Contes Nippons au coin du feu

Titre : Contes Nippons au coin du feu

Auteurs : Collectif => Audrey Calviac, Dola Rosselet, Maud Wlek, Vérène Dévanthéry, Célia Haro, Marine Stengel, Anthony Boulanger, Laurent Combaz Louise Roullier, Vanessa Terral, Nimu.

Éditeur : Hystérie

Format : Epub (247 pages)

Genre : Conte

Fiche Bibliomania

Résumé :

« Onze histoires nippones à lire au coin du feu. Attention, la porte des rêves et des cauchemars est ouverte.

– Le pays des Yokaï, Audrey Calviac
– De soie et de fourrure, Dola Rosselet
– Le Yurei, Maud Wlek
– Huit pattes, sept queues, Vérène Dévanthéry
– SokuShinbutsu, Célia Haro
– Tetsuya,Marine Stengel
– L’Empereur solitaire et le cadeau du Corbeau Rouge, Anthony Boulanger
– So leng et Le Pouvoir venu du levant, Laurent Combaz
– Les trois coups du spectre, Louise Roullier
– Hahanaru Shizen, Nimu, maitre du feu de camp à L’Académie de Minuit
– L’héritage de Susanoo, Vanessa Terral, invitée

L’anthologie officielle du Salon Japan Impact 2017 »

Mon avis :

Je remercie Livraddict et les éditions Hystérie pour cette découverte !!

Je lis pas mal de manga, je regarde pas mal d’animés et j’avoue que ce recueil de contes m’a tout de suite attiré 🙂

Et je ne suis  vraiment pas déçue 🙂

Le collectif d’auteur nous fait voyager au travers des mythes, légendes, croyances, superstitions japonaises et ce fut une lecture passionnante.

Certaines de ces nouvelles m’ont laissé sur ma faim, j’aurai aimé qu’elles continuent comme « le pays des Yokaï » d’Audrey Calviac et « De soie et de Fourrure » de Dola Rosselet. On se retrouve pris dans le jeu d’écriture de ces deux auteures et on a plus envie de les quitter. Elles ont su doser tension et rebondissements avec beaucoup de finesse.

La nouvelle la plus frustrante c’est bien « So Leng et le pouvoir venu du levant » de Laurent Combaz, je veux la suite en livre 😀 !!!

La dernière nouvelle « L’héritage de Susanoo » est ma préférée ! Car j’aime le fait que des humains soient choisis pour protéger le monde, des Ténèbres et surtout quand le plus insignifiant des personnages est le plus puissant au final 🙂

L’histoire de « Tetsuya » est effrayante, ce Yokaï est vraiment mauvais … et quelle émotion dans « Le Yureï », toute cette tension qu’on ne comprend pas comme le personnage,  Maude Vlek a une écriture vraiment efficace 🙂

La nouvelle « L’empereur solitaire et le corbeau rouge » d’Anthony Boulanger est la plus surprenante, car on vient de lire des nouvelles avec des esprits mauvais, qui tuent des gens et là on s’attend à de mauvaises choses et non cette histoire est très belle et en plus si on veut on peut approfondir les mythes qui y sont distiller 😉

« Haha Naru Shizen » est finalement un conte d’aventure au coeur des légendes, un récit passionnant.

La nouvelle « Sokushinbutsu » de Célia Haro est un peu glaçante et très sombre, d’autant plus qu’on n’arrive pas trop à savoir le pourquoi du comment.

« Les trois coups du spectre » de Louise Roullier est peut-être la nouvelle qui m’a le moins stimulée car je ne suis pas très au fait du jeu de go par conséquent certaine partie du récit m’ont paru un peu long…

« Huit pattes et sept queues » de Vérène Dévanthéry y décrit parfaitement le sadisme, le jeu, le mauvais côté des esprits toujours prêt à torturer, à jouer avec les pauvres petits humains… et sans scrupules bien sûr !

Un recueil passionnant ! MERCI MERCI !

En Bref :

Je remercie une nouvelle fois Livraddict et les Éditions Hystérie pour m’avoir accordé cette très belle découverte, qui donne envie de continuer des recherches sur les contes et légendes japonaises.

