’il accompli avec Isaline sont intéressantes, on commence à entrer dans le vif du sujet, on en sait un peu plus sur les raisons qui ont poussé Isaline à entrer en contact avec Geoffrey, même s’il ne fait aucun doute sur ce qu’elle éprouve, je me suis interrogée sur ses motivations, sur la Voix, sur sa relation avec la Voix.

Cyp, le frère d’Isaline a également attisé ma curiosité au moins autant que Charlène; que cache son comportement ? qu’est-il arrivé dans sa vie, dans la vie de sa famille ?

En Bref :

Un roman jeunesse agréable, avec beaucoup de facilité dans le scénario, des personnages beaux, séduisant et peut-être un peu naïfs, un peu trop parfaits.

Mais quand on rentre dans les missions d’Isaline ça devient intéressant et on a envie d’en savoir un peu plus.

Merci encore à l’auteure Élodie Charriéras.

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Anouk d’Olivia QUÉTIER

Titre : Anouk

Auteure : Olivia QUÉTIER

Éditeur : Autoédité

Genre : Contemporain, psychologie

Format : Epub

Nombre de pages : 220 (PDF)

Fiche Bibliomania

 

 

Résumé de l’auteure :

« On en a tous rêvé. Elle l’a fait. Disparaître. Anouk, mariée, deux enfants, part comme chaque matin au travail. Mais elle ne s’y arrêtera pas. Elle poursuivra sa route. Ce livre est l’histoire de sa disparition. Elle quittera tout, son mari, ses enfants, son amant, ses amis, elle se délestera de ses papiers, de son argent, de sa vie. Elle fuit, se fuit, change de nom, de métier, de relations. Ses démons intérieurs ne la quittent cependant pas.
Son mari, Pierrick, la cherche, la poursuit, tente de retracer son chemin, il questionne leur entourage et peu à peu se dévoile la véritable histoire d’Anouk.
Un récit à double voix où Anouk et Pierrick livrent chacun leur expérience de cette disparition volontaire. »

Mon  avis :

Merci beaucoup à l’auteure Olivia QUÉTIER pour m’avoir à nouveau fait confiance avec son nouveau roman poignant et douloureux ! MERCI !

L’histoire :

Anouk est à bout, elle ne supporte plus sa vie, son travail et sa famille… elle se sent usée, plus apte à compenser. Un matin en partant comme d’habitude au travail; elle ne s’y arrête pas… elle continue, elle s’échappe de cette vie qui l’étouffe ou tout au moins elle croit y réchapper mais n’est-ce pas une pure illusion…

Anouk et Pierrick nous raconte, cette longue descente aux enfers pour elle, cette attente insoutenable pour lui. Si Anouk veut effacer celle qu’elle est, Pierrick la recherche ardemment; il veut y croire, il veut encore la sauver, la ramener dans sa maison près de ses enfants… Il ne comprend pas, il échafaude des scénarios, du plus obscur au plus optimiste... en vain.

Parcourt d’un couple à la dérive, d’enfants embarqués dans ce tumultueux mouvement à jamais marqués.

Les personnages :

Anouk : c’est d’abord une jeune femme presque comme les autres, écrasé par un travail qui l’a déçoit, qu’elle finit par détester, une famille comme les autres où le mari attend sagement son retour pour préparer à manger, des enfants qui bougent, qui crient, qui n’obéissent pas… Une vie presque normale. Mais ce soir c’est le soir de trop. Elle est pleine de paradoxe, elle aime son mari, ses enfants mais ne les supporte plus… Elles les abandonne pour qu’ils vivent mieux sans elle… mais elle choisit de disparaître pas juste de les quitter… juste disparaître sans un mot...

Pierrick : C’est le mari, gentil et attentif qui pense faire de son mieux pour soutenir sa femme en plein désarroi. Il pense savoir ce qui est bien pour elle. Elle la recherche ardemment sans s’être vraiment posé la question : »veut-elle rentrer ? » …tout au moins au départ… malgré tout ce qu’il subit il s’accroche veut ramener sa femme, la maman à ses enfants. Il est courageux, car il décide de prendre sa famille à bras le corps, il est déchiré entre son travail, ses enfants et les recherches qu’il fait pour retrouver son épouse. Tout un tas de sentiments le traverse, il s’use, il se refuse d’entendre ce que ses amis et proches essaient de lui faire comprendre; il y croit, il va ramener son Anouk !

La Plume, le Scénario :

Olivia Quétier, l’auteure, nous amène dans la vie d’Anouk à ce moment charnière, plutôt à ce moment critique où tout bascule. Anouk est au bout du rouleau, et l’auteure nous le fait sentir avec ses mots. J’avoue m’être retrouvée dans ses mots le ras le bol d’un travail non valorisant, de rentrer à la maison éreintée et finalement il faut entamer sa deuxième journée et faire à manger pour sa petite famille… ce ras le bol d’être sollicitée à un moment où on aimerait être dans une bulle et ne rien entendre ni voir… L’envie soudaine de tout quitter et d’aller loin sur une île ou au plus profond des bois…

Quel drame, de suivre Anouk dans sa descente aux enfers. Je l’ai détesté de se tuer à petit feu, de laisser ses proches sans savoir si elle va bien alors qu’elle se perdait dans une autre vie. j’étais agacée de cette perdition dont on apprend au fur et à mesure des pages les raisons au début vagues puis plus précises. Et d’un autre côté l’envie de la prendre dans mes bras et lui dire de tenir que la vie vaut le coup !

