Contes Nippons au coin du feu

Titre : Contes Nippons au coin du feu

Auteurs : Collectif => Audrey Calviac, Dola Rosselet, Maud Wlek, Vérène Dévanthéry, Célia Haro, Marine Stengel, Anthony Boulanger, Laurent Combaz Louise Roullier, Vanessa Terral, Nimu.

Éditeur : Hystérie

Format : Epub (247 pages)

Genre : Conte

Fiche Bibliomania

Résumé :

« Onze histoires nippones à lire au coin du feu. Attention, la porte des rêves et des cauchemars est ouverte.

– Le pays des Yokaï, Audrey Calviac
– De soie et de fourrure, Dola Rosselet
– Le Yurei, Maud Wlek
– Huit pattes, sept queues, Vérène Dévanthéry
– SokuShinbutsu, Célia Haro
– Tetsuya,Marine Stengel
– L’Empereur solitaire et le cadeau du Corbeau Rouge, Anthony Boulanger
– So leng et Le Pouvoir venu du levant, Laurent Combaz
– Les trois coups du spectre, Louise Roullier
– Hahanaru Shizen, Nimu, maitre du feu de camp à L’Académie de Minuit
– L’héritage de Susanoo, Vanessa Terral, invitée

L’anthologie officielle du Salon Japan Impact 2017 »

Mon avis :

Je remercie Livraddict et les éditions Hystérie pour cette découverte !!

Je lis pas mal de manga, je regarde pas mal d’animés et j’avoue que ce recueil de contes m’a tout de suite attiré 🙂

Et je ne suis  vraiment pas déçue 🙂

Le collectif d’auteur nous fait voyager au travers des mythes, légendes, croyances, superstitions japonaises et ce fut une lecture passionnante.

Certaines de ces nouvelles m’ont laissé sur ma faim, j’aurai aimé qu’elles continuent comme « le pays des Yokaï » d’Audrey Calviac et « De soie et de Fourrure » de Dola Rosselet. On se retrouve pris dans le jeu d’écriture de ces deux auteures et on a plus envie de les quitter. Elles ont su doser tension et rebondissements avec beaucoup de finesse.

La nouvelle la plus frustrante c’est bien « So Leng et le pouvoir venu du levant » de Laurent Combaz, je veux la suite en livre 😀 !!!

La dernière nouvelle « L’héritage de Susanoo » est ma préférée ! Car j’aime le fait que des humains soient choisis pour protéger le monde, des Ténèbres et surtout quand le plus insignifiant des personnages est le plus puissant au final 🙂

L’histoire de « Tetsuya » est effrayante, ce Yokaï est vraiment mauvais … et quelle émotion dans « Le Yureï », toute cette tension qu’on ne comprend pas comme le personnage,  Maude Vlek a une écriture vraiment efficace 🙂

La nouvelle « L’empereur solitaire et le corbeau rouge » d’Anthony Boulanger est la plus surprenante, car on vient de lire des nouvelles avec des esprits mauvais, qui tuent des gens et là on s’attend à de mauvaises choses et non cette histoire est très belle et en plus si on veut on peut approfondir les mythes qui y sont distiller 😉

« Haha Naru Shizen » est finalement un conte d’aventure au coeur des légendes, un récit passionnant.

La nouvelle « Sokushinbutsu » de Célia Haro est un peu glaçante et très sombre, d’autant plus qu’on n’arrive pas trop à savoir le pourquoi du comment.

« Les trois coups du spectre » de Louise Roullier est peut-être la nouvelle qui m’a le moins stimulée car je ne suis pas très au fait du jeu de go par conséquent certaine partie du récit m’ont paru un peu long…

« Huit pattes et sept queues » de Vérène Dévanthéry y décrit parfaitement le sadisme, le jeu, le mauvais côté des esprits toujours prêt à torturer, à jouer avec les pauvres petits humains… et sans scrupules bien sûr !

Un recueil passionnant ! MERCI MERCI !

En Bref :

Je remercie une nouvelle fois Livraddict et les Éditions Hystérie pour m’avoir accordé cette très belle découverte, qui donne envie de continuer des recherches sur les contes et légendes japonaises.

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Shikanoko, Livres 1: l’enfant du Cerf de Lian Hearn

Titre : Shikanoko

Livre 1 : L’enfant du Cerf

Auteur : Lian Hearn

Traducteur : Philippe Giraudon

Editeur : Gallimard

Genre : Jeunesse, Fantasy

Nombre de pages : 336

Sorti le 3 janvier 2017

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Aux sources du Clan des Otori… Une épopée fantastique dans un Japon médiéval fascinant.