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MASQUES de Caroline Giraud

Titre : Masques

Auteure : Caroline Giraud

Editeur : Autoédité

Genre : Fantastique, Aventure

Nombre de pages : 271

Sorti le 15/04/2017

Fiche Bibliomania

 

Résumé auteure :

« Pascal est un Érudit. Calculer, c’est là toute sa vie : la distance entre les planètes, l’heure exacte à laquelle il doit partir du bureau pour aller chercher son fils à l’école. Sophie est une Noble. Qu’elle ait pu souhaiter travailler, écrire ou faire du sport n’a aucune importance. Cela ne lui est pas nécessaire : le bras de son époux, le roi, suffit à remplir sa haute existence. Scarlett est une Bohémienne. Du lever du soleil à la tombée de la nuit, le son de sa guitare piste les passants. Les trottoirs la connaissent, assise sur le chemin de tous et de chacun. Elle est la fille de la meilleure, la plus belle, la plus chère des prostituées de Paris. Son destin résonne dans sa voix : elle ne sera jamais rien d’autre que la fille de la prostituée. 

Eric Shimmer. L’un des Hackers. Ils se tiennent silencieusement à l’extérieur de la ville, une arme à la main, car ils n’ont pas le droit d’entrer. Ils aiment la guerre et le sang , on les croit fous… mais peut-être attendent-ils bien plus de leur combat. Ils veulent la liberté. »

 

Mon avis :

Tout d’abord MERCIIII à l’auteure #Caroline Giraud de m’avoir proposé son roman si gentiment 🙂

L’histoire :

Pascal, l’Érudit est agacé de trouver sur son chemin tous les jours, Scarlett la bohémienne. Ce son de guitare affreux, cette voix discordante … mais paradoxalement, quand il ne la voit pas, il la cherche, il ressent un manque …

Le monde ne tourne plus très rond, les masques ont disparu…

Les Hackers cherchent à tout prix les masques qui tiennent la société en ordre. Ils veulent le désordre, ils veulent ces masques que le Sphinx a caché.

Le Sphinx a tout oublié de l’endroit où elle a caché les masques, mais elle a laissé des énigmes que seul un Érudit peu résoudre.

Pascal est le meilleur des Érudits, les Hackers le veulent, le cherchent et pour ça rien ne les arrête.

Sophie la Noble, Pascal l’Érudit et Scarlett la Bohémienne, des êtres qui n’auraient jamais dû se fréquenter, ni même se parler, vont être obligés de cohabiter, de travailler ensembles pour retrouver les masques et redonner du sens au monde. Ils vont devoir affronter les Hackers sans pitié, tortionnaires prêts à tout pour retrouver les masques avant notre drôle de groupe.

Les personnages :

Pascal est un Érudit quarantenaire, qui ne vit que pour les chiffres, l’argent et la connaissance. Il méprise presque tout le reste. Il est rebuté par les bohémiennes, pourtant Scarlett retient son attention et il ne comprend pas bien pourquoi… Tout d’abord tenté d’abandonner cette quête, il n’arrive pas à renoncer, c’est plus fort que lui.

Sophie est une Noble, sa vie n’est qu’une source d’ennui, de frivolité entre surveiller le dernier de ses fils, apaiser les humeurs belliqueuses du son premier fils et son époux couard, plongé dans l’immobilisme et l’ignorance. Mais elle se révélera être une très bonne médiatrice, et fera preuve d’une courageuse détermination quand il le faudra.

Scarlett, c’est une jeune femme tout feu tout flamme, appartenant à la caste des bohémienne. Au caractère bien trempé, très impatiente, et surtout dédaignant les Éliteux et les Noblard. Sa logique tout à elle, les sortira très souvent du pétrin.

Shimmer : c’est un Hacker épris de liberté. Ne supportant plus d’être mis au ban de la société mais désirant ardemment le pouvoir. Cette envie irrépressible de pouvoir va le conduire a une extrême sauvagerie, une barbarie. Adepte de coups et blessures, de torture et bien pire encore pour arriver à ses fins. il ne cessera de poursuivre le petit groupe de Pascal leur infligeant maintes souffrances mais sans jamais réussir à les séparer.

La plume, le scénario :

Avec « Masques », nous sommes dans un roman  mêlant créature mystérieuse, Royauté, hiérarchie de caste et téléphone portable !

J’ai commencé ce roman dès que je l’ai reçu et je ne l’ai plus lâché que pour aller dormir et travailler 😦 à ma grande impatience .

