Moi, Cali, Faucheuse de Sophie Cole

Titre : Moi, Cali, Faucheuse

Auteur : Sophie Cole

Éditeur : Nouvelles Plumes

Genre : Jeunesse, Fantastique

Nombre de pages : 386

Fiche Bibliomania

 

 

4ème de couverture :

« Pour Cali, égoïste et insouciante jeune femme de 25 ans, il n’existe pas de plus grand plaisir que de se montrer odieuse, même avec ses proches. Aussi quand elle meurt, tuée net par un homme défenestré, elle se voit refuser le paradis. Son seul recourt pour ne pas finir en enfer : devenir un démon faucheur. Mais retirer la vie est une mission délicate, même accompagnée de deux séduisants démons. Cali n’imagine pas les défis qui l’attendent, d’autant que sa mort n’est pas du tout le fruit du hasard… »

Mon avis :

L’histoire :

Cali, est une jeune femme de 25 ans, odieuse avec quasiment tout le monde, même dernièrement avec sa meilleure amie… Quand la mort vient la faucher, on lui refuse l’accès au Paradis, mourir subitement ne lui a pas laissé le temps de se repentir et de rattraper tout le mal qu’elle a fait. Le bureau du Paradis lui propose une autre solution que l’Enfer et la recommande au bureau des Démons. Si Cali ne veut pas aller en Enfer, elle doit accepter de devenir un démon faucheur.

Cette mission est beaucoup plus délicate qu’elle n’y parait et le plongeon dans un monde radicalement différent et mystérieux la retourne complètement. Elle rencontre Dagon, qui se dévoue pour être son formateur, mais trop de mystère entoure sont séduisant mentor au point de faire perdre les pédales à Cali et de l’amener à fréquenter d’un peu trop près un autre formateur pas si regardant sur la moralité… Stan.

Dans tout ce marasme, Cali va devoir être forte et sourtout va devoir trouver des alliés étonnants…

Les personnages :

Cali : Une adolescence douloureuse et incompréhensible, a fait d’elle une jeune femme odieuse aimant blesser les gens autour d’elle. Elle croit que ça l’a fait se sentir mieux mais plus ça vient plus elle s’enfonce. Parce qu’on a voulu l’éloigner, ils (je ne peux pas dire qui …) ont fait d’elle un brouillard sombre. Quand elle devient un démon faucheur, elle se rend compte que prendre la vie de quelqu’un n’est pas aussi simple et surtout ça lui fait comprendre la valeur de la vie et de la famille.

Dagon : c’est a priori un démon faucheur, extrêmement séduisant, avec plusieurs siècles d’expérience; il devient le formateur de Cali. Mais son mystère trop épais autour de lui va éloigner Cali. Son comportement étrange, va même jusqu’à déstabiliser Cali au point de la pousser vers d’autres horizons beaucoup plus sombre.

Stan: un autre formateur, d’un tout autre genre, beaucoup plus froid, plus glacial même. Il tue ce qu’il veut pour le jeu, il casse l’enseignement de Dagon par jeu aussi. Il est cynique, imbu de lui-même, clairement narcissique et pourtant Cali le suit et sombre pour mieux remonter et se rendre compte qu’un destin beaucoup plus grand l’attend.

La Plume, le Scénario :

Cali est l’exemple de l’anti-héroïne, stupidement méchante, odieuse qu’on déteste tout de suite. Elle ne fait pas les bons choix, elle est toujours écorchée vive. Réagit vivement…Bref ce n’est pas un personnage auréolé !

Mais elle devient un démon faucheur et son comportement change, elle voit la vie autrement. Elle commence à agir prudemment, avec réflexion. la formation de Dagon y est pour quelque chose, mais il y a plus que ça. Elle soulève le voile de sa vie et de sa mort et y découvre de sombres secrets dont elle n’a jamais eu conscience. Elle faisait partie d’une obscure machination, d’un combat millénaire entre deux camps frères et rivaux en même temps.