Anouk n’était pas la seule à m’énerver, son mari qui tentait tout, malgré le mal qu’elle faisait à leur famille… Mais finalement il essayait juste de maintenir ce qu’il perdait comme un pull en laine que l’on détricote dont on retient le dernier fil … Son sursaut m’a fait comprendre que oui c’était le mieux qu’il avait à faire pour sauver sa famille, ses enfants et ça passait par le sacrifice d’Anouk.

On sent dès les premières lignes qu’Anouk n’est pas une simple femme fatiguée qui lâche prise… malheureusement on finit par toucher un sujet très sérieux lié à l’enfance et aux secrets qui font plus de mal qu’ils ne protègent… mais pas que… si vous voulez savoir ce qui pousse Anouk à rejeter plus loin son existence, il faudra lire le livre d’Olivia Quétier, je ne vais pas tout dire quand même !

Que c’était douloureux de la suivre, de la sentir se perdre et d’entraîner quiconque pouvait s’attacher à son bateau…

Quand on est parent, ce livre pousse à la réflexion, est-ce qu’on est assez présent dans la vie de l’enfant ? est-ce qu’on a pas loupé quelque chose ? est ce qu’on est trop présent? faut-il privilégier ses enfants au détriment de sa vie personnelle ? Est-ce égoïste d’essayer de refaire sa vie après un divorce ? Faut-il tout dire aux enfants ? Bref, finalement ce livre torture les esprits hypersensibles peut-être...

En Bref :

Une lecture importante, percutante et douloureuse. Voilà en trois mots ce que je peux dire d’Anouk d’Olivia Quétier.

Merci pour ce moment de lecture spécial, douloureux certes mais qui amène à la réflexion que finalement sa vie n’est pas si mal et surtout qu’il faut être attentif à l’autre tout autant qu’à soi.

Le Maître des Livres par Umiharu Shinohara

Titre : Le Maître des Livres

Auteur : Umiharu Shinohara

Éditeur : Komikku

Sorti le 28 août 2014

Nombre de pages : 192

Genre : Manga, Seinen

Fiche Bibliomania

Résumé :

 » Poussez la porte de la bibliothèque pour enfants « La rose trémière » ! Vous y serez accueillis et conseillés par une équipe chaleureuse et surtout Mikoshiba, un bibliothécaire au caractère difficile, mais avant tout un passionné de littérature et un véritable « sommelier » des livres ! Ce n’est pas pour rien que tous les clients lui demandent conseil afin de dénicher la perle rare !

Découvrez ou re-découvrez tous ces contes et aventures qui ont fait vibrer des enfants et des adultes dans le monde entier »

Personnages principaux :

Mikoshiba : Il est le bibliothécaire grincheux de la bibliothèque « la rose trémière ». Il a mauvais caractère mais c’est un fervent défenseur livres. Il sait toujours avec plus ou moins d’exactitude quel livre il faut à tel lecteur et surtout au moment opportun. Il connaît toutes les histoires qui reposent sur les rayons de sa bibliothèque. Il reste intransigeant avec les gens mais c’est toujours dans un but bien précis, faire lire ! Malgré son caractère ronchon les enfants l’adorent.

M. Myamoto : Il passe par hasard devant cette bibliothèque pour enfant et entre. Il n’est pas vraiment en état et Mikoshiba s’en rend compte très vite. Il suffit de quelques mots sur sa vie pour que Mikoshiba trouve le livre qu’il doit lire. M. Myamoto a l’impression d’être dépassé, en constante situation d’échec, et surtout il traîne une solitude triste et il a du mal à faire face à tout ça. Il va vite comprendre que ces visites à la bibliothèque lui sont salutaires.

Lieux où se déroule le récit :

Dans une bibliothèque pour enfant « La rose trémière », tout près d’un parc.

Détails intéressants :

  1. La petite bibliothèque ne se trouve pas sur un lieu de passage, elle se découvre au détour d’un parc
  2. Le mauvais caractère de Mikoshiba est essentiel pour remettre tout le monde sur les rails, il perçoit le malaise des gens et sait exactement ce qu’il leur faut lire.
  3. Les deux jeunes femmes qui assistent Mikoshiba, font tout pour compenser son mauvais caractère; Y compris lui faire remarquer quand il va trop loin ou comment il devrait agir à certains moments. Elles sont très gentilles et défendent bec et ongles cette bibliothèque et ses adhérents.
  4. Ce manga renforce mon avis, mon idée sur comment doit exactement se comporter un bibliothécaire… Non pas avec mauvais caractère, mais connaître ses adhérents et surtout ses livres et savoir à qui proposer telle aventure ou tel documentaire. Mikoshiba est le bibliothécaire idéal … bon peut-être pas avec son caractère 😉
  5. Le dessin, le trait de l’auteur m’ont fait voyager dans ses contes et le plus fou c’est qu’au travers de ses dessins je me suis vraiment sentie dans une bibliothèque ! Un petit plaisir confortable 🙂

Mon avis :

C’est en suivant @lerenarddore sur Twitter, Instagram et Facebook mais aussi les Éditions Komikku  oui oui toujours eux !!! c’est dingue ! Les vils tentateurs !

