Écoute le Rossignol de Lucy Strange

Titre : Écoute le Rossignol

Auteure : Lucy Strange

Éditeur : Castelmore

Genre : Jeunesse, initiation

Nombre de pages : 350 pages

Fiche Bibliomania

 

 

4ème de couverture :

« 1919. Henrietta emménage avec sa famille à Hope House, une grande et très ancienne maison près de la mer. Ses parents, sa gouvernante étant occupés par leurs soucis. Henrietta est livrée à elle-même, avec ses livres pour seule compagnie. Elle découvre que Hope House regorge de secrets : un grenier oublié, des ombres fantomatiques et une mystérieuse lueur qui apparaît entre les arbres au fond du jardin… Une nuit, elle s’aventure dans le bois au rossignol. Elle va faire une rencontre qui va bouleverser sa vie… »

Mon avis :

L’histoire :

La famille Abbot emménage à Hope House à la suite d’un drame, ils comptent sur cette maison pour se reconstruire. Mme Abbot semble atteinte d’un chagrin inconsolable… Quant à M. Abbot, il doit continuer à travailler malgré tout pour subvenir à sa famille. Nanny Jane, la gouvernante doit quant à elle s’occuper d’Henrietta et de Roberta, mais Roberta étant un petit bébé, ça lui prend évidemment plus de temps. Henrietta dit « Henry » échappe souvent à la surveillance de sa gouvernante et découvre que le grenier de leur nouvelle maison regorge de secrets. Un soir, une odeur, une lueur l’attire et l’amène à s’aventurer dans le bois au rossignol qui jouxte le jardin de Hope House. Ce qu’Henry va y découvrir la changera à jamais, changera sa vision des choses, changera la vision de sa famille; en bref bousculera sa vie à tout jamais !

Les personnages :

Henrietta : dit « Henry », c’est une toute jeune fille, curieuse avec beaucoup d’imagination, elle aime beaucoup lire. Sa rencontre avec le médecin qui soigne sa mère va allumer toutes les alarmes dans son cerveau hyperactif. Elle est aventureuse, craintive mais fonceuse. Une seule chose lui tient à coeur : maintenir sa famille unie.

Nanny Jane : La gouvernante des Abbot, elle est soucieuse de la santé de Mme Abbot et elle a toute confiance en ce fameux docteur Hardy… En fait il l’impressionne beaucoup, il lui fait même un peu peur, elle n’est pas toujours d’accord avec les méthodes du docteur mais elle pense qu’il sait mieux qu’elle (une simple gouvernante). Elle tient beaucoup aux deux enfants Abbot, Henrietta et Roberta le petit bébé. Mais les manigances du Docteur ont raison de ses dernières défenses…

M. et Mme Berry : Ils sont également très attachés aux Abbot, Mme Berry est la cuisinière et M. Berry est son mari, blessé de guerre. Ils sont compréhensif et surtout ils connaissent le machiavélisme du docteur Hardy. Ils vont devenir des alliés surprenants pour Henry et la famille Abbot.

D’autres personnages très importants renforcent le récit mais les décrire reviendrait à spolier une partie du récit…

La Plume, le scénario :

L’écriture de l’auteure est douce, fluide et agréable. Ce récit est comme un poème, certes sombre et dur mais plein d’espoir.

La tragédie d’Henry est si forte, si bouleversante; qu’il devient très facile de s’attacher à cette petite fille si déterminée, mais si impuissante face aux adultes. Son combat est juste, mais cette fois on doute que la justice puisse aboutir à une fin heureuse. C’est très difficile de suivre Henry dans sa tragique descente; Henry va comprendre que maintenir sa famille va devenir très difficile face au sombre docteur et sa détermination. L’auteur nous emmène dans cette obscurité plus que réaliste.

Un drame terrible a déchiré la famille Abbot et Henry bien que véritablement blessée et bouleversée va lutter contre ce mal qui semble ronger sa famille. Elle va trouver de l’aide là où elle s’y attend le moins.

L’auteur a une plume puissante, elle m’a plongé dans ce drame, elle m’a fait trembler face au docteur Hardy, elle m’a fait pleurer d’impuissance… ce fut très fort.

