Écoute le Rossignol de Lucy Strange

Titre : Écoute le Rossignol

Auteure : Lucy Strange

Éditeur : Castelmore

Genre : Jeunesse, initiation

Nombre de pages : 350 pages

Fiche Bibliomania

 

 

4ème de couverture :

« 1919. Henrietta emménage avec sa famille à Hope House, une grande et très ancienne maison près de la mer. Ses parents, sa gouvernante étant occupés par leurs soucis. Henrietta est livrée à elle-même, avec ses livres pour seule compagnie. Elle découvre que Hope House regorge de secrets : un grenier oublié, des ombres fantomatiques et une mystérieuse lueur qui apparaît entre les arbres au fond du jardin… Une nuit, elle s’aventure dans le bois au rossignol. Elle va faire une rencontre qui va bouleverser sa vie… »

Mon avis :

L’histoire :

La famille Abbot emménage à Hope House à la suite d’un drame, ils comptent sur cette maison pour se reconstruire. Mme Abbot semble atteinte d’un chagrin inconsolable… Quant à M. Abbot, il doit continuer à travailler malgré tout pour subvenir à sa famille. Nanny Jane, la gouvernante doit quant à elle s’occuper d’Henrietta et de Roberta, mais Roberta étant un petit bébé, ça lui prend évidemment plus de temps. Henrietta dit « Henry » échappe souvent à la surveillance de sa gouvernante et découvre que le grenier de leur nouvelle maison regorge de secrets. Un soir, une odeur, une lueur l’attire et l’amène à s’aventurer dans le bois au rossignol qui jouxte le jardin de Hope House. Ce qu’Henry va y découvrir la changera à jamais, changera sa vision des choses, changera la vision de sa famille; en bref bousculera sa vie à tout jamais !

Les personnages :

Henrietta : dit « Henry », c’est une toute jeune fille, curieuse avec beaucoup d’imagination, elle aime beaucoup lire. Sa rencontre avec le médecin qui soigne sa mère va allumer toutes les alarmes dans son cerveau hyperactif. Elle est aventureuse, craintive mais fonceuse. Une seule chose lui tient à coeur : maintenir sa famille unie.

Nanny Jane : La gouvernante des Abbot, elle est soucieuse de la santé de Mme Abbot et elle a toute confiance en ce fameux docteur Hardy… En fait il l’impressionne beaucoup, il lui fait même un peu peur, elle n’est pas toujours d’accord avec les méthodes du docteur mais elle pense qu’il sait mieux qu’elle (une simple gouvernante). Elle tient beaucoup aux deux enfants Abbot, Henrietta et Roberta le petit bébé. Mais les manigances du Docteur ont raison de ses dernières défenses…

M. et Mme Berry : Ils sont également très attachés aux Abbot, Mme Berry est la cuisinière et M. Berry est son mari, blessé de guerre. Ils sont compréhensif et surtout ils connaissent le machiavélisme du docteur Hardy. Ils vont devenir des alliés surprenants pour Henry et la famille Abbot.

D’autres personnages très importants renforcent le récit mais les décrire reviendrait à spolier une partie du récit…

La Plume, le scénario :

L’écriture de l’auteure est douce, fluide et agréable. Ce récit est comme un poème, certes sombre et dur mais plein d’espoir.

La tragédie d’Henry est si forte, si bouleversante; qu’il devient très facile de s’attacher à cette petite fille si déterminée, mais si impuissante face aux adultes. Son combat est juste, mais cette fois on doute que la justice puisse aboutir à une fin heureuse. C’est très difficile de suivre Henry dans sa tragique descente; Henry va comprendre que maintenir sa famille va devenir très difficile face au sombre docteur et sa détermination. L’auteur nous emmène dans cette obscurité plus que réaliste.

Un drame terrible a déchiré la famille Abbot et Henry bien que véritablement blessée et bouleversée va lutter contre ce mal qui semble ronger sa famille. Elle va trouver de l’aide là où elle s’y attend le moins.

L’auteur a une plume puissante, elle m’a plongé dans ce drame, elle m’a fait trembler face au docteur Hardy, elle m’a fait pleurer d’impuissance… ce fut très fort.

Un joli roman à la fois dur et tellement bouleversant; mais Henry garde en elle cet espoir, toute cette lumière qui finit par rejaillir sur ses proches.