On entre dans ce manga avec une scène assez triste… M. Myamoto rentre seul, ne suit pas ses collègues mais il ne veut pas rentrer chez lui où la solitude l’attend. C’est avec lui qu’on entre la première fois dans la bibliothèque de Mikoshiba, une bibliothèque pour enfant appelée « La rose trémière ». Mikoshiba sent tout de suite le malaise de M. Miyamoto; et tente de s’en débarrasser… Mais voilà c’est le début d’une histoire pas commune.

J’ai aimé cette passion qui anime Mikoshiba, cette dextérité à choisir le bon livre pour la bonne personne. Sous ses airs revêche il aide beaucoup les gens. Il sait instinctivement que les livres soignent tous les maux. Mais quel mauvais caractère, ça m’a quand même fait penser aux documentalistes que j’ai pu rencontrer dans mon cursus scolaire et qui avait juste l’air de vieilles sorcières malveillantes (pardon, mais j’étais jeune et bête…) …  bon après en être devenue une (de bibliothécaire hein ? pas une vieille sorcière !!), je n’ai plus trop pensé comme ça  !! 😀

En regardant ces images on pourrait presque sentir l’odeur des livres.

En aidant les gens avec ses livres, Mikoshiba fait profiter le lecteur avec des contes et aventures à visiter et re-visiter avec plaisir et nostalgie.

Sur la fin du tome 1 on en apprend un peu plus sur Mikoshiba et ce qui le lie à sa patronne; Et ces petits détails sont vraiment touchants.

Citations retenues :

  1. […] »Seiren Kepparu » c’est un mot pour désigner quelqu’un d’intègre. N’ayant rien à se reprocher et qui pourrait donc se retrouver devant un policier voire même Dieu en personne sans avoir peur[…]
  2. […]Car attribuer un livre précis à lire obligatoirement…peut potentiellement faire croire à l’enfant que les autres livres ne sont pas bons à lire….[…]
  3. […]Je n’ai donc pas d’autre choix que de devoir vivre encore plus longtemps[…]

En Bref :

Une histoire pleine d’histoires, un bibliothécaire comme on en rêverait, Bref un régal  !

 

Juste un peu de temps de Caroline Boudet

Titre : Juste un peu de temps

Auteure : Caroline Boudet

Éditeur : Stock

Genre : Contemporain

Nombre de pages : 230

Sorti le 2 mai 2018

Fiche Bibliomania

 

 

4ème de couverture :

« La charge mentale. La foutue charge mentale. Qui ressemble de plus en plus à une charge explosive qu’elle ferait volontiers sauter… Quelque chose a claqué en elle. Sophie ne voulait pas rentrer, ne pouvait pas. Elle ne voulait plus de cette vie-là. Ses pieds n’avaient tout simplement pas pu prendre le chemin de la gare, ses doigts avaient d’eux-mêmes éteint son portable, et son instinct maternel – je suis indispensable, je suis coupable, ils ne sont rien sans moi – s’est mis en mode silencieux pour la première fois depuis sept ans. Un silence absolument, pleinement, intensément reposant. »

Mon avis :

L’histoire :

Sophie est la femme parfaite pour tout le monde, douce, au top, un chronomètre dans la tête, jamais de retard, d’oubli… Elle gère d’une main de maître toute sa petite maisonnée. Mais tout ce monde au millimètre à un prix : Ne jamais être seule, ne jamais se poser, ne plus être à l’écoute de soi même, dérangée dans la salle de bain et même dans les toilettes… Au bout de sept ans, Sophie ressent de plus en plus cette charge comme une bombe qui menace. Elle demande juste un peu de temps pour elle… juste un peu…

En plein milieu de la matinée, elle décide de partir, c’est un besoin irrépressible, un besoin vital… Elle n’abandonne personne, elle veut juste se retrouver et après elle revient mais là elle a besoin de s’éloigner un peu, de se retrouver dans le silence.

Les personnages :

Sophie : la maman de deux enfants, un mari adorable avec lequel elle s’entend à merveille et un travail. C’est une femme moderne qui jongle avec perfection vie privée et professionnelle. Ses amies, sa voisine la surnomment Mme Parfaite; car personne d’humain ne peut arriver à gérer tout avec calme et précision avec rarement d’erreurs… Mais voilà, à être parfaite, elle se rend compte un soir qu’elle est devenue une bombe qui menace d’exploser à tout moment. Elle n’arrive plus à trouver de temps pour elle, du temps pour les enfants, pour son mari, pour les amis, pour les collègues oui ça elle en trouve mais dès qu’elle souffle il y a toujours quelqu’un pour réclamer sa présence, ses conseils … son constat est sans appel, elle est devenue indispensable... et c’est elle qui a petit à petit gérer tout ce qu’il y avait à gérer… Au moment où elle s’en rend compte, elle décide de partir s’isoler sans rien dire à personne.