J’ai bien aimé le côté sombre de l’héroïne, ça change des personnages toujours blancs comme neige qui font le bien 😀

Mais finalement, j’ai trouvé qu’elle subissait les évènements et qu’elle n’avait pas vraiment de prise sur tout ce qui lui arrivait… en même temps elle n’était au courant de rien. Mais elle n’était pas tellement autonome finalement… Elle a subi ses deux formations même si elle n’était pas vraiment d’accord avec certains aspects de ce que lui enseignaient ces deux mentors…

Et ce triangle amoureux, NON NON c’est pénible des personnages qui ne savent vers quel amour se tourner, ça m’agace…

En Bref :

Un roman sympa à lire, d’ailleurs il se lit vite mais je suis restée mitigée sur le personnage de Cali.

Un bon point pour le côté anti-héroïne et un bémol pour un comportement assez subit…

 

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Mon été avec Lucifer d’Édith Couture Saint-André

Titre : Mon été avec Lucifer (T1)

Auteur : Édith Couture Saint-André

Éditeur : Autoédité

Genre : Coutemporain

Format : Epub

Nombre de pages : 236(PDF)

Résumé de l’auteur :

« Il y a trois types de journées : celles où il ne se passe rien, au point où on se demande pourquoi on s’est donné la peine de sortir du lit ; celles qui sont encombrées de complications, dont le seul but est de vous empoisonner l’existence, et puis, il y a celles où un seul événement peut faire basculer votre vie.
Aujourd’hui est une journée du troisième type : spectaculaire, inattendue, aux répercussions déterminantes pour moi, pour mes amis, pour mes ennemis.
Surtout pour mes ennemis.

Lucifer, le saviez-vous ? est une flamboyante rouquine, belle comme une madone botticellienne et gaulée comme une danseuse du Crazy Horse.

Aujourd’hui, juchée sur des stilettos vertigineux et moulée dans les cuirs noirs d’un ensemble pantalon-bustier, cette madone sulfureuse me promet la jeunesse éternelle. Que feriez-vous à ma place ? Ce récit, drôle, enlevé et pétillant, est l’histoire de Mathilde, une Québécoise baby-boomer de 60 ans à qui la science et la médecine ont promis, comme à tous les baby-boomers, une santé indéfectible et la jeunesse éternelle, voire : l’immortalité.

De toute évidence, la promesse n’a été que partiellement tenue. Mathilde décide de s’adresser à quelqu’un qui a la réputation de tenir ses promesses : Lucifer. Alias Lucy Fériale. Lulu pour les intimes. Lucy est d’accord pour un pacte. Bien naturellement. Mais, en tant que femme d’affaires avisée, patronne d’une Business Unit, elle pose une condition : récupérer des âmes. Normal, c’est dans son job description.

Au début, Mathilde a des sursauts de conscience. Ça la chiffonne cette histoire de morts. Elle rechigne. Mais lorsqu’elle voit le résultat : passer de 60 à 45 ans en moins d’une semaine, avec son énergie toute requinquée, sa vitalité qui casse la baraque et une peau de pêche, elle en redemande, établit une liste, donne des noms à Lucifer. »

Mon avis :

Merci de nouveau à Chrissou Ebouquin de m’avoir proposé ce roman d‘Édith Couture Saint-André, merci à l’auteure également 🙂

L’histoire :

Mathilde a soixante ans et prend conscience avec ses amis que le temps passe très vite et surtout qu’il laisse des traces.

En accompagnant, son amie Sandy chez le chirurgien esthétique, Mathilde fait une rencontre étonnante : Lucy Fériale, une rousse pulpeuse et belle à se damner… c’est justement là le problème. Lucy n’est autre que Lucifer en personne… Et d’après Lucy, c’est Mathilde qui l’a appelé; Mathilde ne comprend, elle pense être la moins perturbée par ces marques du temps. Mais petit à petit, Lucy lui ouvre les yeux et lui propose de lui faire gagner 15 ans de jeunesse en échange de 3 noms. Mathilde hésite, n’y croit pas vraiment… Puis se laisse tenter et replonge dans ses années douloureuses et gâchées…

Les personnages :

Mathilde est une femme de 60 ans, responsable de sa galerie. Célibataire depuis un certain temps, elle a la vague impression qu’elle a perdu un certain nombre d’année à cause de choix malheureux dans sa vie personnelle. Elle s’aperçoit qu’elle se remet moins vite les lendemains de fêtes, elle n’est plus aussi dynamique qu’avant… la faute à qui ? et bien au temps qui passe et qui avilit le corps et l’esprit…Contrairement à sa copine Sandy, elle ne cède pas au bistouri, sa vie est passée et il serait peut-être temps de l’accepter.