En Bref :

Un roman bouleversant sur la détermination lumineuse d’une enfant à garder sa famille unie, peu importe le mal qui les ronge, peu importe ce que les gens pensent, peu importe ce que le docteur pense…

C’est un récit doux amer qui reste gravé un petit moment après avoir fermé le livre.

 

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13 Reasons Why de Jay Asher

Titre : 13 Reasons Why

Auteur : Jay Asher

Traduit de l’anglais (américain) : Nathalie Peronny

Éditeur : Albin Michel

Collection : Litt’

Genre : Jeunesse, Drame

Nombre de pages : 288

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

 » « J’espère que vous êtes prêts, parce que je vais vous raconter l’histoire de ma vie. Ou plus exactement, la raison pour laquelle elle s’est arrêtée. Et si vous êtes en train d’écouter ces cassettes, c’est que vous êtes l’une de ces raisons ».

En entendant ces mots, Clay Jensen croit à une erreur, il n’a rien à voir dans la mort d’Hannah Baker. D’abord choqué, il erre dans la ville endormie, suspendu à la voix de son amie.
Et ce qu’il va découvrir va changer sa vie à jamais. »

Mon avis :

Je fais ma chronique à chaud, je viens de terminer le roman à l’instant…

L’histoire :

Les première pages du récit décrive Clay Jensen en train de poster un colis. Le colis dont il a été destinataire quelques jours plus tôt et qui a bouleversé sa vie.

Ce colis contient des cassettes audio enregistrées par Hannah Baker, elle y décrit pourquoi elle a préféré disparaître, mettre fin à ses jours et surtout qui elle considère responsable de tout ce gâchis…

Clay n’en revient pas d’être sur cette liste, il ne pensait pas être responsable de la mort d’Hannah; ce qu’il va découvrir va le changer radicalement.

Les personnages :

Hannah Baker, lycéenne tourmentée par un harcèlement scolaire insidieux... A la suite d’une rumeur, Hannah est cataloguée dans une case pas facile à assumer surtout quand on a rien à faire dans cette case. Elle dérive d’amis en amis, de trahison en trahison à tel point qu’elle se demande si un jour les gens vont voir vraiment la vraie Hannah. Mais tout semble continuer comme une écharpe qu’on détricote, ça s’effiloche et par la force des choses, elle ne peut plus faire confiance à qui que ce soit sans attendre une trahison derrière et elle n’est pas sûre de supporter cette situation une nouvelle fois.

Clay Jensen : c’est un peu l’amoureux transi, qui hésitera trop longtemps… qui manquera de confiance en lui face aux rumeurs qui circulent sur Hannah;

Tout les personnages de liste sont important et donc je ne les décrirais pas car je ne veux pas faire de spoilers.

La Plume, le Scénario :

L’auteur traite un sujet très dur, très difficile : Le suicide d’adolescent. Au travers de ses cassettes Hannah retrace ce qui l’a fait basculer… ce harcèlement quasi invisible, marrant pour certains, vengeance pour d’autres… tout est bon pour rendre la vie de quelqu’un pire que la sienne…

Hannah est victime d’une fausse rumeur qui ne cessera de la suivre et surtout qui influencera le comportement de quiconque lui adressera la parole. Ce phénomène est terrible pour l’ados visé (comme pour l’adulte d’ailleurs…) car ça colle à la peau et on sent bien que cette tâche sur sa biographie restera même effacée, elle subsistera dans un coin sombre prête à ressortir au moment où il n’est pas permis…

Bref Hannah essaie de faire fi de cette rumeur mais malgré toutes ses tentatives pour faire confiance aux gens, elle se retrouve prise au piège de sa peur, de la méchanceté, de la crédulité d’imbécile, de loup guettant leur proie.

Avec ses cassettes elle cite les treize raisons qui l’ont poussé à l’irréparable; chaque personnage doit faire face à ses responsabilités, c’est le but; pourquoi devrait t’elle partir sans rien dire, de sorte que ses bourreaux s’en sortent indemnes.