Un joli roman à la fois dur et tellement bouleversant; mais Henry garde en elle cet espoir, toute cette lumière qui finit par rejaillir sur ses proches.

En Bref :

Un roman bouleversant sur la détermination lumineuse d’une enfant à garder sa famille unie, peu importe le mal qui les ronge, peu importe ce que les gens pensent, peu importe ce que le docteur pense…

C’est un récit doux amer qui reste gravé un petit moment après avoir fermé le livre.

 

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Merci de Christel Gibilaro

Titre : MERCI

Auteure : Christel Gibilaro

Éditeur : autotédité

Format : ePub

Poids : 770 Ko

Nombre de pages : 66

Genre : Contemporain

Fiche Bibliomania

Résumé de l’auteur :

« Un livre ça peut servir à plein de choses.

S’évader. Apprendre. S’émouvoir. Voyager. Vivre d’autres vies. Et tellement d’autres encore…

Ce livre est un livre qui dit merci.

Offrez le à la personne qui vous a rendu service ou soutenu (e). Offrez à un inconnu, à un proche, un collègue, à cette drôle de personne qui vous dévisage dans la glace tous les matins.

La gratitude est un cadeau qui rend la vie plus douce. Pour ma part, j’ai écrit ce livre pour vous dire merci à vous.

Merci de me faire vivre de mon rêve d’écriture. Les autres mercis sont à l’intérieur. »

Mon avis :

MERCI à l’auteure Christel Gibilaro et à Chrissou Ebouquin pour m’avoir donné l’occasion de lire ce petit concentré de lumière, d’espoir mais également de réalité.

Juste un petit point sur la couverture : Pourquoi des femmes nues ? aucune idée, peut-être l’auteur pourra répondre elle-même à cette question ? mais en tout cas cette couverture est très artistique, très belle !

Ce recueil est composé de 14 nouvelles, 14 poèmes devrais-je dire. Si on me demandait de choisir entre toutes ces nouvelles j’avoue que mon coeur pencherait vers « le passage »pour la lumière qui se dégage de ce texte, mais aussi « le thé magique » là c’est pour cette douceur qu’on ressent, le doux souvenir du passé, ou encore « NON » pour le sursaut, pour la lutte pour la bienveillance à protéger ou encore « la danseuse triste »pour l’héritage et son importance…je pourrais continuer ainsi jusqu’à 14…

Bien évidemment toutes ces nouvelles ont résonné, en moi, d’une façon particulière. Chacun de ces poèmes apportent la lumière sur l’humanité, sur des sujets beaucoup plus actuels comme le harcèlement, le racisme. Mais c’est aussi un petit concentré d’espoir, d’émotion.

Chaque lecteur peut s’approprier, à mon avis, ces nouvelles, car chacun dans sa vie a eu cette drôle de sensation qui s’exhale de ces textes.

Après chacun des récits, l’auteure appose une petite note pour dire son « merci » et explique la naissance de ce texte. J’ai trouvé ça très sympa, très courageux de partager avec son lecteur ses confidences, car il s’agit bien de cela 🙂

Certains de ces textes sont abruptes, cyniques, comme le premier texte dont la fin est percutante, pour nous faire sursauter ou tout simplement parce que certains actes révoltent l’auteure et c’est cette transmission d’émotions, de sensations que j’ai vraiment appréciées. Alors Christel Gibilaro : MERCI !

Je ne vais pas trop m’attarder car à force je vais spolier et le plus intéressant c’est quand même de découvrir soi-même ce que provoque ce recueil 😉

Alors n’hésitez pas, ce livre fait du bien !

En Bref :

Ce qu’il reste de ma lecture ? de l’espoir, de la douceur, une pointe de détermination, une pointe de révolte mais surtout beaucoup de lumière ❤

Merci beaucoup Chrissou Ebouquin !