Lucy Fériale : Lucifer, car il s’agit bien de lui, apparaît tantôt en femme rousse et superbe tantôt en homme distingué. Il aime se travestir. Il aime ce qui est clinquant ! Il est là pour Mathilde, pour lui redonner 15 années de sa vie, c’est sa mission et il avoue qu’il n’a jamais rencontré quelqu’un comme Mathilde, aussi curieuse sur les histoires de famille de Lucy, aussi détachée face à l’importance de son interlocuteur; il s’agace un peu du comportement qu’à Mathilde envers lui mais en même temps il apprécie… ou il manipule pour obtenir ce qu’il veut 😉

Sandy, la meilleure amie, semble avoir plus de mal à accepter les traces du temps sur son corps. Elle est pétillante, papillonne autour de jeunes hommes pour se redonner une pseudo-jeunesse. Elle décide qu’il est temps de contrecarrer le temps et subit une opération de chirurgie esthétique.

Philippe : C’est le meilleur ami de Mathilde (version homme), il a le même âge et traîne les mêmes galères de la vie. Il comprend Mathilde mieux que personne; il sait ce qu’elle aime, ce qu’elle déteste. Il est toujours là pour elle. Quand elle lui raconte sa rencontre avec Lucy Feriale, il n’en revient pas et décide de la croire et de la soutenir.

La Plume, le Scénario :

Chrissou Ebouquin m’avait prévenu que ce roman était « plein d’humour avec des histoires de femmes pour les femmes » 🙂

J’ai effectivement éprouvé le même sentiment 🙂 ce récit a beaucoup d’humour mais pas que … en effet, l’auteur aborde plusieurs sujets très sérieux et inéluctables : la femme de 60 ans, les effets du temps, le vieillissement… que serions-nous prêt à sacrifier afin de retrouver quelques années ?

Le sujet est fort mais servi très frais. L’auteur l’aborde avec humour et sérieux à la fois, elle nous montre que ce retour en arrière à un prix et ce prix est très élevé ! (au figuré comme au propre)

Chaque intervention de Lucy est un vrai plaisir, elle est drôle et cynique mais tout ce qu’elle dit sonne juste… Il ne faut pas oublier que c’est le Malin et la manipulation il connaît 😉

Les trois passages malheureux de Mathilde étaient intéressants car il me semble que dans sa vie une femme a dû rencontrer l’un ou l’autre avec plus ou moins de gravité et/ou de dégâts… ça fait prendre conscience que dans ces moments pénibles, on perd des années précieuses, certes ça renforce l’expérience mais… le temps passe et vite…

Mathilde a soixante ans et il s’est passé beaucoup de choses dans vie… peut-être un peu trop. Mathilde est à ce point naïve et idéaliste qu’elle subit trois hommes problématiques dans sa vie. Certes, elle fait du chemin dans la compréhension grâce à son expérience mais aussi grâce à sa psy.

Pour le coup, face à Lucifer elle tient bon, elle a peur, mais elle tente le tout pour le tout pour sauver ce qui lui reste.

En Bref :

Encore merci à Chrissou Ebouquin et à Édith Couture Saint-André pour cette jolie découverte.

Un roman agréable et frais qui traite d’un sujet indémodable, de notre rapport  au passage inéluctable du temps, de notre propension à gâcher notre vie, à gâcher de précieuses années avec des personnes toxiques. Le tout mené par des personnages adorables, attachants.

Un roman moderne et plein d’humour !