Loïc : Le mari de Sophie, il ne comprend pas ce qu’il ce passe… pourtant Sophie allait bien, ils s’entendent bien… Il a tout de suite peur qu’elle soit partie avec un autre homme; puis que quelqu’un l’ai kidnappé… Il ne comprend cette absence; il appelle tous les amis et les collègues de Sophie et là c’est le même constat  pour tous… personne ne sait. Mais comment va t-il faire tout seul avec les deux enfants ?

Raphaëla : la meilleure amie de Sophie, elle sait que Sophie a des baisses de régime mais bon au point de tout plaquer, ça l’étonne beaucoup. Elle ne comprend pas la disparition de sa copine, en plus c’est pas son genre de laisser son mari et ses enfants tous seuls… ou la la …

Marco : le collègue de boulot, avec qui Sophie parle littérature; mais voilà Marco il ne sait rien non plus..

et d’autre encore … mais ils sont tous au même point ils ne savent pas ce qui s’est passé, ni où est Sophie

La Plume, le Scénario :

L’auteur, au travers de son roman, a choisi de parler simplement sans tapage de la fameuse « charge mentale ». Son personnage est quelqu’un d’équilibré, qui gère sa famille et son travail avec brio mais avec de plus en plus de fatigue et de mal-être. Ce fantôme de fatigue morale, que personne ne comprend, ni ne voit d’ailleurs… pourquoi ? peut-être que c’est plus commode ou pire l’habitude

Au travers de Sophie, toute personne active en charge d’une famille comprend et surtout se sent concernée, on ne peut que se reconnaître ! Ah oui, même dans la salle de bain et les toilettes !

J’avoue, ce roman a vraiment résonné en moi; J’aimerai, parfois, me poser, souffler et que quelqu’un prenne la relève sans que je sois consultée, « juste un peu de temps ». La délégation, vient au bout d’un moment ou plutôt à un moment donné, quand vous n’êtes plus en capacité de faire ou de penser, même pour un court instant, mais j’irais jusqu’à dire que c’est déjà trop tard.

L’auteure met vraiment le doigt sur un point essentiel : le besoin de se ressourcer seul, dans le silence, sans interruption, se retrouver seul avec soi-même sans perturbation extérieur, pas obliger que ça dure des jours, « juste un peu de temps » comme le dit si bien l’auteure.

L’auteure a construit son roman avec de courts chapitres qui nous raconte l’escapade de Sophie presque heure par heure, mais entrecoupée des inquiétudes de Loïc, des aveux de la voisine, des questionnements et des anecdotes de la meilleure amie, du collègue de boulot. Bref au fur et à mesure que Sophie construit son cocon de silence et de solitude, l’incompréhension et l’inquiétude grandit pour tout ce petit monde qui gravite autour d’elle

Le récit est dynamique quand Caroline Boudet laisse la parole aux personnes qui entourent Sophie puis logiquement la dynamique ralenti avec les paragraphes de Sophie. On sent que cette échappatoire calme, apaise petit à petit Sophie; partie d’une crise d’hystérie d’une maman dans la rue pour finir dans le calme et la douceur du bord de mer… En tout cas ce petit bout de calme m’ont apaisé en même temps que Sophie…

En Bref :

C’est bien de parler de cette charge mentale; avec douceur mais réalité.

Je reste persuadée que bon nombre de personnes se reconnaîtront dans le personnage de Sophie.

Un roman tout frais, sensible qui parle d’un sujet parfois tabou, ou en tout cas mal entendu 😉

 

La Gueule de leur Monde d’Abram Almeida

Titre : La Gueule de leur Monde

Auteur : Abram Almeida

Éditeur : Autoédité

Genre : Contemporain

Format : Epub

Nombre de pages : 167

Sorti le 14 juin 2018

Fiche Bibliomania

 

 

Résumé de l’auteur :

« Lorsqu’un jeune diplômé africain se décide contre tout bon sens à rejoindre la horde de migrants qui tente de traverser la méditerranée pour atteindre l’Europe, on se doute déjà que quelque chose ne tourne pas rond dans ce monde. Mais comme tous ces indésirables fuyants la guerre, la famine ou Dieu sait quelle autre calamité dont seul le tiers monde a le secret, il a ses raisons. Il est pourtant bien loin de s’imaginer ce qui l’attend au cours de son périple où rien, mais alors vraiment rien ne se passe comme prévu.

Dehors il y’a désormais des djihadistes qui redessinent la figure du monde à l’arme lourde, des forces de l’ordre qui ne savent plus où donner de la matraque, des malfrats de tous bords qui font des affaires avec des vies humaines, le tout dans le dos de gouvernements trop occupés à se refiler tout ce monde de misère envahissante.

Notre héros lui ne voit pourtant aucune incohérence à toutes les invraisemblances de ce monde, c’est un Candide des temps modernes. Avec trois compagnons de route aussi touchants que comiques, il arpente les sentiers de la migration sans se soucier de ses dangers. Ces drôles de lurons arriveront-ils au terme de leur voyage?? Celui-ci en vaudra-t-il la peine?? Quoi qu’il en soit, l’Europe n’a qu’à bien se tenir… Ils arrivent?!