Laissé pour mort dans la montagne, le jeune Shikanoko trouve refuge chez un sorcier qui lui fabrique un masque aux immenses pouvoirs magiques. Il devient «l’Enfant du Cerf». Il parlera aux fantômes et aux esprits protecteurs, il apprendra des hommes et des femmes les plus puissants, il connaîtra le raffinement, l’amour et les sentiments les plus purs, mais aussi la bestialité, la cruauté et les machinations politiques… »

Mon avis :

L’histoire :

Le jeune Kazumaru est la proie de son oncle qui cherche à obtenir le pouvoir sur le domaine de Kumayama et la seule façon d’y parvenir c’est de tuer l’héritier. Lors d’une pseudo chasse où Kazumaru devait mourir accidentellement, un cerf s’interpose et sauve Kazumaru, mais son oncle le laisse pour mort dans la forêt. Le jeune trouve refuge chez un sorcier qui le soigne et lui fabrique avec de la sorcellerie un masque très particulier, il va devenir « L’enfant du cerf » = Shikanoko. Ce masque lui confère des pouvoirs de plus en plus fort mais aussi de plus en plus sombre. Il va se retrouver au milieu d’une guerre de clan et il n’aura d’autre choix que de se plier pour apprendre à apprivoiser son masque …

Les personnages :

Shikanoko : Un jeune homme lucide, qui sait faire face à la mort, de nombreuses fois mais apparemment elle n’est pas prête à l’emmener. Il va connaitre l’exil, la réclusion puis il fera face à ses peurs et s’opposera à ce masque qui le transforme en monstre ! Il va défier les grands de ce monde pour accomplir sa propre destinée.

Sesshin : c’est un vieux sage qui accompagne le seigneur Kiyoyori. Shikanoko va être amené à l’aider à survivre. Ce qui lui offre en retour nous est encore mystérieux.

Shizoku : C’est le sorcier d la montagne, celui qui a recueilli Shikanoko pour faire de lui l’enfant du cerf.

Dame Tora : on ne sait pas beaucoup de chose sur elle, juste qu’elle est au bandit de la montagne mais il semblerait qu’elle soit aussi une sorcière de mèche avec Shizoku… elle séduit les hommes pour obtenir quelque chose dont on ne connaît encore pas l’objectif final.

Aki : la princesse de l’automne est là pour protéger le jeune empereur, le cacher. Son chemin va hélas croiser celui de Shikanoko dans un mauvais moment mais elle va lui permettre de se libérer de son masque.

La Plume, le Scénario :

C’est un récit agréable romantico-médiavéval sur fond d’orient bien sûr.

L’auteure nous plonge dans un monde oriental, avec des traditions différentes des nôtres, des valeurs autres. Et elle y ajoute une pointe de sorcellerie, et de vieilles croyances.

Le pouvoir est présent de bout en bout du récit. Tout est question de pouvoir. Le masque veut prendre pouvoir de Shikanoko et le rendre bestial. Les seigneurs de chaque clan s’agitent pour savoir qui va prendre le pouvoir car l’empereur se meurt et son héritier , un jeune prince, est une cible quasi morte et le second héritier un tout jeune enfant va devoir affronter la vie extérieure s’il veut survivre. Chaque grand seigneur cherche une alliance avec d’autres pour retourner la situation et prendre de force le pouvoir.

Les femmes ont un rôle tout à fait secondaire, mais elles sont déterminantes dans les évènements. Elles sont des accélérateurs... mais elles sont victimes aussi et doivent comploter sous couvert pour regagner le pouvoir.

Chaque femme va aider un homme ou faire périr un homme… mais à chaque fois elles se retrouvent dans une situation malsaine et font avancer le récit dans un sens ou dans l’autre.

Je n’ai pas lu du tout le clan des Otori et bien maintenant ce roman m’a donné envie de m’y intéresser de près.

En Bref :

Une épopée qui commence dans le tumulte et le sang ! Ce récit promet des tomes palpitants pour la suite !!