Contes Nippons au coin du feu

Titre : Contes Nippons au coin du feu

Auteurs : Collectif => Audrey Calviac, Dola Rosselet, Maud Wlek, Vérène Dévanthéry, Célia Haro, Marine Stengel, Anthony Boulanger, Laurent Combaz Louise Roullier, Vanessa Terral, Nimu.

Éditeur : Hystérie

Format : Epub (247 pages)

Genre : Conte

Fiche Bibliomania

Résumé :

« Onze histoires nippones à lire au coin du feu. Attention, la porte des rêves et des cauchemars est ouverte.

– Le pays des Yokaï, Audrey Calviac
– De soie et de fourrure, Dola Rosselet
– Le Yurei, Maud Wlek
– Huit pattes, sept queues, Vérène Dévanthéry
– SokuShinbutsu, Célia Haro
– Tetsuya,Marine Stengel
– L’Empereur solitaire et le cadeau du Corbeau Rouge, Anthony Boulanger
– So leng et Le Pouvoir venu du levant, Laurent Combaz
– Les trois coups du spectre, Louise Roullier
– Hahanaru Shizen, Nimu, maitre du feu de camp à L’Académie de Minuit
– L’héritage de Susanoo, Vanessa Terral, invitée

L’anthologie officielle du Salon Japan Impact 2017 »

Mon avis :

Je remercie Livraddict et les éditions Hystérie pour cette découverte !!

Je lis pas mal de manga, je regarde pas mal d’animés et j’avoue que ce recueil de contes m’a tout de suite attiré 🙂

Et je ne suis  vraiment pas déçue 🙂

Le collectif d’auteur nous fait voyager au travers des mythes, légendes, croyances, superstitions japonaises et ce fut une lecture passionnante.

Certaines de ces nouvelles m’ont laissé sur ma faim, j’aurai aimé qu’elles continuent comme « le pays des Yokaï » d’Audrey Calviac et « De soie et de Fourrure » de Dola Rosselet. On se retrouve pris dans le jeu d’écriture de ces deux auteures et on a plus envie de les quitter. Elles ont su doser tension et rebondissements avec beaucoup de finesse.

La nouvelle la plus frustrante c’est bien « So Leng et le pouvoir venu du levant » de Laurent Combaz, je veux la suite en livre 😀 !!!

La dernière nouvelle « L’héritage de Susanoo » est ma préférée ! Car j’aime le fait que des humains soient choisis pour protéger le monde, des Ténèbres et surtout quand le plus insignifiant des personnages est le plus puissant au final 🙂

L’histoire de « Tetsuya » est effrayante, ce Yokaï est vraiment mauvais … et quelle émotion dans « Le Yureï », toute cette tension qu’on ne comprend pas comme le personnage,  Maude Vlek a une écriture vraiment efficace 🙂

La nouvelle « L’empereur solitaire et le corbeau rouge » d’Anthony Boulanger est la plus surprenante, car on vient de lire des nouvelles avec des esprits mauvais, qui tuent des gens et là on s’attend à de mauvaises choses et non cette histoire est très belle et en plus si on veut on peut approfondir les mythes qui y sont distiller 😉

« Haha Naru Shizen » est finalement un conte d’aventure au coeur des légendes, un récit passionnant.

La nouvelle « Sokushinbutsu » de Célia Haro est un peu glaçante et très sombre, d’autant plus qu’on n’arrive pas trop à savoir le pourquoi du comment.

« Les trois coups du spectre » de Louise Roullier est peut-être la nouvelle qui m’a le moins stimulée car je ne suis pas très au fait du jeu de go par conséquent certaine partie du récit m’ont paru un peu long…

« Huit pattes et sept queues » de Vérène Dévanthéry y décrit parfaitement le sadisme, le jeu, le mauvais côté des esprits toujours prêt à torturer, à jouer avec les pauvres petits humains… et sans scrupules bien sûr !

Un recueil passionnant ! MERCI MERCI !

En Bref :

Je remercie une nouvelle fois Livraddict et les Éditions Hystérie pour m’avoir accordé cette très belle découverte, qui donne envie de continuer des recherches sur les contes et légendes japonaises.