J’ai aimé ce blocage du monde sur des castes qui ne s’aiment pas, car différent les uns des autres et pour le coup engendrant méfiance, peur irrationnelle et bien d’autres clivages. Ce monde voué à ne pas évoluer, ou tout du moins favorisant certaines classes tout en acceptant aucun mélange, aucune fréquentation de quelque nature que ce soit… Bon évidemment, ça m’a fait penser à notre société qui a encore du mal à dépasser certaines mœurs, certaines idées moyenâgeuses. Et oui les habitudes ont la dent dure. L’auteure bien sûr a accentué ces traits de différences, cette animosité face à l’autre quoique parfois ce n’est pas si accentué…

Chaque chapitre est consacré au point de vue d’un personnage sur l’avancée de leur aventure. Ce qui rend le récit dynamique, rapide. Et surtout chaque personnage a son côté positif et son côté obscur. Les masques avaient cette faculté de cacher certaines vérités, en tout cas de les rendre invisible… d’empêcher le destin de se réaliser, d’anéantir toute tentative de rébellion en maintenant appuyer sur les traits de caractères obscurs.

Chacun des protagonistes veut retrouver les masques pour une raison. Le moyen d’y arriver est très discutable concernant les Hackers…

L’important dans ce récit c’est qu’il démontre qu’on ne peut pas faire grand chose tout seul. C’est toujours mieux de conjuguer les talents et d’avancer ensemble, dépasser les clivages, et apprendre à se connaître, à s’apprécier mais aussi à se comprendre. Il est parfois nécessaire de comprendre pourquoi les personnes agissent d’une façon qui nous déplaît, qu’est ce qui les à pousser à choisir tel camp et pas un autre ?

J’ai ressenti cette lecture de cette façon, un récit ou plutôt une ode à la fraternité, à l’entraide. Un récit pour aller vers l’autre si différent mais qui finalement nous ressemble un peu…

Bon il y a ce côté se concentrant sur les castes, mais aussi cette folle aventure au travers de Paris. Nos héros traversent un Paris qui n’est pas tout à fait le nôtre. Le Sphinx a laissé des énigmes pour retrouver les masques, et c’est au travers des solutions que l’auteure nous fait visiter son Paris. J’ai donc été chercher toutes ces références aux statues et au jardin des plantes, à la forêt de Fontainebleau et l’histoire du quartier du marais de Paris. Toutes ces petites recherches se sont révélées passionnantes !!! Merci beaucoup Caroline Giraud 🙂

Ce roman fut un réel plaisir de lire, partagée entre l’enthousiasme de Scarlett, la passion retenue de l’Érudit, la barbarie du Hacker et le merveilleux entretenu par le Sphinx 🙂

En Bref :

Un roman passionnant et instructif !! Oui oui j’ai découvert des choses sur Paris que je ne connaissais pas.

Avec ce récit, j’ai pu voyager jusqu’à Paris et vivre une aventure captivante !!

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Shikanoko, Livres 1: l’enfant du Cerf de Lian Hearn

Titre : Shikanoko

Livre 1 : L’enfant du Cerf

Auteur : Lian Hearn

Traducteur : Philippe Giraudon

Editeur : Gallimard

Genre : Jeunesse, Fantasy

Nombre de pages : 336

Sorti le 3 janvier 2017

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Aux sources du Clan des Otori… Une épopée fantastique dans un Japon médiéval fascinant.

Laissé pour mort dans la montagne, le jeune Shikanoko trouve refuge chez un sorcier qui lui fabrique un masque aux immenses pouvoirs magiques. Il devient «l’Enfant du Cerf». Il parlera aux fantômes et aux esprits protecteurs, il apprendra des hommes et des femmes les plus puissants, il connaîtra le raffinement, l’amour et les sentiments les plus purs, mais aussi la bestialité, la cruauté et les machinations politiques… »

Mon avis :

L’histoire :

Le jeune Kazumaru est la proie de son oncle qui cherche à obtenir le pouvoir sur le domaine de Kumayama et la seule façon d’y parvenir c’est de tuer l’héritier. Lors d’une pseudo chasse où Kazumaru devait mourir accidentellement, un cerf s’interpose et sauve Kazumaru, mais son oncle le laisse pour mort dans la forêt. Le jeune trouve refuge chez un sorcier qui le soigne et lui fabrique avec de la sorcellerie un masque très particulier, il va devenir « L’enfant du cerf » = Shikanoko. Ce masque lui confère des pouvoirs de plus en plus fort mais aussi de plus en plus sombre. Il va se retrouver au milieu d’une guerre de clan et il n’aura d’autre choix que de se plier pour apprendre à apprivoiser son masque …

Les personnages :

Shikanoko : Un jeune homme lucide, qui sait faire face à la mort, de nombreuses fois mais apparemment elle n’est pas prête à l’emmener. Il va connaitre l’exil, la réclusion puis il fera face à ses peurs et s’opposera à ce masque qui le transforme en monstre ! Il va défier les grands de ce monde pour accomplir sa propre destinée.