Le récit est découpé entre les pensées de Clay en écriture normale et quand il écoute Hannah en Gras Italique. ça donne vraiment l’impression qu’elle est là, qu’elle épie ce que font ses révélations à ses camarades cités… On devient comme Clay, on écoute ces cassettes les unes derrières les autres, sans pouvoir lâcher ce fil rouge jusqu’à la fin, comme Clay on enrage contre tous ces arrogants, ces pestes tellement peu sûre d’elle-mêmes qu’elles ont éprouvé le besoin d’écraser quelqu’un pour se sentir supérieures… on enrage vraiment, d’autant que malgré la fiction, on sait très bien que cette situation existe, beaucoup d’adolescent(es) subissent ce harcèlement au quotidien et comme Hannah finissent par ne plus pouvoir faire fasse et essaient de disparaitre et certains réussissent… et les bourreaux sont parfois inconscient de ce qu’ils viennent d’accomplir…

Bref c’est un sujet d’actualité douloureux, difficile à prouver, à diagnostiquer, difficile à contrer… Je pense que les établissements scolaires sont encore trop peu former pour contrer ce phénomène, les enseignants ne sont pas sensibilisés à ce phénomène en tout cas pas suffisamment… Et pour exemple Mr Porter, prof d’anglais et conseiller pédagogique, qui se retrouve démuni face aux aveux d’Hannah.

La situation est peut-être en train de changer mais malheureusement c’est trop lent, c’est un problème d’éducation, un problème de civisme … on pourrait en débattre pendant des heures mais ça ne changerait pas le problème; je continue de penser que ça n’est pas normal que des jeunes étouffent d’autres jeunes pour se sentir mieux, pour se sentir aimer…quoiqu’on disent cette culture d’individualisme est malsaine.

En Bref :

Bien-sûr je généralise complètement, mais je sais qu’ils existent des gens bienveillant, des jeunes bienveillants.

Un roman pour les jeunes, les moins jeunes qui fera peut-être avancer les choses pour une partie des individus; chaque petit pas vers mieux est toujours bon à prendre. Il faut que les jeunes et moins jeunes comprennent qu’on n’arrive pas à de bonnes choses dans la vie en écrasant les autres.

La bienveillance c’est tellement plus payant, attention je n’ai jamais dit que c’était simple 😉

Face à une crise suicidaire, n’hésitez pas à cliquer sur ce lien =>> SOS SUICIDE , ou encore FIL SANTE JEUNES

 

Omertà de Clara Lamarca

Titre : Omertà

Auteure : Clara Lamarca

Éditeur : Autoédité

Genre : Jeunesse

Sujet traités : Adolescence, l’amour, l’amitié, le harcèlement, les préjugés…

Nombre de pages : 397 broché et 615Ko PDF

Sorti le : 13 juillet 2017

Coup de Cœur

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Le lycée. L’adolescence, le temps du premier amour. Sara et Sam se croisent alors qu’ils n’espèrent plus rien. Elle essaie de digérer le décès de son père, resté irrésolu, et les moqueries de ses camarades de lycée. Lui cherche à trouver son identité, une voix, même lorsque personne ne semble l’écouter. Ils se trouvent et se comprennent. Ensemble, ils essaieront de briser les barrières qui les empêchent d’être ceux qu’ils sont vraiment. Car rien ne les retiendra plus : pas même les autres. »

Mon avis :

Merci à l’auteure Clara Lamarca pour m’avoir fait confiance en me confiant la lecture de son premier roman. Une découverte bouleversante ❤

L’histoire :

Sara est le souffre douleur d’une bande d’adolescent depuis le collège et ça continue au lycée. Elle subit sans rien dire, elle s’arrange de cette vie insupportable. Son père est mort, sa mère est inconsolable et donc Sara se retrouve seule avec ses problèmes. Elle n’a pas d’amis, personne ne veut faire partie du clan des loosers.

Sam fait sa première rentrée dans le lycée d’Anviers, ses parents ont eu la géniale idée de déménager de Paris… Il est plutôt beau gosse, et attire sur lui l’envie féminine. Les mecs le trouve cool. Donc tout est ok. Sauf que lui subit sa vie, il fait semblant d’être cool, d’être heureux, d’être enjoué… mais en réalité, il est blasé, blasé, blasé…

Sara et Sam ne font pas partie du même monde. Ils ne devraient pas se parler. Mais la nature est ainsi faite et personne n’y peut rien.

Rien ni personne ne résiste aux élans du coeur.

Ensemble, ils vont essayer de se reconstruire, d’abattre les préjugés.