Shikanoko, Livres 1: l’enfant du Cerf de Lian Hearn

Titre : Shikanoko

Livre 1 : L’enfant du Cerf

Auteur : Lian Hearn

Traducteur : Philippe Giraudon

Editeur : Gallimard

Genre : Jeunesse, Fantasy

Nombre de pages : 336

Sorti le 3 janvier 2017

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Aux sources du Clan des Otori… Une épopée fantastique dans un Japon médiéval fascinant.

Laissé pour mort dans la montagne, le jeune Shikanoko trouve refuge chez un sorcier qui lui fabrique un masque aux immenses pouvoirs magiques. Il devient «l’Enfant du Cerf». Il parlera aux fantômes et aux esprits protecteurs, il apprendra des hommes et des femmes les plus puissants, il connaîtra le raffinement, l’amour et les sentiments les plus purs, mais aussi la bestialité, la cruauté et les machinations politiques… »

Mon avis :

L’histoire :

Le jeune Kazumaru est la proie de son oncle qui cherche à obtenir le pouvoir sur le domaine de Kumayama et la seule façon d’y parvenir c’est de tuer l’héritier. Lors d’une pseudo chasse où Kazumaru devait mourir accidentellement, un cerf s’interpose et sauve Kazumaru, mais son oncle le laisse pour mort dans la forêt. Le jeune trouve refuge chez un sorcier qui le soigne et lui fabrique avec de la sorcellerie un masque très particulier, il va devenir « L’enfant du cerf » = Shikanoko. Ce masque lui confère des pouvoirs de plus en plus fort mais aussi de plus en plus sombre. Il va se retrouver au milieu d’une guerre de clan et il n’aura d’autre choix que de se plier pour apprendre à apprivoiser son masque …

Les personnages :

Shikanoko : Un jeune homme lucide, qui sait faire face à la mort, de nombreuses fois mais apparemment elle n’est pas prête à l’emmener. Il va connaitre l’exil, la réclusion puis il fera face à ses peurs et s’opposera à ce masque qui le transforme en monstre ! Il va défier les grands de ce monde pour accomplir sa propre destinée.

Sesshin : c’est un vieux sage qui accompagne le seigneur Kiyoyori. Shikanoko va être amené à l’aider à survivre. Ce qui lui offre en retour nous est encore mystérieux.

Shizoku : C’est le sorcier d la montagne, celui qui a recueilli Shikanoko pour faire de lui l’enfant du cerf.

Dame Tora : on ne sait pas beaucoup de chose sur elle, juste qu’elle est au bandit de la montagne mais il semblerait qu’elle soit aussi une sorcière de mèche avec Shizoku… elle séduit les hommes pour obtenir quelque chose dont on ne connaît encore pas l’objectif final.

Aki : la princesse de l’automne est là pour protéger le jeune empereur, le cacher. Son chemin va hélas croiser celui de Shikanoko dans un mauvais moment mais elle va lui permettre de se libérer de son masque.

La Plume, le Scénario :

C’est un récit agréable romantico-médiavéval sur fond d’orient bien sûr.

L’auteure nous plonge dans un monde oriental, avec des traditions différentes des nôtres, des valeurs autres. Et elle y ajoute une pointe de sorcellerie, et de vieilles croyances.

Le pouvoir est présent de bout en bout du récit. Tout est question de pouvoir. Le masque veut prendre pouvoir de Shikanoko et le rendre bestial. Les seigneurs de chaque clan s’agitent pour savoir qui va prendre le pouvoir car l’empereur se meurt et son héritier , un jeune prince, est une cible quasi morte et le second héritier un tout jeune enfant va devoir affronter la vie extérieure s’il veut survivre. Chaque grand seigneur cherche une alliance avec d’autres pour retourner la situation et prendre de force le pouvoir.

Les femmes ont un rôle tout à fait secondaire, mais elles sont déterminantes dans les évènements. Elles sont des accélérateurs... mais elles sont victimes aussi et doivent comploter sous couvert pour regagner le pouvoir.

Chaque femme va aider un homme ou faire périr un homme… mais à chaque fois elles se retrouvent dans une situation malsaine et font avancer le récit dans un sens ou dans l’autre.