L’enfant et le maudit, T1: Siùl, a Rùn de Nagabe

Titre : L’enfant et le Maudit

Tome 1 : Siùl, a Rùn

Éditeur : Edition Komikku

Type : Shonen

Genre : Fantastique

Nombre de pages : 174

Sorti le 9 mars 2017

ISBN : 978-2-37287-197-6

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Il y a très longtemps, dans une contrée lointaine, existaient deux pays… « L’intérieur » où vivaient les humains, et « l’extérieur », où habitaient des créatures monstrueuses qu’il ne fallait surtout pas toucher, sous peine de subir la malédiction. Cette histoire commence le jour où se sont rencontrés deux êtres qui n’auraient jamais dû se croiser… Ils sont aussi différents que le jour et la nuit…
Et malgré tout ce qui les sépare, malgré les ténèbres qui les entourent, ils vont écrire petit à petit une fable tous les deux… « 

Mon avis :

L’histoire :

C’est l’histoire d’une petite fille blanche de peau comme de cheveux qui vit avec un grand monstre noir. Sheeva est humaine et elle a été recueillie par le Professeur une créature de l’extérieur. Seule condition pour que leur vie se déroule un peu près bien et c’est indiscutable, elle ne doit pas le toucher sous peine de subir la malédiction. Elle reste persuadée que le professeur la garde en attendant le retour de sa tante… qui devient de plus en plus improbable.

Les personnages :

Sheeva : Une petite fille raisonnable sur certaines règles mais beaucoup moins sur d’autres. Elle n’aime pas rester enfermée et échappe quelques fois à la vigilance du professeur. Elle est éprise de liberté et aimerait beaucoup rencontrer d’autres personnes. Même si elle sait que c’est dangereux. Elle croit au retour de sa tante avec beaucoup d’impatience.

Le Professeur : C’est un être noir avec une tête d’oiseau orné de corne de bélier, qui est qualifié de créature monstrueuse de l’extérieure. Il prend soin de Sheeva, l’élève comme il peut car il ne peut pas la toucher. Il la maintient loin des êtres de l’extérieur et l’apprend à se méfier des êtres de l’intérieur aussi.

La Plume, le Scénario :

C’est une histoire apparemment simple, d’opposition entre le bien et le mal; entre la lumière et les ténèbres; entre les gens de l’intérieur et les gens de l’extérieur. Mais ça va bien au delà. Sheeva, contre toute attente, est élevée avec beaucoup d’amour par un être de l’extérieur. Malgré tout, elle a pour consigne de ne jamais le toucher. Il y aurait du côté des créatures de l’extérieur des êtres qui ne se laissent pas emporter par les ténèbres.

Sheeva est insouciante, elle sait très bien qu’elle ne doit pas trop tarder toute seule dehors mais c’est plus fort qu’elle. Alors le Professeur veille sur elle et la retrouve à chaque fois pour la protéger.

Dans cette contrée lointaine, on sent bien que la frontière entre le bien et le mal ou entre l’intérieur et l’extérieur est très mince voire perméable puisque déjà des créatures de l’extérieur sont venues massacrer les gens de l’intérieur, les transformer aussi. Sheeva va en faire l’expérience, les humains ont peur d’elle et les créatures la convoitent.

La rencontre entre Sheeva et le Professeur n’aurait jamais dû avoir lieu, mais le destin en a décidé autrement.

Ce tome un est doux malgré la noirceur qui rôde.

Le lien qui unit ces deux opposés est fort et semble indestructible.

En Bref :

Un joli T1 qui donne très envie de suivre cette série !

L’étrange Bibliothèque de Haruki Murakami

Titre : L’étrange bibliothèque

Auteur : Haruki Murakami

Traducteur : Hélène Moria

Illustrateur : Kat Menschlik

Éditeur : Belfond

Genre : Fantastique

Nombre de pages : 62

Sorti le 4 novembre 2015

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Je m’assis sur le lit, m’enfouis le visage dans les mains. Pourquoi devais-je subir une telle épreuve ? Alors que j’étais simplement venu à la bibliothèque emprunter des livres !

 » Dites-moi, M. l’homme-mouton, fis-je. Pour quelle raison le vieil homme veut-il m’aspirer le cerveau ?

– Eh bien, lorsque le cerveau est bourré de savoir, il est particulièrement délicieux. Nutritif et consistant. Bien crémeux, riche en pulpe. «  »

Mon avis :

L’histoire :

Un jeune garçon se rend à la bibliothèque pour rendre les livres qu’il a emprunté. Il aimerait en consulter d’autres et la responsable l’envoi vers un endroit étrange, une sorte de salle d’archiviste au sous-sol. La personne qu’il rencontre ensuite n’est pas agréable, elle respire la fourberie, et tient avec beaucoup de persuasion à apporter des livres qui traitent de sujets pointus à ce jeune garçon.

Mais il y a une condition, le jeune enfant doit les lire sur place et dans un endroit encore plus sombre et humide que le sous-sol.. dans un endroit très très profond  de la bibliothèque.