Les personnages :

Sara est une jeune fille rousse, plantureuse que les autres appellent si gentiment « la Grosse ». Elle est détestée pour ce qu’elle représente, elle est mise au ban des moins que rien, parce qu’elle dérange, elle gêne … A cause de ça elle subit toutes les humiliations possibles sans rien dire. Mais un jour trop c’est trop et elle n’arrive plus à supporter. Son père est mort, sa mère végète car elle ne peut plus avancer dans la vie sans son mari… Donc Sara subit et protège sa mère d’un nouveau drame… Quand elle aperçoit Sam, elle se dit tout de suite que ce n’est pas un mec pour elle, elle ne mérite pas ce genre de personne…

Sam, c’est le mec de 18 ans, cool, sympa avec tout le monde, tombant les filles comme il veut. Il est sûr de lui et n’a peur de rien… Enfin ça c’est la façade qu’il affiche pour tout le monde. En réalité, il est blasé, la vie l’ennuie, les gens l’ennuient, rien ni personne ne trouve grâce à ses yeux. Enfin jusqu’à l’entrée remarquée de Sara qui lui met la tête à l’envers et lui fait perdre ses repères.

Les harceleurs : Une bande de moins que rien de différents horizons qui pour cacher leur misère sociale s’acharne sur leur victime avec tellement de haine…

Les spectateurs : Ceux qui ne sont pas d’accord avec ce qui se passe devant leurs yeux mais qui préfèrent ne rien dire pour se préserver, ou par lâcheté pour ne surtout pas finir dans le camp des loosers.

La plume, le scénario :

La plume de l’auteur m’a happé dès les premières lignes et en général c’est vraiment bon signe. Il m’a fallu beaucoup de courage et la batterie déchargée de ma tablette pour quitter le récit les premières heures de lecture.

La vie de Sara est décrite avec beaucoup de prévenance, pas de voyeurisme. C’est un constat, triste mais réel. On s’attache très facilement à Sara. Contrairement au fait qu’elle subisse d’innombrables humiliations, c’est une battante mais pour qu’elle le découvre elle-même, il a fallu Sam.

Le passage de l’enfant à l’âge adulte est souvent pavé de difficultés, certains subissent plus que d’autre. La construction de soi, face aux parents, face à la société, face à ses camarades avec les codes, la mode, le paraître… et être à un détail près différent vous met tout de suite en danger, sur le fil du rasoir, côté loosers ou côté populaire. Et savoir gérer ces situations très compliquées demande beaucoup d’énergie et de lucidité. Quand en plus la vie ne vous épargne pas… c’est la descente aux enfers par les autres, pour les autres.

L’histoire de Sara et Sam est décrite avec beaucoup de douceur, de chaleur, de véracité. On est là, à côté d’eux et on est pris dans leur tourbillon de sentiments. Ce n’est absolument pas mièvre, c’est authentique !

Bien-sûr, le premier amour est abordé de façon tellement poétique, qu’on en vient à jalouser cette explosion de ressentis. C’est tellement beau. Cet amour vient à être la chose la plus importante de la vie, l’école, le bac, les études supérieures, tout ça ne compte plus. C’est le présent qui compte avec cet amour qui durera toujours.

Et puis, il y a les décisions compliquées, les situations non-réfléchies… on a mal avec les personnages. L’auteur a ce don de faire ressentir ce que vit ses personnages à ses lecteurs. Plusieurs fois, je me suis mise silencieusement à pleurer, tellement c’était beau, tellement les situations étaient triste, difficile trop intense. Merci Clara Lamarca pour toutes ces émotions !

Le harcèlement est abordé de façon très juste, bien-sûr les élèves se retrouvent souvent, très souvent seuls face à leurs harceleurs et les institutions ne peuvent rien pour eux, les institutions ne sont pas armées contre ce déferlement de bêtises, d’ignominie. Les adultes ne prennent pas assez aux sérieux ces situations insoutenables en tout cas pas avant le drame, l’accident. Et les harceleurs sont puissant, ils savent que personne ne leur fera jamais rien, ils ne paieront pas pour leurs tortures, leur bassesse. Peut-être qu’à force d’en parler, ces situations diminueront et disparaîtront. Alors il faut continuer et pas lâcher.

En Bref :

Un premier roman très talentueux ! Une histoire prenante, des personnages adorables, d’autres tout à fait détestable.