Je n’ai pas lu du tout le clan des Otori et bien maintenant ce roman m’a donné envie de m’y intéresser de près.

En Bref :

Une épopée qui commence dans le tumulte et le sang ! Ce récit promet des tomes palpitants pour la suite !!

L’enfant et le maudit, T1: Siùl, a Rùn de Nagabe

Titre : L’enfant et le Maudit

Tome 1 : Siùl, a Rùn

Éditeur : Edition Komikku

Type : Shonen

Genre : Fantastique

Nombre de pages : 174

Sorti le 9 mars 2017

ISBN : 978-2-37287-197-6

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Il y a très longtemps, dans une contrée lointaine, existaient deux pays… « L’intérieur » où vivaient les humains, et « l’extérieur », où habitaient des créatures monstrueuses qu’il ne fallait surtout pas toucher, sous peine de subir la malédiction. Cette histoire commence le jour où se sont rencontrés deux êtres qui n’auraient jamais dû se croiser… Ils sont aussi différents que le jour et la nuit…
Et malgré tout ce qui les sépare, malgré les ténèbres qui les entourent, ils vont écrire petit à petit une fable tous les deux… « 

Mon avis :

L’histoire :

C’est l’histoire d’une petite fille blanche de peau comme de cheveux qui vit avec un grand monstre noir. Sheeva est humaine et elle a été recueillie par le Professeur une créature de l’extérieur. Seule condition pour que leur vie se déroule un peu près bien et c’est indiscutable, elle ne doit pas le toucher sous peine de subir la malédiction. Elle reste persuadée que le professeur la garde en attendant le retour de sa tante… qui devient de plus en plus improbable.

Les personnages :

Sheeva : Une petite fille raisonnable sur certaines règles mais beaucoup moins sur d’autres. Elle n’aime pas rester enfermée et échappe quelques fois à la vigilance du professeur. Elle est éprise de liberté et aimerait beaucoup rencontrer d’autres personnes. Même si elle sait que c’est dangereux. Elle croit au retour de sa tante avec beaucoup d’impatience.

Le Professeur : C’est un être noir avec une tête d’oiseau orné de corne de bélier, qui est qualifié de créature monstrueuse de l’extérieure. Il prend soin de Sheeva, l’élève comme il peut car il ne peut pas la toucher. Il la maintient loin des êtres de l’extérieur et l’apprend à se méfier des êtres de l’intérieur aussi.

La Plume, le Scénario :

C’est une histoire apparemment simple, d’opposition entre le bien et le mal; entre la lumière et les ténèbres; entre les gens de l’intérieur et les gens de l’extérieur. Mais ça va bien au delà. Sheeva, contre toute attente, est élevée avec beaucoup d’amour par un être de l’extérieur. Malgré tout, elle a pour consigne de ne jamais le toucher. Il y aurait du côté des créatures de l’extérieur des êtres qui ne se laissent pas emporter par les ténèbres.

Sheeva est insouciante, elle sait très bien qu’elle ne doit pas trop tarder toute seule dehors mais c’est plus fort qu’elle. Alors le Professeur veille sur elle et la retrouve à chaque fois pour la protéger.

Dans cette contrée lointaine, on sent bien que la frontière entre le bien et le mal ou entre l’intérieur et l’extérieur est très mince voire perméable puisque déjà des créatures de l’extérieur sont venues massacrer les gens de l’intérieur, les transformer aussi. Sheeva va en faire l’expérience, les humains ont peur d’elle et les créatures la convoitent.

La rencontre entre Sheeva et le Professeur n’aurait jamais dû avoir lieu, mais le destin en a décidé autrement.

Ce tome un est doux malgré la noirceur qui rôde.

Le lien qui unit ces deux opposés est fort et semble indestructible.

En Bref :

Un joli T1 qui donne très envie de suivre cette série !