Merci encore Christel Gililaro

Les contes de Drimael de Henri Nestière

Titre : Les contes de Drimael

Auteur : Henri Nestière

Éditeur : Autoédité

Genre : Contes

Format : Pdf (131 pages)

Fiche Bibliomania

 

 

Résumé de l’auteur :

« En un temps aujourd’hui lointain rayonna le vaste royaume de Drimael. Ce fut au cœur de ces terres enchanteresses que vécurent des rois et des reines, des princes et des princesses, des brigands malsains, des voleurs aux grands cœurs, des sorcières, des créatures féroces, d’autres magiques. Laissez-vous transporter par les histoires qui s’y sont déroulées. »

Mon Avis :

Merci une nouvelle fois à Henri Nestière de m’avoir fait à nouveau confiance en me proposant son recueil 🙂

Les 13 contes :

Ce recueil est composé de 13 contes, qui prennent source au cœur des royaumes de Drimael; On reconnaît l’influence de nos contes traditionnels. Cet ensemble s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes en abordant différentes notions comme l’avidité, l’amour, la bienveillance, le changement… Chacun y trouve son fil rouge.

Au travers de personnages tous plus intéressants les uns que les autres, l’auteur aborde ces notions avec réalité, l’Happy-End n’est pas toujours de mise, car pour qu’une valeur soit comprise il faut aussi comprend que chaque acte à des conséquences.

Les personnages qui m’ont le plus marqué :

Cœur d’Or : c’est un palefrenier qu’on retrouve dans le conte portant son nom d’ailleurs; il est souriant et bienveillant malgré le caractère odieux et méchant de la princesse. Il ne se départ jamais de son sourire bienveillant. J’ai trouvé que c’était une grande force de ne jamais abandonner cette bienveillance en toute circonstance.

Face d’Ogre : C’est un jeune homme riche qui vit reclus dans sa demeure. Il est affligé d’une malformation au visage. Étant résigné, face aux moqueries incessantes, il ne sort jamais et traite ses affaires professionnelles depuis chez lui. J’ai aimé chez ce personnage, son abnégation face à l’amour, la patience dont il fait preuve, la souffrance même, mais sa détermination ne le quitte jamais face à Ange.

Le fils du meunier : Pendant toute son enfance, ce fils de meunier répète que quand il sera grand, il ira faire fortune. Sa manière de faire fortune m’a surprise et m’a énormément plu. Et finalement ce qu’il acquiert le rend bien plus riche que n’importe qui d’autre.

La Plume de l’auteur :

Au travers de ces 13 contes, Henri Nestière aborde des sujets d’actualité en semant des petites accroches dans nos mémoires; En effet à la lecture de certains contes, je n’ai pas pu m’empêcher de me rappeler certains de nos contes traditionnels comme Robin des Bois, Cendrillon, Le chaperon rouge, la Belle et la Bête, la Belle aux bois Dormants…

ça m’a donné l’impression que l’auteur les avait revisité pour les adapter à l’actualité, les modeler pour qu’ils fassent un lien même tenu entre la lecture des adultes (avec leur mémoire) et celles des enfants (avec leur imagination); et le tout en utilisant la conjugaison du passé propre au conte.

J’ai trouvé ce paradoxe très intéressant, c’est à dire comment l’auteur arrive avec cette technique a abordé des sujets d’actualité au travers de contes revisités ou non et d’en transmettre une valeur, des valeurs positives.

Je peux affirmer que j’ai deux préférés :

  1. Cœur d’Or
  2. Ange et Face d’Ogre

D’un côté cette bienveillance infinie, transcendante et de l’autre cet amour inconditionnel et forcément bienveillant, patient, compréhensif, protecteur bref l’amour avec un grand A.

En Bref :

Chaque conte est particulier, chaque conte apporte une vue sur les valeurs de la vie. L’auteur parle d’avidité, d’amour, de handicap, de bienveillance, du vieillissement au travers de ses personnages de conte aussi accessible aux enfants qu’aux adultes.

Je me répète sur les notions abordées, car ça me semble important pour la portée de ces 13 contes 😉

Merci encore à Henri Nestière l’auteur 🙂

Un joli recueil 🙂 inspirant !