Avec cette lecture, je suis passée par toutes les émotions ! Un grand merci à Clara Lamarca !!

je-lis-des-auto-edites

Caraval de Stephanie Garber

Titre : Caraval

Auteur : Stephanie Garber

Éditeur : Bayard

Genre : Jeunesse

Nombre de pages : 479

Sorti le 8 février 2017

Fiche Bibliomania

Discussion Livraddict

4ème de couverture :

« Attention, ne vous laissez pas trop prendre au jeu… »

Mon avis :

L’histoire :

Scarlett et Tella vivent sur une île avec un père despotique et violent. Scarlett doit bientôt se marier avec un inconnu que lui a choisi son père. Elle voit là une occasion de se défaire de l’emprise de son père. Depuis de nombreuses années, elle rêve de faire venir le grand spectacle de Caraval sur son île, mais dit-on il ne passe jamais deux fois au même endroit. Ces lettres restent mortes jusqu’au jour où elle annonce au grand maître son mariage. Et là contre toute attente, elle reçoit trois invitations à Caraval situé à 2 jours de son île. Scarlett et Tella n’ont pas le même point de vue mais elles vont finalement se retrouver au milieu du grand spectacle de Caraval !

Les personnages :

Scarlett : C’est l’aînée, elle a juré de toujours protéger sa soeur, quoi qu’il lui en coûte. elle pense que son futur mariage va les mettre à l’abri de son père despotique et donc même si elle doit sacrifier ses idéaux rien n’est plus important que leur sécurité. Elle doute beaucoup, son père s’est chargé de lui faire ressentir ce sentiment d’impuissance, de faiblesse mais sa soeur est beaucoup plus importante que tout ça.

Tella : c’est la cadette, elle est révoltée, espiègle, insouciante et ne pense qu’à une chose : libérer sa soeur du joug de son père et l’empêcher de se marier avec un homme qu’elle ne connaît pas. Elle fonce tête baissée, mais elle a une telle foi en sa grande soeur qu’elle sait que Scarlett sera toujours là pour elle.

Julian : c’est un marin qui a séduit Tella ou a été séduit d’ailleurs. C’est leur billet de sortie de leur île prison pour le grand spectacle de Caraval ! Il est mystérieux, énervant, égoïste et arriviste. Il ne fait les choses que si elles lui apportent un quelconque bénéfice. Il est un peu détestable quand même … Mais il permet à Scarlett, par la force, de se sauver de l’île paternelle.

Une multitude de personnages colorés, haut en couleur plein de charme et de maléfices vont graviter autour de Scarlett pour l’aider ou au contraire l’induire en erreur et l’amener à la folie… mais je ne ferais pas l’inventaire de ses personnages tous très intéressant mais gare aux spoilers !

La Plume, le Scénario :

Je me suis lancée au hasard dans ce livre, je l’ai vu certes partout dans les forums sans jamais m’attarder sur les avis, puis je l’ai pris à la médiathèque où je travaille.

On entre dans la vie de Scarlett par une correspondance épistolaire à sens unique… Scarlett envoie des missives au grand maître Légende de Caraval. Mais malheureusement, ses courriers restent lettres mortes… Jusqu’au jour où elle reçoit une invitation pour trois.

On entre dans la peau de Scarlett très facilement. On peut comprendre ses réticences, ses motivations… tout est très bien expliqué par l’auteure.

Scarlett entre dans Caraval comme on entre dans un monde magique, épineux et maléfique… car ses peurs sont tellement fortes qu’elles fanent le jeu, qu’elles le travestissent… mais une fois prise au dépourvu et n’ayant plus de choix possible, un monde merveilleux et dangereux s’ouvre à Scarlett !

Attention, l’auteur ne cesse de le répéter ce n’est qu’un jeu « rien ici n’est réel, tout n’est qu’illusion… », tout au long du récit plusieurs personnages ne cessent de répéter cette sorte de mantra à Scarlett. Le jeu est puissant mais il faut garder à l’esprit que cela reste un jeu.

Scarlett est un peu énervante quand elle ne voit pas le danger qui est devant son nez… elle est tellement préoccupée à retrouver sa soeur. Elle a peur, mais elle reste droite et se motive sans arrêt quand l’angoisse est trop forte et qu’elle risque de l’emmener elle se ressaisit en pensant à sauver sa soeur.

L’auteure décrit les émotions que ressent Scarlett avec beaucoup de magie. Le fait que Scarlett voit les émotions des autres en couleur, et ressent aussi les odeurs de ses émotions. Ces descriptions disséminées partout dans le récit offre une petite touche de magie romantique et dangereuse.

On ressent cette magie illusionniste, qui se fane à l’aube quand le jour semble naître. Caraval s’endort pour mieux renaître la nuit où presque tout est permis (petite parenthèse : cela m’a fait penser à film animé « Le voyage de Chihiro » de Hayao Miyasaki)

Tout le jeu repose sur des indices, sur une énigme à résoudre qui aboutit à un souhait 🙂 Qui n’a pas rêvé de participer à un tel jeu ?!? Certes l’enjeu est plus que motivant et fait peur mais c’est tellement excitant !!