Sesshin : c’est un vieux sage qui accompagne le seigneur Kiyoyori. Shikanoko va être amené à l’aider à survivre. Ce qui lui offre en retour nous est encore mystérieux.

Shizoku : C’est le sorcier d la montagne, celui qui a recueilli Shikanoko pour faire de lui l’enfant du cerf.

Dame Tora : on ne sait pas beaucoup de chose sur elle, juste qu’elle est au bandit de la montagne mais il semblerait qu’elle soit aussi une sorcière de mèche avec Shizoku… elle séduit les hommes pour obtenir quelque chose dont on ne connaît encore pas l’objectif final.

Aki : la princesse de l’automne est là pour protéger le jeune empereur, le cacher. Son chemin va hélas croiser celui de Shikanoko dans un mauvais moment mais elle va lui permettre de se libérer de son masque.

La Plume, le Scénario :

C’est un récit agréable romantico-médiavéval sur fond d’orient bien sûr.

L’auteure nous plonge dans un monde oriental, avec des traditions différentes des nôtres, des valeurs autres. Et elle y ajoute une pointe de sorcellerie, et de vieilles croyances.

Le pouvoir est présent de bout en bout du récit. Tout est question de pouvoir. Le masque veut prendre pouvoir de Shikanoko et le rendre bestial. Les seigneurs de chaque clan s’agitent pour savoir qui va prendre le pouvoir car l’empereur se meurt et son héritier , un jeune prince, est une cible quasi morte et le second héritier un tout jeune enfant va devoir affronter la vie extérieure s’il veut survivre. Chaque grand seigneur cherche une alliance avec d’autres pour retourner la situation et prendre de force le pouvoir.

Les femmes ont un rôle tout à fait secondaire, mais elles sont déterminantes dans les évènements. Elles sont des accélérateurs... mais elles sont victimes aussi et doivent comploter sous couvert pour regagner le pouvoir.

Chaque femme va aider un homme ou faire périr un homme… mais à chaque fois elles se retrouvent dans une situation malsaine et font avancer le récit dans un sens ou dans l’autre.

Je n’ai pas lu du tout le clan des Otori et bien maintenant ce roman m’a donné envie de m’y intéresser de près.

En Bref :

Une épopée qui commence dans le tumulte et le sang ! Ce récit promet des tomes palpitants pour la suite !!

L’étrange Bibliothèque de Haruki Murakami

Titre : L’étrange bibliothèque

Auteur : Haruki Murakami

Traducteur : Hélène Moria

Illustrateur : Kat Menschlik

Éditeur : Belfond

Genre : Fantastique

Nombre de pages : 62

Sorti le 4 novembre 2015

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Je m’assis sur le lit, m’enfouis le visage dans les mains. Pourquoi devais-je subir une telle épreuve ? Alors que j’étais simplement venu à la bibliothèque emprunter des livres !

 » Dites-moi, M. l’homme-mouton, fis-je. Pour quelle raison le vieil homme veut-il m’aspirer le cerveau ?

– Eh bien, lorsque le cerveau est bourré de savoir, il est particulièrement délicieux. Nutritif et consistant. Bien crémeux, riche en pulpe. «  »

Mon avis :

L’histoire :

Un jeune garçon se rend à la bibliothèque pour rendre les livres qu’il a emprunté. Il aimerait en consulter d’autres et la responsable l’envoi vers un endroit étrange, une sorte de salle d’archiviste au sous-sol. La personne qu’il rencontre ensuite n’est pas agréable, elle respire la fourberie, et tient avec beaucoup de persuasion à apporter des livres qui traitent de sujets pointus à ce jeune garçon.

Mais il y a une condition, le jeune enfant doit les lire sur place et dans un endroit encore plus sombre et humide que le sous-sol.. dans un endroit très très profond  de la bibliothèque.

Malgré son inquiétude, le jeune le suit, surtout par politesse mais il ressent déjà de la peur. Il n’aurait sûrement pas dû suivre ce vieil homme étrange…

Les personnages :

Le jeune garçon : De part son éducation, il est très respectueux des règles établies et surtout du règlement de la bibliothèque.  On sent également qu’il mourrait d’envie de sortir de la bibliothèque en prenant ces jambes à son cou, mais par politesse, il accepte la proposition du vieil archiviste.