L’étrange Bibliothèque de Haruki Murakami

Titre : L’étrange bibliothèque

Auteur : Haruki Murakami

Traducteur : Hélène Moria

Illustrateur : Kat Menschlik

Éditeur : Belfond

Genre : Fantastique

Nombre de pages : 62

Sorti le 4 novembre 2015

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Je m’assis sur le lit, m’enfouis le visage dans les mains. Pourquoi devais-je subir une telle épreuve ? Alors que j’étais simplement venu à la bibliothèque emprunter des livres !

 » Dites-moi, M. l’homme-mouton, fis-je. Pour quelle raison le vieil homme veut-il m’aspirer le cerveau ?

– Eh bien, lorsque le cerveau est bourré de savoir, il est particulièrement délicieux. Nutritif et consistant. Bien crémeux, riche en pulpe. «  »

Mon avis :

L’histoire :

Un jeune garçon se rend à la bibliothèque pour rendre les livres qu’il a emprunté. Il aimerait en consulter d’autres et la responsable l’envoi vers un endroit étrange, une sorte de salle d’archiviste au sous-sol. La personne qu’il rencontre ensuite n’est pas agréable, elle respire la fourberie, et tient avec beaucoup de persuasion à apporter des livres qui traitent de sujets pointus à ce jeune garçon.

Mais il y a une condition, le jeune enfant doit les lire sur place et dans un endroit encore plus sombre et humide que le sous-sol.. dans un endroit très très profond  de la bibliothèque.

Malgré son inquiétude, le jeune le suit, surtout par politesse mais il ressent déjà de la peur. Il n’aurait sûrement pas dû suivre ce vieil homme étrange…

Les personnages :

Le jeune garçon : De part son éducation, il est très respectueux des règles établies et surtout du règlement de la bibliothèque.  On sent également qu’il mourrait d’envie de sortir de la bibliothèque en prenant ces jambes à son cou, mais par politesse, il accepte la proposition du vieil archiviste.

Le vieil homme : C’est une personne étrange, qui détecte les gros lecteurs, ceux avide de connaissances pour les prendre et les gaver un peu plus encore de connaissance… et les retenir dans un but inavouable… Il est de suite très antipathique et assez repoussant, il sent le mensonge à plein nez.

Quelques autres personnages importants pour le déroulement du récit font leur apparition mais je ne souhaite pas les citer pour éviter de spolier.

La Plume et le Scénario :

C’est une étrange histoire, sombre et inquiétante.

L’utilisation du « JE » par l’auteur, nous plonge dans cette histoire directement. On sent venir l’irréversible, on voudrait reculer, on est ce jeune garçon et l’auteur a ce pouvoir de nous mettre dans la peau de son personnage.

Certes, on peut se dire, rhooo ! il est niais celui-là, il a senti tout de suite que le vieux était louche, bizarre mais par politesse déplacée, il saute à pied joint dans la gueule du loup. Et encore avec ça, au lieu de penser à sa vie, il pense à sa mère qui va le rouspéter car il a perdu ses chaussures.

L’ambiance est noire comme dans les couloirs des archives, comme dans une cave humide ou les oubliettes d’un château. Plus on avance dans le récit plus c’est oppressant. On en vient à abandonner, oui nous lecteurs, on croit savoir que tout est finit… l’auteur à ce pouvoir là !

Mais l’auteur n’en a pas terminé avec son personnage et son lecteur, il nous torture encore et encore !

En Bref :

Je n’ai pas particulièrement apprécié cette histoire, cette lecture; je ne l’ai pas détesté non plus. L’auteur est très doué pour prendre au piège le lecteur. Mais il reste une étrange sensation après la lecture de ce récit malgré ces quelques 60 pages magnifiquement illustré, complètement dans le ton de l’auteur, irréaliste, sombre et inquiétant. On a vraiment l’impression d’avoir été trempé dans l’histoire noire de cette bibliothèque et d’être tâché…

Chanson douce de Leïla Slimani

Titre : Chanson douce

Auteure : Leïla Slimani

Éditeur : Gallimard

Genre : roman contemporain

Nombre de pages : 227

Sorti le 18 août 2016

ISBN : 978-2-07-019667-8

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.

A travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe et de culture. Le style sec et tranchant de Le¨la Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspens envoûtant.