Malgré son inquiétude, le jeune le suit, surtout par politesse mais il ressent déjà de la peur. Il n’aurait sûrement pas dû suivre ce vieil homme étrange…

Les personnages :

Le jeune garçon : De part son éducation, il est très respectueux des règles établies et surtout du règlement de la bibliothèque.  On sent également qu’il mourrait d’envie de sortir de la bibliothèque en prenant ces jambes à son cou, mais par politesse, il accepte la proposition du vieil archiviste.

Le vieil homme : C’est une personne étrange, qui détecte les gros lecteurs, ceux avide de connaissances pour les prendre et les gaver un peu plus encore de connaissance… et les retenir dans un but inavouable… Il est de suite très antipathique et assez repoussant, il sent le mensonge à plein nez.

Quelques autres personnages importants pour le déroulement du récit font leur apparition mais je ne souhaite pas les citer pour éviter de spolier.

La Plume et le Scénario :

C’est une étrange histoire, sombre et inquiétante.

L’utilisation du « JE » par l’auteur, nous plonge dans cette histoire directement. On sent venir l’irréversible, on voudrait reculer, on est ce jeune garçon et l’auteur a ce pouvoir de nous mettre dans la peau de son personnage.

Certes, on peut se dire, rhooo ! il est niais celui-là, il a senti tout de suite que le vieux était louche, bizarre mais par politesse déplacée, il saute à pied joint dans la gueule du loup. Et encore avec ça, au lieu de penser à sa vie, il pense à sa mère qui va le rouspéter car il a perdu ses chaussures.

L’ambiance est noire comme dans les couloirs des archives, comme dans une cave humide ou les oubliettes d’un château. Plus on avance dans le récit plus c’est oppressant. On en vient à abandonner, oui nous lecteurs, on croit savoir que tout est finit… l’auteur à ce pouvoir là !

Mais l’auteur n’en a pas terminé avec son personnage et son lecteur, il nous torture encore et encore !

En Bref :

Je n’ai pas particulièrement apprécié cette histoire, cette lecture; je ne l’ai pas détesté non plus. L’auteur est très doué pour prendre au piège le lecteur. Mais il reste une étrange sensation après la lecture de ce récit malgré ces quelques 60 pages magnifiquement illustré, complètement dans le ton de l’auteur, irréaliste, sombre et inquiétant. On a vraiment l’impression d’avoir été trempé dans l’histoire noire de cette bibliothèque et d’être tâché…

Chanson douce de Leïla Slimani

Titre : Chanson douce

Auteure : Leïla Slimani

Éditeur : Gallimard

Genre : roman contemporain

Nombre de pages : 227

Sorti le 18 août 2016

ISBN : 978-2-07-019667-8

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.

A travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe et de culture. Le style sec et tranchant de Le¨la Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspens envoûtant.

Mon avis :

L’histoire :

Myriam est maman de deux enfants et vit avec son mari, tout semble allait pour le mieux mais Myriam n’en peut plus d’être juste la mère de Mila et Adam. Elle se sent mal, réduite à ce rôle qu’elle ne supporte plus. Alors avec Paul, ils décident d’engager une nounou pour que Myriam puisse retravailler à ce cabinet d’avocats. Leur choix fut très strict, les candidates devaient passer par d’innombrables critères si non parfait tous rédhibitoires. Enfin Louise est arrivée, parfaite, tirée à 4 épingles, très professionnelle. Petit à petit cette perle de nounou s’est immiscée dans leur famille tout doucement sans faire de bruit, en se rendant indispensable…

Les personnages :

Myriam : Une jeune mère en pleine reconstruction sociale, elle s’aperçoit que pour son mari, ses amis elle est devenue la maman de Mila et Adam. Juste la maman. Elle n’est plus reconnue comme une femme, mais juste une maman… Elle ne supporte plus cet enfermement et étouffe. Lui vient l’idée de retravailler dans un cabinet d’avocats. Au début elle culpabilise, puis très vite son sentiment de liberté l’envahit et voit en Louise la nounou perle rare dont elle abuse sans trop de scrupules…

Paul : il travaille dans la musique et il ne voit pas vraiment que sa femme ne supporte plus n’être qu’une maman. Mais Myriam le convainc avec son idée de reprendre le boulot en choisissant une nounou. Tout d’abord un peu rétissant, il en perçoit les bonus et il retrouve sa femme (qu’il ne pensait pas avoir perdu) qui s’était enfouie dans son rôle de maman.

Louise : c’est une femme mystérieuse, inquiétante. Elle travaille bien, trop bien. On sent cette intrusion douce, imperceptible… elle met mal à l’aise même.