Mon avis :

Merci à l’auteur pour m’avoir proposé son roman ! Une lecture intense, dure et drôle à la fois;

Pile au moment où je termine le roman d’Abram Almeida, j’apprends qu’un énième accord est passé entre 5 pays d’Europe pour laisser accoster le fameux cargo sauveteur : l’Aquarius à Malte avec à son bord 141 migrants en détresse.

J’avais déjà écouté avec attention le témoignage de Ludovic Duguépéroux, Marin-sauveteur à bord de l’Aquarius; Il ne comprenait pas cet immobilisme, ce rejet des migrants, de personne qui fuit leur pays car ils ne sont plus en sécurité chez eux. Ce témoignage était percutant. Ensuite, toujours par l’intermédiaire de Brut.fr j’avais écouté aussi les durs témoignages de migrants ayant subi la torture et l’esclavage en Libye, là encore tout un tas de questions m’est venu…

L’histoire :

Fraîchement diplômé depuis 2 ans, passant d’entretiens stériles en entretiens frustrants, notre jeune protagoniste décide de partir tenter sa chance en Europe après une rencontre, fortuite mais comme il le dit bousculera sa vie à tout jamais, avec deux Ghanéens migrants.

Ainsi son dangereux périple, qui pour lui sonne comme une aventure, commence. Il part avec un plan bien établit et une coquette somme d’argent censé suffire pour son passage en Europe;

Mais c’est sans compter sur les passeurs malhonnêtes, sur les djihadistes, sur les gardes frontières, les esclavagistes brutaux et sanguinaires de Libye et surtout à l’immobilisme général de tous les dirigeants d’Afrique et d’Europe…

Le personnage :

Je ne vais parler que de notre jeune Candide, un Burkinabè fraîchement diplômé, qui recherche un travail inlassablement. Lors de son périple, ses acolytes le surnomment « l’Orphelin » à cause de l’histoire  de sa vie qu’il s’est inventé et qui va souvent lui sauver la mise.

L’auteur se sert de son personnage candide pour nous peindre une Afrique au bord de l’implosion, où plutôt au bord de l’asphyxie… L’Orphelin, nous raconte son périple, son aventure avec simplicité, avec un humour corrosif. Il décrit des évènements tragiques avec une mesure moins dramatique, plus comme du fatalisme encore que ça ne l’empêche pas de continuer son chemin, il lutte avec la mort, il n’en a presque pas conscience…

Son plan prend un sacré coup dans les grandes lignes, pas démonté notre jeune Burkinabè relativise et continue d’avancer, la seule chose qui semble le préoccuper c’est de perdre du temps sur le timing prévu…

Il se retrouve face à différents bourreaux, des djihadistes qui haïssent l’occident à tel point qu’ils ne savent plus très bien pourquoi, des mercenaires cherchant à se faire de l’argent sur des gens en détresse, des familles, ces mêmes mercenaires se transforment au gré de la politique en esclavagistes… mais à chaque fois notre jeune personnage survit avec soit un sens aigu de la naïveté soit un instinct de survie bien au dessus de la moyenne…

Face à ce débordement, ces obstacles incohérents, ces atrocités impunies… « l’Orphelin » y voit un monde certes qui ne tourne pas rond mais pour lui ça toujours été ainsi, donc rien de plus normal presque…

Certes il est témoin de violence gratuite, de telles atrocités, d’actes non humain qui le heurtent, qui lui font se poser beaucoup de question mais à chaque fois survivre reste une priorité. Il nous décrit toutes ces horreurs que l’Afrique cache en son sein, avec désinvolture, non plutôt avec détachement que j’ai fini par comprendre comme étant un acte délibéré de défense afin de ne pas devenir fou, il éteint sa sensibilité pour survivre face à toute cette folie sanguinaire et meurtrière… dont le sens n’est pas toujours bien défini…

La Plume, le Scénario :

j’ai lu ce récit très rapidement car l’écriture de l’auteur est vraiment fluide et plaisante; et puis je me suis attachée très vite à son personnage principal, j’avais vraiment à coeur de savoir jusqu’où le mènerait sa naïveté, son optimisme et j’espérais qu’il arrive au bout de son périple.

Ce n’est pas un récit autobiographique, ni même la rédaction d’une biographie… non c’est bien un témoignage certes mais sorti tout droit des recherches approfondies, d’investigations de la part de l’auteur. Le récit de l’auteur semble si réel, bien qu’on sent que ce qui se passe là-bas est bien plus sordide.