Philosopher et méditer avec les enfants de Frédéric Lenoir

Titre : Philosopher et méditer avec les enfants

Auteur : Frédéric Lenoir

Éditeur : Albin Michel

Nombre de pages : 272

Matériel : 1 CD

Genre : Philosophie, psychologie

Sortie le 05 octobre 2017

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Ce livre raconte l’aventure extraordinaire que j’ai vécue avec des centaines d’enfants à travers le monde francophone, de Paris à Montréal, en passant par Molenbeek, Abidjan, Pézenas, Genève, Mouans-Sartoux, la Corse et la Guadeloupe. Pourquoi, en effet, attendre la classe de terminale pour aborder le questionnement des thèmes existentiels : l’amour, le respect, le bonheur, le sens de la vie, les émotions, etc. ? Les ateliers philosophiques que je mène montrent une étonnante capacité des enfants à penser. Au-delà des concepts, ils y apprennent les règles du débat d’idées et développent leur discernement et une réflexion personnelle. Parce que les enfants ont souvent du mal à se concentrer, je fais précéder les ateliers d’une courte méditation, ou pratique de l’attention, qui permet à chacun de retrouver sa réceptivité sensorielle et d’être présent dans l’instant. Pour tous ceux qui, parents, enseignants, éducateurs, souhaitent accompagner les enfants dans cette pratique de l’attention et des ateliers philosophiques, cet ouvrage propose une méthode et des outils concrets, dont un CD de méditations guidées ».

Mon avis :

Difficile de faire une chronique traditionnelle;

Ce livre est une mine d’idée pour créer, mettre en place des activités philo avec les enfants.

Les enfants sont tellement plus mature parfois que certains adultes; c’est extraordinaire. Ils n’ont pas encore de « filtre » à leur parole.

Frédéric Lenoir aborde divers sujets avec eux comme l’amour, le respect, la vie, la mort, des concepts qui peuvent paraître très large, très vague; mais les enfants ont des idées bien arrêtées sur ces sujets qui semblent complexes aux adultes.

Il parcourt la France, la Belgique, la Guadeloupe, Abidjan, dans le but de discuter avec des enfants de tous horizons, de toutes origines sociales et leur vision du monde est étrangement la même – c’est surprenant !

Frédéric Lenoir donne des pistes aux instituteurs pour mettre en place ces petites activités philo dans leur classe. Il est convaincu, que parler philo et méditer est très bénéfique pour les enfants. Le retour des professeurs pionnier dans ce genre d’activité, sont tous positif. Au départ, mise en place de façon expérimentale, ces activités philo et méditation font désormais partis de l’emploi du temps de certaines classes.

Ce livre relate et retranscrit la parole des enfants de toutes les écoles visitées par Frédéric Lenoir. Il y retranscrit parfois intégralement ces entretiens sur un sujet donné. C’est passionnant et surprenant !!

A la fin du livre, l’auteur met à notre disposition des fiches pratiques, des fiches préparatoires sur différents sujets. Ainsi qu’un CD avec des méditations individuelles avec et sans musique de 5 et 10 minutes collectives avec ou sans musique de 5 et 10 minutes également.

En Bref :

Je les ai testé et c’est très agréable et très facile à appliquer même pour un enfant seul.

Les Carnets de Pauline Thot de Rébecca Brocardo

Titre : Les Carnets de Pauline Thot

Auteure : Rébecca Brocardo

Éditeur : Autoédité

Genre : Contemporaine

Format : Epub

Nombre de pages Pdf : 229

Fiche Bibliomania

 

Résumé Auteure :

« 1999. Pauline étouffe dans sa petite ville de province. Introvertie et malmenée en classe, elle ne revit que pendant les vacances en Corse, où elle se découvre à la fois désirable et vulnérable. Pour assouvir sa soif de liberté, elle se révoltera tour à tour contre l’autorité, les hommes et la société.

Dans ses carnets, Pauline raconte à la première personne sa lutte solitaire contre la honte et la culpabilité qu’elle ressent dans sa construction en tant que femme dans un pays où leur condition et leur sexualité posent toujours problème. Avec son « Je », elle joue à se moquer de tout pour ne pas souffrir.