Le vieil homme : C’est une personne étrange, qui détecte les gros lecteurs, ceux avide de connaissances pour les prendre et les gaver un peu plus encore de connaissance… et les retenir dans un but inavouable… Il est de suite très antipathique et assez repoussant, il sent le mensonge à plein nez.

Quelques autres personnages importants pour le déroulement du récit font leur apparition mais je ne souhaite pas les citer pour éviter de spolier.

La Plume et le Scénario :

C’est une étrange histoire, sombre et inquiétante.

L’utilisation du « JE » par l’auteur, nous plonge dans cette histoire directement. On sent venir l’irréversible, on voudrait reculer, on est ce jeune garçon et l’auteur a ce pouvoir de nous mettre dans la peau de son personnage.

Certes, on peut se dire, rhooo ! il est niais celui-là, il a senti tout de suite que le vieux était louche, bizarre mais par politesse déplacée, il saute à pied joint dans la gueule du loup. Et encore avec ça, au lieu de penser à sa vie, il pense à sa mère qui va le rouspéter car il a perdu ses chaussures.

L’ambiance est noire comme dans les couloirs des archives, comme dans une cave humide ou les oubliettes d’un château. Plus on avance dans le récit plus c’est oppressant. On en vient à abandonner, oui nous lecteurs, on croit savoir que tout est finit… l’auteur à ce pouvoir là !

Mais l’auteur n’en a pas terminé avec son personnage et son lecteur, il nous torture encore et encore !

En Bref :

Je n’ai pas particulièrement apprécié cette histoire, cette lecture; je ne l’ai pas détesté non plus. L’auteur est très doué pour prendre au piège le lecteur. Mais il reste une étrange sensation après la lecture de ce récit malgré ces quelques 60 pages magnifiquement illustré, complètement dans le ton de l’auteur, irréaliste, sombre et inquiétant. On a vraiment l’impression d’avoir été trempé dans l’histoire noire de cette bibliothèque et d’être tâché…

La Bibliothèque, T1 : Grandir de Pauline Deysson

Titre : La Bibliothèque

Tome 1 : Grandir

Auteure : Pauline Deysson

Genre : Science Fiction, Philosophie

Éditeur : Auto édité

Sorti le 30 juillet 2016

Fiche Bibliomania

 

4ème de couverture :

Imaginez un monde où ni la pauvreté, ni la guerre, ni les livres n’existeraient plus. Le technomonde.

Imaginez un lieu hors du temps, qui abriterait tous les rêves de l’humanité. La Bibliothèque.

Imaginez que ces deux univers se rencontrent.

A 10 ans, Émilie est choisie pour devenir la nouvelle Bibliothécaire.

Elle a le pouvoir d’entrer dans les rêves, et de les vivre comme s’ils étaient réels.

Son premier livre la conduira sur une voie semée d’embûches, de magie et de doutes. L’accompagnerez-vous?

Mon avis :

Je remercie Livraddict pour ce partenariat ainsi que l’auteure Pauline Deysson.

l’histoire :

C’est l’histoire d’Émilie, une jeune fille de 16 ans qui est habitante du techno-monde. Chaque être vivant est heureux, comblé par un Revery. Cette machine est connectée à vous et détecte vos besoins et vos désirs pour ensuite les combler. Arrive enfin pour Émilie, l’étape finale, le test pour gagner son autonomie et surtout son propre Revery. A la suite de ce test  qui s’assure que votre éducation, votre embrigadement a bien fonctionné, Émilie va bientôt posséder son Revery… Est ce vraiment ce qu’elle veut ?

Les personnages :

Émilie c’est une jeune fille qui se sent décalée de ses camarades et rajuste souvent le tir pour ne pas être trop différente. Elle aime la liberté plus que tout, les découvertes. Elle est volontaire, intuitive, très déductive et surtout déterminée à aider les autres.

Antonie : c’est l’ancienne qui s’occupe de la Bibliothèque sur un autre plan de dimension. Elle approche peut-être de son temps et cherche un ou une remplaçante. Mais le travail de l’auteur(e) qu’elle va trouver, va être ardu, il faudra lutter contre le techno-monde…

Emilie va rencontrer de multiple personnes prêtes à l’aider partout où elle ira. Les débuts sont laborieux car ses compagnons vont devoir lui faire confiance, mais après ils formeront presque une famille.

La plume, le scénario :

La 4ème de couverture m’a intriguée, une lutte entre Bibliothèque et Techno-monde !

Tout d’abord, le style de l’auteur est très philosophiquetrès littéraire, très bien écrit, trop bien… j’ai eu l’impression que c’était très scolaire, pas au sens simple, non au sens où rien ne dépasse. Tout est très respecté. Une syntaxe grammaticale parfaite, des phrases parfaites. Et cette perfection m’a entravé… j’ai eu du mal à entrer dans le récit.