AbramAlmeida a choisi de dépeindre cette migration forcée et balafrée au travers d’un jeune candide des temps modernes; pour rendre le récit plus « lisible » (je ne suis pas sûr que ce mot convienne…) Derrière cet humour corrosif, ce détachement du jeune protagoniste se cache une vérité bien plus insoutenable, des situations bien plus lourdes, sombres et cruelles. Il ne faut pas être naïf, il faut lire entre les lignes que ce qui ce passe en Afrique est plus inhumain que notre imagination pourrait le structurer…

A l’aide de son jeune Burkinabè, l’auteur décrit une Afrique en flamme, en déperdition; accablée entre les famines invisibles, les envahisseurs, les anciens colonisateurs qui maintiennent cet état de fait, les esclavagistes qui agissent en toute impunité et le fatalisme d’une grosse partie de la population désarmée, fatiguée, usée et à bout de souffle…

Quand les intérêts économiques priment sur la vie, la défense des populations…

Ces populations à la dérive, en fuite face à des guerres intestines, des guerres de religion, face à la faim, la maladie… bref en quête d’une vie meilleure, qui pourrait les en blâmer ? Ces populations continuent d’avancer même si le prix à payer est l’humiliation, la torture, la mort et bien pire encore … même s’il faut risquer sa vie, peut-être que de l’autre côté de la mère (j’ai bien aimé l’utilisation de cet homonyme !) Méditerranée la vie sera meilleure…

Le récit d’Abram Almeida ne m’a pas ouvert les yeux car je suivais depuis un certain temps l’actualité de l’Aquarius, ce cargo-sauveteur. mais ce roman m’a fait sursauté, m’a révolté. Ce qui se passe en Afrique est révoltant ! Je vois déjà certains dire « qu’est-ce que la petite révolte d’une européenne bien au chaud dans sa maison ? … oui vous aurez certainement raison, mon sentiment de révolte ne sert pas à grand chose c’est un dur constat… personne ne pèse bien lourd face aux puissants de ce monde… c’est frustrant !

Le roman d’Abram Almeida a le mérite de mettre en lumière ce dysfonctionnement anormal que des populations entière, à court de solutions, ont fini par admettre et à intégrer dans leur quotidien.

En Bref :

Merci à l’auteur pour ce récit poignant, révoltant avec un personnage tout à fait attachant !

Une fille comme elle de Marc Levy

Titre : Une fille comme elle

Auteur : Marc Levy

Éditeur : Robert Laffont

Collection : Versilio

Genre : Contemporain

Nombre de pages : 373

Fiche Bibliomania

 

 

4ème de couverture :

« New York, sur la 5e Avenue, s’élève un petit immeuble pas tout à fait comme les autres… Ses habitants sont très attachés à leur liftier, Deepak, chargé de faire fonctionner l’ascenseur mécanique, une véritable antiquité. Mais la vie de la joyeuse communauté se trouve chamboulée lorsque son collègue de nuit tombe dans l’escalier. Quand Sanji, le mystérieux neveu de Deepak, débarque en sauveur et endosse le costume de liftier, personne ne peut imaginer qu’il est à la tête d’une immense fortune à Bombay… Et encore moins Chloé, l’habitante du dernier étage. Entrez au N°12, Cinquième Avenue, traversez le hall, montez à bord de son antique ascenseur et demandez au liftier de vous embarquer… dans la plus délicieuse des comédies new-yorkaises ! »

Les + :

Des personnages haut en couleur
Une touche d’actualité / réalité
Le clash des générations, des traditions mais avec respect
De l’aventure

Le – :

Peut-être une fin trop rapide (pour moi), mais logique

************

Mon avis :

L’histoire :

Un immeuble cossu, avec un ascenseur mécanique, le n°12 Cinquième Avenue. Deepak est le liftier de jour; il connaît par cœur les habitudes de ses employeurs et il est toujours à l’heure pour chacun d’eux. La nuit  c’est M. Riviera qui s’occupe de l’immeuble. Sans eux, les occupants seraient obligés d’emprunter les escaliers ou de se moderniser mais en perdant un service humain

Cependant, un jour, plusieurs grains de sable enrayent la routine de Deepak;

  1. le liftier de nuit se blesse et ne peut plus assurer son service pendant un certain temps;
  2. Sanji, le neveu par alliance de Deepak, débarque aux États-Unis;
  3. La femme de Deepak n’agit pas comme d’habitude;

Mais que va-t-il advenir des habitants du n°12 de la Cinquième Avenue ?

Il semblerait que certains occupants ont trouvé une idée fort déplaisante pour palier à la défection du liftier de nuit…

Les personnages :

Chloé : est comédienne, mais elle ne peut plus exercer son métier comme avant alors elle trouve quand même des petits rôles de doublure de voix qui lui conviennent. Elle est déterminée et dynamique. Elle vit au dernier étage de ce fameux immeuble. Elle adore Deepak, car il est toujours prévenant et discret avec elle. Elle sait qu’elle peut compter sur lui.

Deepak : est indien, il a une philosophie de vie qui découle très certainement de sa culture indienne mais hélas aussi de ce qu’il a vécu dans son pays. Il est très fier de son travail, et il n’a jamais dérogé à ses principes. Il est attentionné et discret; il répond présent sans jamais se plaindre aux occupants ses employeurs.

Sanji : c’est le neveu de Lali, la femme de Deepak, il arrive fraîchement de Bombay où il a fait fortune et vient aux États-Unis pour affaire et rencontrer un ancien camarade d’école. Malgré sa jeunesse, il applique les traditions de son pays, pas toutes mais au moins la plus importante comme le respect aux anciens. Il semble sans préjugé, et quand il rencontre Chloé, il ne peut plus se l’ôter de la tête… Il est souvent en retard, pas très bien organisé au désespoir de son ami américain.