C’est aussi l’occasion pour Scarlett d’être formée ou initiée. Sortir du cocon paternel pour découvrir qui elle est vraiment et surtout de quoi elle est capable.

  1. elle est séparée de sa soeur
  2. elle se retrouve, seule ou plutôt accompagnée d’un marin en qui elle n’a nullement confiance, qui va l’amener au bout d’elle même.
  3. elle va découvrir qui elle est vraiment et va grandir et pouvoir affirmer ce qu’elle gardait depuis si longtemps au fond d’elle même !

Ce récit jeunesse est d’une incroyable richesse, mais attention pour lire ce livre, il faut avoir gardé au moins un petit bout de son âme d’enfant !

En Bref :

Bon il me reste tout un tas de questions sans réponses … MAIS

J’ai été conquise et ce retournement de situation tout à la fin de l’histoire ! WOW !!! Je veux lire la suite !!!

Confession d’un ami imaginaire de Michelle Cuevas

Titre : Confession d’un ami imaginaire

Auteure : Michelle Cuevas

Éditeur : Nathan

Genre : Jeunesse

Nombre de pages : 196

Sorti le 9 février 2017

Fiche Bibliomania

 

4ème de couverture :

« Imaginaire ou pas, on n’est invisible que si on le croit »

Mon avis :

L’histoire :

L’histoire commence par Jacques PAPIER le frère jumeau de Fleur PAPIER. Mais depuis quelques temps il ressent un malaise, il a l’impression d’être invisible pour tout le monde, la maîtresse, ses parents.  Au détour d’une conversation épiée des parents, Jacques apprend qu’il est l’ami imaginaire de sa chère Fleur et là tout son monde s’effondre. Il s’étiole, il est malheureux … Il va passer par plusieurs épreuves pour comprendre qui il est et surtout pourquoi il existe.

Les personnages :

Fleur : c’est la soeur jumelle de Jacques, enfin c’est la petite fille qui l’a créé, imaginé, eu besoin de lui. C’est la meilleure amie de Jacques, ils se comprennent et ils font les 400 coups ensembles.

Jacques : c’est l’ami imaginaire qui s’ignore, enfin pendant un temps. Puis vient le choc ! Il est d’abord désespéré, il se sent inutile, il traverse une vraie crise existentielle. Et pourtant, Jacques a tellement à offrir. C’est un être doux, aimant, un peu angoissé mais finalement c’est le meilleur des amis imaginaires.

Beaucoup de personnages drôles et haut en couleur vont croiser la vie de Jacques et contribuer à sa renaissance.

La plume, le Scénario :

Petite touche originale, Michelle CUEVAS n’a pas écrit ce roman, elle s’est contenté de recueillir les mémoires de Jacques PAPIER. J’avoue que ce petit détail m’a bien plu.

Comme toutes mémoires, elles sont presque toutes racontées par leur auteur. En l’occurrence ici : Jacques Papier. En effet l’auteur utilise le « JE » pour plonger le lecteur dans la vie de Jacques. On entre dans l’histoire de Jacques, tout de suite, on traverse ses incompréhensions, ses inquiétudes. On l’accompagne partout.

C’est un roman de formation, basé sur les 3 critères :

  • la séparation : Jacques va devoir se détacher de Fleur, pour comprendre son existence, pour comprendre le but de son existence aussi. Cette séparation, elle est douloureuse et n’aboutit pas à ce que Jacques attendait…
  • La réclusion : Jacques se retrouve presque seul, enfin disons qu’il n’est plus accompagné de Fleur. Il doit appréhender sa nouvelle vie, comprendre le fonctionnement de sa communauté, oui oui on peut appeler ça comme ça. D’épreuve en épreuve, il va petit à petit comprendre le pourquoi de son existence, et voir enfin son utilité.
  • La réintégration : une fois délivré de ses inquiétudes, de ses questions existentielles, il peut commencer sa vie d’ami imaginaire, son métier même. Et à la fin de ce petit roman, l’auteure nous offre le luxe d’une belle rencontre 🙂

Jacques Papier va en fait subir un parcourt initiatique pour pleinement s’investir dans sa vie d’ami imaginaire indispensable et éphémère.