Véritable journal de société, ce récit riche et sensible témoigne de la difficile transformation d’une adolescente en adulte, dans une fin de siècle ponctuée par de profondes mutations technologiques et sociétales. C’est en partageant son vécu qu’on s’attache à l’héroïne, à son histoire, et à son parcours. »

Mon avis :

Tout d’abord merci à l’auteure Rébecca Brocardo de m’avoir proposé son roman 🙂

L’histoire :

L’histoire de Pauline commence à la fin du collège, début du lycée où elle décrit dans ses carnets le déroulement de ses journées avec beaucoup de réalisme et de cynisme. Elle est désirée mais repousse, alors commence le harcèlement, les questions, est-ce de sa faute ? les gens, les hommes surtout, sont-il tous mal intentionnés ?

Elle traverse le lycée avec douleur mais parfois avec ivresse; elle se sent en dehors du monde, elle ne comprend pas pourquoi faut rentrer dans le moule pour être heureuse. Elle refuse de faire comme tout le monde, elle refuse l’autorité, elle refuse la supériorité du mâle, elle refuse les règles préétablies. Elle veut juste faire ce qu’elle veut, mais même là elle ressent du vide.

Le lycée est une épreuve, mais la suite n’est pas douce non plus… son désarroi  est entrecoupé d’ivresse libertaire quand elle rejoint sa si chère Corse pendant les grandes vacances.

C’est l’histoire d’une jeune fille adolescente qui passe douloureusement l’épreuve de la chrysalide.

Face à une société envahissante et autoritaire, face à la place de la femme dans cette même société, face aux hommes, face à l’autorité parentale pas ordinaire… Pauline essaie de se construire librement sans contrainte à contre courant.

Le personnage :

Pauline : une jeune fille qui parait trop discrète au départ, trop sensible, trop facile … elle encaisse les assauts toujours plus nombreux de son harceleur du lycée; elle ne sait pas très bien où est sa place dans ce monde qui ne semble pas fait pour elle. Il lui parait difficile de grandir, avec des jeunes hommes tous obnubilés par une chose : le sexe. Elle essaye toutes sortes d’approches pour connaître la paix ou au moins se sentir un peu en phase avec ses camarades du lycée…

Elle revit dès qu’elle foule le sol de sa chère Corse, là-bas tout est possible, elle respire, elle semble elle-même, elle s’autorise à plonger dans ses moindres désirs.

Je ne proposerai pas d’autres personnages, ils font partie du déroulement de la vie de Pauline.

La plume, le scénario :

L’écriture de l’auteure est très littéraire, on sent bien le travail derrière ce roman. Rébecca Brocardo alterne la narration en utilisant le « elle » comme une voix off qui commente une tranche de vie et le « Je » de Pauline qui écrit dans ses carnets.

J’avoue que cette double utilisation m’a un peu déplu… je me retrouvais perdue pendant une seconde puis hop je reprenais le cours de l’histoire où je me  repositionnais par rapport à Pauline.

Mise à part ce petit bémol, l’écriture de l’auteure est agréable, c’est très bien écrit. Il y a par moment des petites longueurs nécessaires je dirais car on observe comme un spectateur la vie de Pauline…

Par le jeu de double écriture, Rébecca Brocardo fait référence aux auteurs classiques, aux philosophes qui ont jalonnés nos années lycées au travers des états d’âme de Pauline. Et d’un coup de baguette magique je me suis rappelée des cours marquants, des profs passionnants d’autres pas 😉 c’était sympa.

Bon pour ce qui est de l’histoire de Pauline, je n’ai pas réussi à m’attacher à Pauline, ce personnage mise à part décrire avec beaucoup de réalisme les difficultés que les adolescents ont à traverser cette période trouble, m’a plus agacée qu’autre chose… j’ai trouvé Pauline inconstante, jamais satisfaite, jamais une lueur d’espoir. Elle est restée figée dans son désir d’être à tout prix différente, prisonnière de ses envies, de ses désirs. Elle ne choisit pas les bons hommes en toute connaissance de cause, croyant que ses choix vont la sortir de ce marasme collant et désespérant. Engluée dans ses désirs capricieux, elle s’étonne après qu’elle n’est toujours pas heureuse..

J’avoue que Pauline m’a même énervée, je l’ai trouvé méchante avec certain de ses mecs (notamment Marc…). Sachant que de toute façon elle ne faisait pas le bon choix, c’est pas grave elle plongeait quand même… s’en était vraiment énervant. Et toute cette débauche de drogue, d’alcool, d’orgie pour fuir la réalité ? Ou juste parce qu’elle n’arrivait pas à freiner ses envies ? Ou juste parce que la vie est trop dure et faut évidemment faire des choix ?