La Plume, le Scénario :

Un fois n’est pas coutume, je ne peux pas passer à côté d’un livre de Marc Levy.

Et comme à chaque fois, je ne suis aucunement déçue.

Marc Levy sait nous transporter jusque dans la vie de ses personnages; A chaque fois, je n’ai pas l’impression d’être spectatrice mais bien présente dans la vie, dans l’histoire qu’il nous conte.

Une comédie romantique où se mêlent drame, actualité, traditions et culture indienne, le tout autour d’un ascenseur mythique, d’un immeuble occupé par des personnes hautes en couleurs.

J’ai aimé les petits apartés de Chloé pour comprendre petit à petit ce qu’il lui est arrivé, et c’est d’autant plus appréciable que l’auteur délivre la vérité sur Chloé quasi à la fin… En parallèle, par le biais d’une vie qui semble toute simple, celle de Deepak et Lali, on découvre leur passé difficile, leur drame, ce qui les a construit, endurcit mais ils sont restés des personnes généreuses et dévouées. Lali veut aider son neveu, car au travers de son histoire, elle sait ce que Sanji a dû subir et parcourir comme chemin de labeur…

Marc Levy, de façon implicite, avec l’histoire de cette famille indienne nous dépeint une partie des traditions indiennes, cette partie lourde et injuste contre la femme; ce pouvoir patriarcal qui est même lourd a géré, a supporté pour la jeune génération. Au travers de Deepak, de sa façon d’aborder les choses, les gens, on s’aperçoit que sa culture est bien ancrée en lui.

Et puis, dans tous ces personnages, il décrit une partie de la société, chaque occupant à sa particularité; ce petit bout de vie au n°12 est une tranche de réalité et d’espoir toujours qui nous ancre un peu plus dans l’histoire.

Une aventure en immersion dans la vie des personnages; une romance toute douce empruntant des sujets bien réels, des problèmes bien réels, mais pour au bout du compte nous dire qu’il faut vivre, c’est là la seule façon de voir que la vie est belle malgré les embûches aussi grosses soient-elles.

On retrouve avec un petit plaisir non dissimulé un personnage qui navigue dans les romans de Marc Levy 😉 à vous de le retrouver !

Juste un tout petit bémol, mais rien qu’un tout petit… ça compte même pas 😉 LA FIN ! Rhoo, trop rapide, trop légère, trop ouverte… je voulais en savoir plus 😥

En Bref :

Une jolie histoire toute simple en apparence, qui traite de sujet très sérieux, d’actualité, de problèmes de la vie réelle, de la vie en communauté, du choc des cultures, du choc des générations.

Encore un cocktail réussit Monsieur l’auteur 🙂

Tim au coeur d’or d’Olivia QUÉTIER

Titre : Tim au coeur d’or

Auteure : Olivia QUÉTIER

Éditeur : Autoédité

Genre : Contemporain, psychologie

Format : Epub

Nombre de pages : 219 (PDF)

Fiche Bibliomania

 

 

Résumé de l’auteure :

« Timothé vit en Lozère. Sa mère est alcoolique, son père un homme simple et bourru. Il veut devenir artiste peintre. Il met tout en acte pour tout quitter. Mais il est ramené sans cesse à cette mère qu’il s’imagine pouvoir sauver. Timothé vit ses années de lycée dans la peur que sa mère ne sombre dans la dépression. Cependant, ses amitiés et sa passion du dessin le maintiennent debout. Alban Théo, Sidonie, vivent avec lui ces années d’adolescence. Nous le retrouvons 17 ans plus tard. Il peine à trouver sa place dans le milieu de l’art dons il ne supporte pas les codes. Pourra-t-il faire éditer sa bande dessinée « Tim au coeur d’or? »? Il est marié, vit à Paris avec un enfant. Sa femme Luce consomme beaucoup de drogues et Timothé se retrouve à nouveau confronté à l’addiction. Il comprendra qu’il doit prendre des distances avec la destructivité qui touche ses proches pour pouvoir avancer. Durant les vingt années qui traversent le roman, il cherchera à se dégager de cette place assignée par les liens familiaux. »

Mon  avis :

Merci beaucoup à l’auteure Olivia QUÉTIER pour m’avoir permis de lire son roman bouleversant et plein d’espoir 😉 MERCI !

L’histoire :

L’histoire de Tim commence par un combat, un combat qu’il choisit de mener contre son conseil de classe. Il est alors en 3ème et son passage en seconde générale est menacé par des résultats insuffisants. Il met tout en œuvre pour démontrer à son proviseur sa détermination à réussir si on lui laisse la chance d’aller au lycée général en seconde.

Tout au long du roman, il essaye de ne jamais perdre de vue sa raison d’être, son combat pour la liberté, ses dessins. Malgré les difficultés de sa famille, de ses amis, il tient bon. La vie va encore lui réserver beaucoup d’embûches, mais Thimothé fait face à son destin, à cette vie parfois brutale, mais elle lui apporte aussi son lot de bonheur.