Le ton est drôle, touchant, émouvant parfois. C’est un petit bijou de douceur.

C’est un roman décomplexant, car oui on peut avoir un ami imaginaire, ce n’est pas interdit, c’est seulement pour un temps mais pas interdit 🙂

En Bref :

Ce roman jeunesse m’a laissé un petit sourire au coin des lèvres.

Pax et le petit soldat de Sara Pennypacker

Titre : Pax et le petit soldat

Auteur : Sara Pennypacker

Éditeur : Gallimard Jeunesse

Genre : Jeunesse

Nombre de pages : 320

Sorti le 12 janvier 2017

Fiche bibliomania

 

4ème de couverture :

Un garçon et son renard que la vie sépare, l’histoire d’une indéfectible amitié. Un roman d’aventures d’une intensité bouleversante.

Mon avis :

L’histoire :

Peter a recueilli un petit renard, ils sont inséparables mais un jour son père lui demande l’impossible … Ils partent et il doit laisser son renard dans la forêt. Peter refuse mais son père va lui faire croire que c’est mieux pour le petit renard de retourner à la vie sauvage… De son côté Pax sent bien qu’il se passe quelque chose de bizarre l’odeur de son humain ne dit rien de bon; et voilà que Pax se retrouve seul dans la forêt et il ne sait pas comment il va survivre en attendant que son Peter vienne le chercher parce que bien sur son humain va revenir

Les personnages :

Peter est un jeune garçon qui vit avec son père mais un jour la guerre les rattrape et le père part s’engager et emmène Peter et l’oblige à abandonner son seul ami. Peter est déterminé, il s’enfuit car il veut à tout prix retrouver son renard, il a peur qu’il ne sache comment survivre sans lui. Il sait au plus profond de lui que l’animal va l’attendre. Il est fort, un peu fougueux mais ça il va apprendre à se maîtriser et à réfléchir au côté de Vola.

Vola, c’est une femme marginale, sans âge et avec une jambe particulière. Elle surprend Peter et décide contre tout attente de l’aider et surtout de lui permettre de se maîtriser et de réfléchir à sa situation. Son aide aura un retour inattendu. C’est une femme rêche mais elle cache beaucoup de tendresse à l’intérieur d’elle.

Pax,c’est un petit renard apprivoisé et surtout qui sent fort l’humain. Les autres renards et autres espèces se méfient de lui car il a approché les humains assez pour porter leur odeur. Il est démuni quand son humain le laisse dans cette forêt où il venait jouer avec lui, mais cette fois il est seul et il ne sait pas comment manger ni comment boire… Il va faire des rencontres inattendues, fortes en émotion et surtout il rencontre Gris qui va le guider et lui apprendre quelques petites astuces pour survivre.

Gris, c’est un vieux renard avec une famille, qui part chercher un autre endroit pour mettre sa famille à l’abri de la guerre qui ravage tout. Il emmène Pax avec lui et ensemble ils partent à la recherche d’un lieu plus accueillant. Il est ronchon mais il éprouve déjà pour Pax une tendresse paternelle, il décide de le guider …

Il y a aussi Hérissée et Avorton et d’autres humains dont Peter va faire la connaissance mais ça il va falloir lire le livre !

La Plume, le scénario :

Ce livre est une merveille poétique malgré la guerre qui rôde autour. Sara Pennypacker nous décrit cette amitié si forte et hors du commun avec beaucoup de poésie.

C’est un roman de formation, d’initiation. Cette fois,  c’est pas très commun nous avons deux héros : Pax et Peter. Chacun de ces deux personnages va vivre des aventures en parallèle de l’autre.

Le roman est construit selon la structure : La séparation, la réclusion et enfin la réintégration (oui oui je viens de suivre un cours sur le roman de formation et je ressors ma science 😉 )

Peter est contraint d’abandonner Pax dans la forêt avant de déménager chez son grand-père car son père part à la guerre (= la séparation). Mais cette décision forcée, il la regrette déjà et s’en veut terriblement de ne pas avoir tenu tête à son père et de ne pas avoir emmené Pax avec eux. Il décide de fuir et se retrouve tout seul  à 300 km de son renard avec la seule détermination de retrouver son ami (= la réclusion). Heureusement il rencontre Vola (=ancêtre), elle le garde pour le soigner d’abord et lui mener la vie dure pendant des semaines pour le faire mûrir, le faire grandir pour en quelque sorte l’initier à la vie. Ensuite quand il quittera Vola, il sera quoi faire, il ne sera plus le même petit garçon craintif mais déterminé. Il aura d’un coup grandit et il arrivera à cette fin heureuse ou pas ou en tout cas logique (=réintégration)