Après c’est cet imbriquement de réalités qui m’a un peu perturbé… Je m’explique : une fois qu’Émilie se trouve dans un livre/monde ont a tendance à partir avec elle et hop on se réveille brutalement comme elle dans la bibliothèque. J’ai éprouvé comme elle d’ailleurs de la déception à chaque fois qu’elle revenait à la bibliothèque. De plus il faut se ressaisir et se remémorer dans qu’elle monde Émilie se trouve…

J’ai également trouvé certains passages trop long, mais certainement nécessaire à la pose du l’histoire.

Dernier bémol, la lutte entre le Techno-monde et les LIVRES papier ou la Bibliothèque était un peu énervante, je m’explique : C’est typique d’une bibliothécaire de rejeter le numérique alors qu’on devrait s’allier et non essayer d’étouffer l’autre pour la suprématie de l’un. En entre dans un monde où le numérique est en pleine expansion et justement c’est le moment pour les Bibliothèques, qui perdent des adhérents, de changer… mais ça c’est évidemment un autre débat. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de faire une corrélation avec notre société. Je suis moi-même adepte du livre papier pour plein de raisons, mais je suis en pleine réflexion sur ce qu’apporte le numérique de positif à la Bibliothèque, sans pour autant éliminer complètement le papier… surtout pas !

Avec du recul, les aventures d’Émilie dans son livre, enfin le livre d’Antonie, sont captivantes. Chaque tableau correspondant à une strophe à décrypter, à un monde merveilleux. Émilie rencontre des êtres fascinants et étonnants. Toutes ces épreuves pour visiter le monde dans son entier, tout découvrir et rien. Le passé, le présent, le futur. Une vision intéressante.

Émilie s’adapte étonnamment bien, à cet univers complètement renversant. Elle comprend vite le rôle qu’elle devra tenir dans cette bibliothèque. Nourrir ces âmes, sauver tous les rêves, les enrichir pour maintenir la liberté, le libre arbitre, face au techno-monde où tout est pré-mâché, pré-établit où l’on vous guide pour mieux vous manipuler. Point de vue intéressant mais discutable.

En Bref :

Je suis finalement passé à côté, cet univers est passionnant mais pour moi l’écriture très littéraire de l’auteur l’a empêcher de s’épanouir largement.

Je remercie encore une fois l’auteure Pauline Deysson pour m’avoir fait découvrir son univers et pour sa charmante attention 😉

Merci à Livraddict également pour cette confiance 🙂

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RougeSang de Melvin Burgess

rouge-sangt1Titre : Rouge Sang

Auteur : Melvin Burgess

Traducteur : philippe Loubat-Delranc

Éditeur : Gallimard

Genre : Sciences-Fiction

Nombre de pages : 383

Fiche bibliomania

 

4ème de couverture :

« AMOUR, HAINE, POUVOIR, VIOLENCE… Londres au XXIIe siècle. La ville est en ruines. Le pays à feu et à sang. Deux gangs se livrent une guerre sans merci. Val Volson veut régner en maître, Conor est son pire ennemi. Las des combats et des destructions, désireux de faire alliance, Val donne sa fille de quatorze ans, Signy, en mariage à Conor. Mais est-il possible de faire la paix avec un tel homme ? Signy peut-elle faire confiance à un être qui confond amour et haine ? Rebelle, passionnée, elle va tenter de séduire ce tyran sanguinaire pour déjouer le piège mortel qui se referme sur elle et sa famille… Inspiré d’une ancienne saga islandaise, ce roman passionné, violent, souvent brutal et cruel s’adresse à des lecteurs avertis. RougeSang nous plonge dans un univers fantastique, futuriste et apocalyptique. « 

Mon avis :

L’histoire :

Londres du XXIIème siècle, une guerre dure depuis une éternité et épuise de part et d’autre les conquérants. Val Volson souhaite arrêter cette guerre et propose sa fille de 14 ans, Signy, en mariage à son ennemi juré Conor. Il accepte, Signy est révoltée contre la décision de son père mais pour le bien de son clan, elle abdique et n’aura de cesse d’agir pour la victoire de son camp. A travers la fureur, la trahison,  la haine, la folie, Signy devra faire face seule au désastre causé par l’homme auquel elle est mariée, mais elle se surprend à éprouver quelque chose pour cet être immonde… Dans un monde où les humains ne sont plus très nombreux à cause de la manipulation génétique et le mélange de technologie. Ce qu’il reste de ce monde est triste mais ces hommes se battent pour le conquérir et le sauvegarder mais à bien y regarder, est-ce vraiment pour le sauvegarder ??