Au travers de sa passion, de ses difficultés, Tim mûrit, évolue grâce à sa détermination, son « trop » bon coeur, sa mélancolie, mais aussi la lumière qu’il porte en lui.

Les personnages :

Tim : c’est d’abord un jeune homme optimiste, déterminé, solidaire, mélancolique, amoureux… oui oui tout ça en même temps. Sa situation familiale le pousse à continuer le plus loin possible ses études, le pousse à imposer sa passion : dessiner. Il veut fuir ce carcan familial étouffant.

On retrouve Tim, plus tard, c’est un homme mais il est toujours habité par cette même passion mais aussi ses vieux démons, cette colère, cette violence, cette tristesse qui l’étouffe jusqu’à ce qu’il comprenne pourquoi.

Alban : c’est un personnage assez emblématique, c’est l’ancre de Tim en quelque sorte. C’est le meilleur ami de Tim, depuis que Tim a décidé de le défendre des griffes de harceleurs… depuis ce jour ils sont là l’un pour l’autre, leur amitié est indéfectible. Alban est peureux, mais Tim lui donne de la force.C’est auprès d’Alban que Tim vient se ressourcer, s’apaiser, s’épancher, demander des conseils sur la vie.

Une quantité de personnages tournent, vivent autour de Tim; ses parents, le proviseur du collège, son professeur d’art au lycée, Sidonie, Luce, Théo et plein d’autres encore. Ils font tous partie intégrante de sa vie; ils ont tous plus ou moins marqués à jamais la vie de Tim; chacun a contribué à faire de lui ce qu’il est, ce qu’il est devenu. Parfois dans la douleur, parfois dans la tristesse, parfois dans la peur mais aussi parfois dans la joie et l’espoir.

La Plume, le Scénario :

J’ai été happée par les mots de l’auteure, l’histoire de Tim commence en fin de 3ème, attendant le résultat du conseil de classe. Tout commence ici ! La détermination de Tim, son évolution, la vie d’un homme.

Tim est un ado attachant, emplit de tellement de colère et de détermination. Il sait ce qu’il veut et surtout ce qu’il ne veut pas.

Son passage dans la vie est semé d’embûches, mais c’est la vie nous dirait certain… oui mais la façon dont il aborde cette vie que ne le chouchoute pas est une vraie leçon de vie.

Sa lettre, son combat pour passer à tout prix en seconde m’a émue tellement fort … c’était bouleversant.

Puis tout s’enchaîne; sa vie au lycée, son difficile retour au foyer les week-end, Alban, son chêne dans sa forêt. L’auteure est arrivée avec ses mots à me faire sentir cette beauté que voit Tim le matin avant l’école, ce moment d’apaisement dans sa forêt.

J’ai apprécié aussi cette différence entre les amis au lycée, et les amis de longue date, du village. Ces amis qu’on ne peut bien souvent pas mélanger car trop éloigner les uns des autres, trop différents peut-être, car c’est exactement comme ça que je le ressentais en étant ado. Ce petit rappel m’a replongé pour un temps dans ma jeunesse à l’internat.

Parlons aussi de ce qu’il vit au quotidien depuis tout petit avec sa mère qui l’aime tant mais que l’alcool ravage. Cette femme vit désespérément, mais l’alcool endort ses démons, Tim ne supporte plus de voir sa mère se détruire et son père ne rien faire. Il sait qu’elle l’aime mais son addiction est plus forte. Il a vraiment besoin de s’éloigner pour se construire puis vivre sa vie... Mais cette addiction, sa mère le rattrape car il n’est pas en paix avec ce qu’il fait, il a besoin qu’on lui ouvre les yeux pour enfin comprendre que le meilleur moyen de sauver sa mère c’est de la confronter à son addiction, il ne peut pas sauver quelqu’un qui ne veut pas être sauvée…

Il se retrouve père de famille et marié à une femme qui se drogue par désespoir également… là encore il va devoir traverser le désert pour comprendre ce qu’il lui arrive, ce qui arrive à son épouse et surtout pour garder solidement sa famille et pour que son petit Étienne grandisse sereinement.

Là encore, ses dessins, son inspiration mais aussi son manque d’inspiration vont être des moteurs pour le guider vers la compréhension et l’aider à sauver sa famille.

L’auteure parle aussi d’homosexualité de façon très simple et j’ai vraiment aimé ce que j’ai lu, je ne peux en dire plus, je ne veux pas faire de spoilers 😉

En Bref :

En tout cas la vie de Tim n’est pas un long fleuve tranquille; mais l’auteure prouve qu’avec de la détermination on peut faire un vrai pied de nez au destin et avoir la vie qu’on a choisit; bien sûr c’est pas facile et ça demande des efforts et quelques sacrifices mais finalement si c’est pour vivre la vie qu’on a toujours rêvé d’avoir; ça vaut peut-être le coup !

En plus, il n’est jamais trop tard, que l’on soit ado ou quarantenaire et plus encore; on peut choisir !

Merci beaucoup à l’auteure Olivia QUÉTIER pour cette leçon de vie, cette leçon d’espoir 🙂