Pauline vit une vie de Bohême, entre des études qu’elle mène à bien mais aussi entre drogue et alcool à la recherche de l’amour, du bonheur… à la recherche de sa place dans ce monde.  Par ses choix, elle s’automutile le moral, elle se châtie en courant après des fantômes, après des figures mâles qui, pense t-elle, la combleront de bonheur puis c’est le vide… la faute à qui ? aux hommes ? d’être aussi inconstant à cet âge ? non je ne pense pas … juste aux mauvais choix de Pauline guidés par cette envie d’être différente et trouver une place au milieu de ces humains…

En Bref :

Une écriture agréable, mais un personnage énervant illustrant seulement le côté sombre du passage de l’adolescent à l’adulte…

Les Cercles d’Éternité de Jean-Louis Ermine

Titre : Les Cercles d’Éternité

Auteur : Jean-Louis Ermine

Éditeur : Autoédité

Genre : Science-Fiction

Format :  Epub

Nombre de pages : 145 (PDF)

 

 

Résumé de l’auteur :

« Dans un futur lointain, les hommes ont découvert le secret de l’éternité, mais cette invention a un prix. La personne qui choisit de suivre cette voie entre dans un processus inéluctable de dégénérescence, qui fait ressortir ses plus bas instincts. Le monde se divise alors, et se structure en « cercles », correspondant chacun à des stades de décadence plus ou moins avancés. Face au déclin de l’humanité, le gouvernement cherche des solutions, et finit par retrouver la trace d’un mystérieux scientifique, dont les recherches sur l’immortalité auraient abouti. Laurie et Simon, deux marginaux que tout oppose, sont chargés de ramener le professeur et de redonner espoir aux habitants des cercles. Pour cela, ils devront s’aventurer au-delà des terres connues, là où la barbarie a tous les droits. Une chasse impitoyable est lancée, et les entraînera dans une véritable traversée des enfers. L’éternité leur réservera encore bien des surprises. »

Mon avis :

Tout d’abord Merci beaucoup à l’auteur, Jean-Louis Ermine, de m’avoir proposé de lire son roman, ce fut une belle découverte et un vrai plaisir de lire.

L’histoire :

L’humanité a découvert l’éternité. Mais ce cadeau empoisonné menace d’extinction les humains.

Certains font le choix délibéré de prendre les drogues d’éternité et plongent dans un état sauvage et violent. D’autres préfèrent attendre la mort paisiblement, mais sont menacés par les éternels.

Deux marginaux sont recrutés pour retrouver le professeur Soler qui aurait trouvé un antidote à cette résurgence de violence. Ils devront passer les cercles extérieurs, survivre et ce qui les attend tout au bout est une vérité troublante

Les Personnages :

Laurie : C’est une rabatteuse; elle capture des éternels violents pour les livrer à des riches en mal d’amusement… Elle n’a jamais pris de drogue d’éternité et n’est absolument pas tentée.

Simon est un cas spécial, il a pris les drogues d’éternité mais son corps les a rejeté et petit à petit il a retrouvé son humanité sans rien oublier de ce qu’il a fait ou subit. Des scientifiques l’ont capturé pour l’étudier et comprendre ce que font les drogues d’éternité au cerveau… Il est l’opposé de Laurie mais ils devront s’entendre pour survivre.

La Plume, le Scénario :

L’entrée en matière donne le ton… c’est violent, glacial. L’humanité est en très mauvaise posture.

Une fois Laurie et Simon face à leur mission, face à un tournant capital de leur vie, on ne se lasse pas ! J’ai suivi avec curiosité l’évolution de ces personnages si différent. Les changements qui s’opèrent dans leur façon de voir le monde, dans la façon d’appréhender les évènements, c’est surprenant et intéressant, car les communautés qu’ils traversent font vraiment froid dans le dos et ils semblent comprendre qu’ils ont peut-être accepté une mission suicide…

Malgré leur perte de contrôle, ils passent, ils résistent, se soutiennent. J’ai bien aimé ses passages car justement les personnages sont imparfaits et font des erreurs. Leur humanité fait la différence.