Pax suit le même parcours initiatique. Il se retrouve seul après que son humain l’ai abandonné dans la forêt (=séparation). il se sent seul et démuni, il a faim, soif (=réclusion). Puis il fait la rencontre de plusieurs animaux de son espèce et surtout Gris (=ancêtre), qui va en quelque sorte lui apprendre la survie. Pax suit Gris dans sa recherche d’un endroit meilleur pour sa famille et il va apprendre beaucoup au côté de Gris. Et tout comme son humain, Peter, Pax arrivera à grandir, à mûrir et devenir un vrai renard sauvage, il retrouve sa liberté d’animal de la forêt (=réintégration) ;  et peut-être qu’un jour il retrouvera son Peter… peut-être…

Leur évolution est suivie en alternance d’un chapitre à l’autre, indiqué par une tête de renard ou une tête de garçon. Cette alternance rend le récit dynamique, et surtout elle rend le lecteur complètement addict, car on veut à tout prix connaître la suite de l’un ou de l’autre sans arrêt jusqu’à la fin du roman.

Petite modif après publication, j’ai oublié de citer l’illustrateur Jon Klassen illustrateur de nombreux albums pour la jeunesse et également l’auteur de l’album « Je veux mon chapeau (I want my hat back) ». Pour Pax, la couverture et les illustrations internes sont tout simplement complémentaire au texte et superbe !

En Bref :

J’ai adoré ce roman, il est bouleversant et époustouflant ! Non les mots ne sont pas si fort !!

C’est d’une telle poésie, une telle amitié c’est très beau.

Nuit blanche au musée de Danielle Thiéry

nuit-blanche-au-museeTitre : Nuit blanche au musée

Auteur : Danielle Thiéry

Éditeur : Syros

Collection : Souris noire

Genre : Jeunesse, policier

Nombre de pages : 128

Sorti le 19/05/2004

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Les parents de Lily et Lucas sont gardiens dans un musée. Ces derniers temps, il s’y passe des choses bizarres : des individus ont été aperçus rôdant dans les couloirs après les heures de visite, les alarmes anti-infraction se désactivent miraculeusement… Malgré les avertissements de Lucas, Lily ne résiste pas à aller enquêter sur place en pleine nuit. Les jumeaux sont bien loin de se douter du danger qui les guette, dans la salle égyptienne… « 

Mon avis :

Prix Gayant Lecture Catégorie 3 – 2006

L’histoire :

Lily et Lucas sont jumeaux et leurs parents sont concierges d’un musée. Ces derniers jours, il s’y passe des choses bizarres… et cela éveille la curiosité maladive de Lily. Elle décide contre l’avis de Lucas, de mener sa propre enquête. Mais Lily se rend vite compte qu’un grand danger rôde dans les couloirs du musée… et Lily est déterminée à démêler cette histoire, pourquoi y a t-il autant de monde qui circule librement dans ce musée en pleine nuit.

Les personnages :

Lily : est téméraire, fan de Lara Croft. Elle n’a peur de presque rien… et surtout elle a une curiosité dévorante. Les études l’intéressent peu et c’est surtout le sport qui la passionne.

Lucas : il aime étudier, il est curieux mais dans l’apprentissage. Le sport c’est pas son domaine. Malgré tout il assiste sa soeur dans ses bêtises, il ressent toujours le besoin de réparer les erreurs de sa soeur, en rouspétant mais il est toujours là pour elle.

La plume, le Scénario :

L’écriture de l’auteur est fluide et agréable. Ses personnages sont convaincants et il est facile de s’identifier à l’un ou à l’autre. C’est un récit certes jeunesse mais vraiment captivant !

Lily est intrépide mais elle ne mesure pas toujours dans quel pétrin elle se met. C’est ce qui la rend si sympa ! Lucas lui c’est la tête pensante, le garçon gentil qui ne fait pas de bêtise ou en tout cas n’aime pas en faire. Il suit sa soeur pour la protéger et pour l’aider.

L’énigme du Musée était passionnante. J’ai suivi Lily avec appréhension mais aussi amusement.

Malgré le danger réel, les jumeaux sont soudés et luttent l’un pour l’autre.

En Bref :

Un super roman policier jeunesse !