Mon avis :

L’histoire :

Myriam est maman de deux enfants et vit avec son mari, tout semble allait pour le mieux mais Myriam n’en peut plus d’être juste la mère de Mila et Adam. Elle se sent mal, réduite à ce rôle qu’elle ne supporte plus. Alors avec Paul, ils décident d’engager une nounou pour que Myriam puisse retravailler à ce cabinet d’avocats. Leur choix fut très strict, les candidates devaient passer par d’innombrables critères si non parfait tous rédhibitoires. Enfin Louise est arrivée, parfaite, tirée à 4 épingles, très professionnelle. Petit à petit cette perle de nounou s’est immiscée dans leur famille tout doucement sans faire de bruit, en se rendant indispensable…

Les personnages :

Myriam : Une jeune mère en pleine reconstruction sociale, elle s’aperçoit que pour son mari, ses amis elle est devenue la maman de Mila et Adam. Juste la maman. Elle n’est plus reconnue comme une femme, mais juste une maman… Elle ne supporte plus cet enfermement et étouffe. Lui vient l’idée de retravailler dans un cabinet d’avocats. Au début elle culpabilise, puis très vite son sentiment de liberté l’envahit et voit en Louise la nounou perle rare dont elle abuse sans trop de scrupules…

Paul : il travaille dans la musique et il ne voit pas vraiment que sa femme ne supporte plus n’être qu’une maman. Mais Myriam le convainc avec son idée de reprendre le boulot en choisissant une nounou. Tout d’abord un peu rétissant, il en perçoit les bonus et il retrouve sa femme (qu’il ne pensait pas avoir perdu) qui s’était enfouie dans son rôle de maman.

Louise : c’est une femme mystérieuse, inquiétante. Elle travaille bien, trop bien. On sent cette intrusion douce, imperceptible… elle met mal à l’aise même.

Je ne veux pas trop décrire Louise au risque de spolier… juste que c’est une femme blessée, même brisée qu’elle cache sous cette façade de nounou parfaite et surtout indispensable.

La Plume, le Scénario :

Avec ce roman, je m’éloigne un peu du genre de roman que je lis d’habitude. Mais le bruit autour de ce livre, les avis époustouflants, enthousiasmes sur le récit, on fait que j’ai cédé à la tentation.

L’écriture de Leïla Slimani est envoûtante, fluide, franche.

Elle décrit une famille en mal de reconnaissance, un jeune couple coincé au milieu de leurs deux enfants. Pour lui un métier pas très épanouissant, preneur de son, jusqu’au jour où Myriam n’en peut plus de n’exister qu’au travers des yeux de ses enfants. Elle se sent moche, défraîchie… bref une maman dépassée, fatiguée. L’auteure nous décrit avec beaucoup de justesse ce mal-être de Myriam, s’en est même gênant. Pourquoi ? Peut-être parce que les mamans ont déjà toutes senti ce mal-aise, de ne plus être une femme, d’être devenue une maman. Certaines le vive bien, d’autre beaucoup moins comme Myriam… c’est peut-être cet écho qui gêne …

Passons à Louise, ce personnage qui semble parfait sous tout rapport puis petit à petit le coin de la couverture est soulevé. Sa vie misérable, esseulée. Elle n’a que son travail pour la maintenir hors de l’eau. On peut se dire mais comment les parents n’ont-ils pas vu cette faille ? comment sont-ils passé à côté de se mal-être ? Mais finalement on peut comprendre pas cautionner mais comprendre, ils ont fermé les yeux c’est leur vie à eux qui s’est améliorée, alors les petits défauts de la nounou, ses petits ennuis ben c’est devenu secondaire…

On termine ce roman avec la bouche pâteuse, avec un goût amer… cette portion de vie détruite petit à petit, consumée sous le regard d’innombrable personnes, cette solitude au milieu du monde… c’est un triste tableau, un des traits avouable ou inavouable de notre société actuelle.

En Bref :

Un livre perturbant, dérangeant et si justement écrit !

Il mérite tout ce foin qu’il a causé dans les médias.

Leïla Slimani mérite son prix, son GONCOURT 2016 !!