Le récit est rapide, la dynamique s’enchaîne très vite… c’est compréhensible par le fait que c’est un roman court.

J’ai trouvé l’enchaînement de la fin un peu trop rapide, l’acceptation des personnages trop facile, mais encore une fois le roman est court  et finalement c’est un tout cohérent.

J’aurai aimé que les cercles qu’ils traversent soient un peu plus développés, ainsi que leur expérience, car l’écriture de l’auteur est agréable et je pense que ça aurait été intéressant.

En Bref :

Un roman glaçant avec une petite lueur d’espoir, mais pas là où l’on se l’imagine.

Héhé j’ai vraiment aimé cette subtile manipulation de l’auteur à m’amener à une réflexion sur ce besoin qu’on les Humains à rechercher l’éternité. Est-ce raisonnable ? Est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Qu’à t-on à y gagner (sans parler de violence) ?

Un très bon livre qui pousse le lecteur à la réflexion !

Merci Jean-Louis Ermine 🙂

Mon été avec Lucifer d’Édith Couture Saint-André

Titre : Mon été avec Lucifer (T1)

Auteur : Édith Couture Saint-André

Éditeur : Autoédité

Genre : Coutemporain

Format : Epub

Nombre de pages : 236(PDF)

Résumé de l’auteur :

« Il y a trois types de journées : celles où il ne se passe rien, au point où on se demande pourquoi on s’est donné la peine de sortir du lit ; celles qui sont encombrées de complications, dont le seul but est de vous empoisonner l’existence, et puis, il y a celles où un seul événement peut faire basculer votre vie.
Aujourd’hui est une journée du troisième type : spectaculaire, inattendue, aux répercussions déterminantes pour moi, pour mes amis, pour mes ennemis.
Surtout pour mes ennemis.

Lucifer, le saviez-vous ? est une flamboyante rouquine, belle comme une madone botticellienne et gaulée comme une danseuse du Crazy Horse.

Aujourd’hui, juchée sur des stilettos vertigineux et moulée dans les cuirs noirs d’un ensemble pantalon-bustier, cette madone sulfureuse me promet la jeunesse éternelle. Que feriez-vous à ma place ? Ce récit, drôle, enlevé et pétillant, est l’histoire de Mathilde, une Québécoise baby-boomer de 60 ans à qui la science et la médecine ont promis, comme à tous les baby-boomers, une santé indéfectible et la jeunesse éternelle, voire : l’immortalité.

De toute évidence, la promesse n’a été que partiellement tenue. Mathilde décide de s’adresser à quelqu’un qui a la réputation de tenir ses promesses : Lucifer. Alias Lucy Fériale. Lulu pour les intimes. Lucy est d’accord pour un pacte. Bien naturellement. Mais, en tant que femme d’affaires avisée, patronne d’une Business Unit, elle pose une condition : récupérer des âmes. Normal, c’est dans son job description.

Au début, Mathilde a des sursauts de conscience. Ça la chiffonne cette histoire de morts. Elle rechigne. Mais lorsqu’elle voit le résultat : passer de 60 à 45 ans en moins d’une semaine, avec son énergie toute requinquée, sa vitalité qui casse la baraque et une peau de pêche, elle en redemande, établit une liste, donne des noms à Lucifer. »

Mon avis :

Merci de nouveau à Chrissou Ebouquin de m’avoir proposé ce roman d‘Édith Couture Saint-André, merci à l’auteure également 🙂

L’histoire :

Mathilde a soixante ans et prend conscience avec ses amis que le temps passe très vite et surtout qu’il laisse des traces.