Personnages :

Signy : Elle a quatorze ans et son père l’offre en cadeau de trêve au pire ennemi de son peuple. Elle est sauvage, déterminée mais reste soumise aux décisions de son père car elle a confiance en lui et en sa foi d’un monde meilleur. Elle a un frère jumeau Siggy avec lequel elle partage presque tout. Leur séparation est un déchirement pour l’un comme pour l’autre. Elle perçoit de suite qu’elle ne peut pas faire confiance à son futur époux pourtant elle se laisse séduire, c’est un homme si dur qui cache une grande faiblesse et Signy va profiter au maximum de cette faille.

Siggy : il est le frère jumeau de Signy. Leur relation est fusionnelle, en tout cas avant son mariage… Les dieux ont peut-être une mission pour lui mais avant d’en connaître les détails, il va subir les pires atrocités qui pourraient rendre un homme complètement dingue. Il est désabusé, il ne croit plus en rien. L’action de son père l’horrifie, donner sa soeur à un fou sanguinaire ! Il essaie de rallier ses frères à sa cause mais il va vite se rendre à l’évidence qu’il ne peut rien contre ce qu’a décidé son père, le grand Val Volson. Val sait que Siggy est spécial car Odin l’a choisi mais pourquoi, Siggy va devoir le découvrir et vite.

Conor : c’est l’ennemi numéro un de la famille Volson. Il apparaît comme un grand gars, costaud mais surtout impitoyable. Il se déplace avec sa horde. Il semble avoir eu une enfance assez traumatisante avec son père. Mais quand il est avec Signy, il est doux comme un agneau, elle fait ressortir de lui cette part d’homme qu’il voudrait enfouir très profond en lui. Sa folie est incontrôlable, juste manipulable et ça Signy l’a bien saisi.

La Plume, le Scénario :

Il est bien indiqué sur la 4ème de couverture que ce roman est à lire à partir de 15 ans. Je trouve même qu’il aurait été judicieux de rajouter pour public averti. Tant la violence, la cruauté est insupportable. L’injustice, la folie, la misère, la haine : tous ces sentiments sont exacerbés dans ce roman. Tout bouscule, révulse.

Je crois que je me suis sentie agressée par autant de noirceur et d’agressivité.

Signy est forte, déterminée. Son esprit menace souvent de lâcher, jusqu’à un point de non-retour où la folie prend le pas sur tout le reste mais la victoire de son camp reste à l’orée de son esprit et la maintient doucement, brutalement oui oui paradoxalement. Elle va faire des choix monstrueux, pour sauver son camp ou ce qu’il en reste.

Cette image post apocalyptique de Londres en pleine débâcle, en ruine, déchirée par des années de guerres, par la folie des hommes de régner plus qu’un autre est horrible, fait peur…

On se rend compte que Londres est central, dans sa périphérie c’est le territoire des Mi-Hommes (des hommes génétiquement modifié, mélangés avec de l’ADN animal) et encore plus loin c’est le monde des hommes machine où la technologie est encore présente. Les Humains du récit exècrent les Mi-Hommes car ils les trouvent sanguinaires et dépourvus de bonté d’âme… Plusieurs fois dans le roman on s’aperçoit que l’homme a peur de ce qui est différent et malheureusement ce qui est différent doit être éliminé…dans l’esprit, de ces hommes, taillé, modelé par la guerre.

J’avoue que le début m’a paru long. Val destinant Signy, sa fille de 14 ans à son ennemi, un homme adulte… déjà là c’est un peu limite mais on se trouve dans un récit post apocalyptique où nos valeurs et mœurs n’ont plus cours. Ensuite vient l’acceptation par Signy, puis le récit devient plus consistant, plus intéressant. On commence à comprendre les personnages, à vivre leurs péripéties s’ensuivent plusieurs rebondissements, le récit est dynamique puis il finit par s’essouffler un peu… Et alors la fin, toute cette violence, tout cet acharnement à faire vivre aux personnages des horreurs pour terminer le tome 1 de cette façon ! Et ben là je suis perdue et du coup je me suis carrément dit : « mais pourquoi ? dans quel but ? » et je n’ai pas trouvé de réponse…

En Bref :

Un début difficile et long pour continuer avec un récit entraînant et sauvage avec une fin bizarre mais compréhensible, qui laisse toute possibilité au tome 2.