En accompagnant, son amie Sandy chez le chirurgien esthétique, Mathilde fait une rencontre étonnante : Lucy Fériale, une rousse pulpeuse et belle à se damner… c’est justement là le problème. Lucy n’est autre que Lucifer en personne… Et d’après Lucy, c’est Mathilde qui l’a appelé; Mathilde ne comprend, elle pense être la moins perturbée par ces marques du temps. Mais petit à petit, Lucy lui ouvre les yeux et lui propose de lui faire gagner 15 ans de jeunesse en échange de 3 noms. Mathilde hésite, n’y croit pas vraiment… Puis se laisse tenter et replonge dans ses années douloureuses et gâchées…

Les personnages :

Mathilde est une femme de 60 ans, responsable de sa galerie. Célibataire depuis un certain temps, elle a la vague impression qu’elle a perdu un certain nombre d’année à cause de choix malheureux dans sa vie personnelle. Elle s’aperçoit qu’elle se remet moins vite les lendemains de fêtes, elle n’est plus aussi dynamique qu’avant… la faute à qui ? et bien au temps qui passe et qui avilit le corps et l’esprit…Contrairement à sa copine Sandy, elle ne cède pas au bistouri, sa vie est passée et il serait peut-être temps de l’accepter.

Lucy Fériale : Lucifer, car il s’agit bien de lui, apparaît tantôt en femme rousse et superbe tantôt en homme distingué. Il aime se travestir. Il aime ce qui est clinquant ! Il est là pour Mathilde, pour lui redonner 15 années de sa vie, c’est sa mission et il avoue qu’il n’a jamais rencontré quelqu’un comme Mathilde, aussi curieuse sur les histoires de famille de Lucy, aussi détachée face à l’importance de son interlocuteur; il s’agace un peu du comportement qu’à Mathilde envers lui mais en même temps il apprécie… ou il manipule pour obtenir ce qu’il veut 😉

Sandy, la meilleure amie, semble avoir plus de mal à accepter les traces du temps sur son corps. Elle est pétillante, papillonne autour de jeunes hommes pour se redonner une pseudo-jeunesse. Elle décide qu’il est temps de contrecarrer le temps et subit une opération de chirurgie esthétique.

Philippe : C’est le meilleur ami de Mathilde (version homme), il a le même âge et traîne les mêmes galères de la vie. Il comprend Mathilde mieux que personne; il sait ce qu’elle aime, ce qu’elle déteste. Il est toujours là pour elle. Quand elle lui raconte sa rencontre avec Lucy Feriale, il n’en revient pas et décide de la croire et de la soutenir.

La Plume, le Scénario :

Chrissou Ebouquin m’avait prévenu que ce roman était « plein d’humour avec des histoires de femmes pour les femmes » 🙂

J’ai effectivement éprouvé le même sentiment 🙂 ce récit a beaucoup d’humour mais pas que … en effet, l’auteur aborde plusieurs sujets très sérieux et inéluctables : la femme de 60 ans, les effets du temps, le vieillissement… que serions-nous prêt à sacrifier afin de retrouver quelques années ?

Le sujet est fort mais servi très frais. L’auteur l’aborde avec humour et sérieux à la fois, elle nous montre que ce retour en arrière à un prix et ce prix est très élevé ! (au figuré comme au propre)

Chaque intervention de Lucy est un vrai plaisir, elle est drôle et cynique mais tout ce qu’elle dit sonne juste… Il ne faut pas oublier que c’est le Malin et la manipulation il connaît 😉

Les trois passages malheureux de Mathilde étaient intéressants car il me semble que dans sa vie une femme a dû rencontrer l’un ou l’autre avec plus ou moins de gravité et/ou de dégâts… ça fait prendre conscience que dans ces moments pénibles, on perd des années précieuses, certes ça renforce l’expérience mais… le temps passe et vite…

Mathilde a soixante ans et il s’est passé beaucoup de choses dans vie… peut-être un peu trop. Mathilde est à ce point naïve et idéaliste qu’elle subit trois hommes problématiques dans sa vie. Certes, elle fait du chemin dans la compréhension grâce à son expérience mais aussi grâce à sa psy.

Pour le coup, face à Lucifer elle tient bon, elle a peur, mais elle tente le tout pour le tout pour sauver ce qui lui reste.

En Bref :

Encore merci à Chrissou Ebouquin et à Édith Couture Saint-André pour cette jolie découverte.

Un roman agréable et frais qui traite d’un sujet indémodable, de notre rapport  au passage inéluctable du temps, de notre propension à gâcher notre vie, à gâcher de précieuses années avec des personnes toxiques. Le tout mené par des personnages adorables, attachants.

Un roman moderne et plein d’humour !