Ce roman m’a quand même laissé un goût amer, car supporter toute cette violence infligée à ces personnages pour finir de cette façon, je suis pas fan du tout … 😦

Bungô Stray Dogs T1 par Kafka Asagiri et Harukawa 35

bungo-stray-dogs-t1Titre : Bungô Stray Dogs

Auteurs : Kafka Asagiri et Harukawa 35

Éditeur : OTOTO

Genre : Manga, Seinen

Nombre de pages : 192

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Après avoir été expulsé de son centre d’accueil, Atsushi Nakajima se retrouve seul et à la rue… il rencontre alors un étrange jeune homme du nom d’Osamu Dazai. Ce dernier fait partie de l’Agence des Détectives armés, une troupe d’enquêteurs aux pouvoirs paranormaux, à la recherche d’un mystérieux tigre mangeur d’hommes. Atsushi semble avoir d’étroits liens avec ce tigre, et se retrouve enrôlé malgré lui parmi ces fameux Détectives sur l’initiative de Dazai. Action et batailles entre illustres écrivains à Yokohama !
Découvrez un titre qui redonne vie à de célèbres écrivains qui ont troqué leur plume contre des pouvoirs surnaturels. Bungô Stray Dogs mêle avec brio fantastique et littérature classique. »

Mon avis :

Je remercie Livraddict et les éditions OTOTO pour ce partenariat découverte !

L’histoire :

Tout commence par la lente fin d’Atsushi … il est sur le point de mourir de faim car orphelin on l’a mis dehors de l’institution qui le recueillait pour restriction budgétaire…

Il sauve la vie de Dazai malgré son état, et lui avoue être poursuivi par un monstre. Dazai, lui apprend faire partie d’une agence de détectives privés doté de pouvoirs paranormaux. Dazai est sur la piste du tigre et décide d’intégrer Atsushi à sa troupe… par bonté de coeur ? pour en faire un appât . peut-être ou peut-être pas … Ils doivent faire face à de dangereux rebels et Atsushi peut peut-être leur être utile.

Les personnages :

Atsushi est une petite chose chétive quand l’agence entre en contact avec lui. Il est sur le point de mourir de faim et il croit être poursuivi par un monstre, un tigre.

Dazai, c’est un personnage fantasque avec une fascination pour le suicide, pour toute sorte de manière de s’ôter la vie… Il est très fort en déduction et il a déjà ciblé Atsushi.

Kunikida c’est le rabat joie de service, toujours très sérieux, très pessimiste, très terre à terre ! Il n’éprouve aucune pitié pour l’Atsushi affamé…

Il y a d’autres personnage avec des personnalités bien différentes qui nous montre bien davantage sur les héros principaux.

La plume, le scénario :

L’intrigue de départ m’a séduite, une troupe d’enquêteur aux pouvoir paranormaux; ça ne pouvait qu’être bien !

Et bien oui l’histoire est intrigante. Le temps de découvrir les personnages un par un, puis de les intégrer dans l’histoire, de savoir où est leur place et le tour est joué. On est pris dans le récit, dans le graphisme et c’est partie pour une chouette aventure.

Le trait de l’artiste Harukawa 35 est sympa, il se marie bien avec le scénario et traduit parfaitement les sentiments des différents personnages. Un plaisir des yeux.

On arrive à la fin de ce manga avec l’envie de continuer et d’en savoir plus.

L’obsession pour le suicide de Dazai est un peu loufoque mais peu à peu on se dit que ça va prendre son sens.  C’est très drôle surtout quand on s’aperçoit que ces collègues ne s’inquiètent pas plus pour ça car apparemment c’est pas si grave car Dazai essaie et essaie depuis des lustres toutes sortes de manière d’en finir et il en réchappe à chaque fois !

Le sérieux et l’agacement de Kunikuda est amusant également car il semblerait que lui seul prenne la mission très au sérieux et que les autres s’amusent sans prendre conscience du danger… puis Akutagawa fait son entrée, membre de la mafia portuaire, il va rendre le récit soudain très sérieux et dangereux. Et il va donner toute son importance à l’utilité de l’Agence des Détectives Privés.

En Bref :

Encore une fois merci à Livraddict, aux Editions OTOTO et aux auteurs Kafka Asagiri et Harukawa 35

Pour le coup je suis vraiment tentée de continuer la série 🙂 et en plus ce titre fait partie du Challenge « Do You Speak Manga ? » de Nekotenshi

doyouspeakmanga