Je ne veux pas trop décrire Louise au risque de spolier… juste que c’est une femme blessée, même brisée qu’elle cache sous cette façade de nounou parfaite et surtout indispensable.

La Plume, le Scénario :

Avec ce roman, je m’éloigne un peu du genre de roman que je lis d’habitude. Mais le bruit autour de ce livre, les avis époustouflants, enthousiasmes sur le récit, on fait que j’ai cédé à la tentation.

L’écriture de Leïla Slimani est envoûtante, fluide, franche.

Elle décrit une famille en mal de reconnaissance, un jeune couple coincé au milieu de leurs deux enfants. Pour lui un métier pas très épanouissant, preneur de son, jusqu’au jour où Myriam n’en peut plus de n’exister qu’au travers des yeux de ses enfants. Elle se sent moche, défraîchie… bref une maman dépassée, fatiguée. L’auteure nous décrit avec beaucoup de justesse ce mal-être de Myriam, s’en est même gênant. Pourquoi ? Peut-être parce que les mamans ont déjà toutes senti ce mal-aise, de ne plus être une femme, d’être devenue une maman. Certaines le vive bien, d’autre beaucoup moins comme Myriam… c’est peut-être cet écho qui gêne …

Passons à Louise, ce personnage qui semble parfait sous tout rapport puis petit à petit le coin de la couverture est soulevé. Sa vie misérable, esseulée. Elle n’a que son travail pour la maintenir hors de l’eau. On peut se dire mais comment les parents n’ont-ils pas vu cette faille ? comment sont-ils passé à côté de se mal-être ? Mais finalement on peut comprendre pas cautionner mais comprendre, ils ont fermé les yeux c’est leur vie à eux qui s’est améliorée, alors les petits défauts de la nounou, ses petits ennuis ben c’est devenu secondaire…

On termine ce roman avec la bouche pâteuse, avec un goût amer… cette portion de vie détruite petit à petit, consumée sous le regard d’innombrable personnes, cette solitude au milieu du monde… c’est un triste tableau, un des traits avouable ou inavouable de notre société actuelle.

En Bref :

Un livre perturbant, dérangeant et si justement écrit !

Il mérite tout ce foin qu’il a causé dans les médias.

Leïla Slimani mérite son prix, son GONCOURT 2016 !!

Histoires de … Démons et Merveilles – Anthologie

histoires-de-demons-et-merveillesTitre : Histoires de … Démons et Merveilles

Auteurs/Nouvelles :

1) Guillaume Dalaudier / Le Concile du temps (31 pages)

2) Laura Amsellem / Crève-Pierres (79 pages)

3) Cancereugène /Tan S.A. (32 pages)

4) Barnett Chevin  / Le sabbat de Time Square (18 pages)

5) Christian Perrot / Croisement (46 pages)

6) Valérie Simon / Le coeur de Pierre (59 pages)

Éditeurs : Lune Écarlates Editions

Genre : Fantastique, Horreur

Fiche Bibliomania

Résumé Éditeurs :

« Laura Amsellem, Cancereugène, Barnett Chevin, Guillaume Dalaudier, Christian Perrot et Valérie Simon nous révèlent des monstres insoupçonnables. De l’Égypte à un futur proche, des humanoïdes si peu humains jusqu’à des gargouilles au physique enchanteur cachent une part de démon. Mais dans ces nouvelles et novellas, le merveilleux n’est jamais très loin. Et l’horreur est proche, toute proche… trop proche. Haut les cœurs, lecteur, accroche-toi bien ! »

Mon avis :

Je remercie Les Editions Lune Écarlate et Livraddict pour m’avoir fait de nouveau confiance 🙂 en m’accordant ce partenariat.

Histoires et personnages :

Je m’attendais plus ou moins à ce genre de nouvelles plutôt sous le signe de l’horreur avec le mot « Démons » dans le titre, mais je ne suis pas fan du tout de l’horreur, de l’horrible. Dans le titre il y avait aussi le mot « Merveilles » et malheureusement pour moi il n’y avait que le mot…

Je me suis dit que peut-être je trouverai là un auteur qui me ferait changer d’avis sur ce sujet malgré tout.

Hélas non… Je reste heurtée par certaines nouvelles. La force des mots pour décrire certaines scènes absolument abjectes oui oui le mot est juste…notamment dans « Tan S.A. » désolée c’est plus fort que moi, l’auteur m’a bien écœurée, finalement par son écriture explicite, ce fut très efficace ! Le perso est complètement emplit de noirceur, c’est flippant.

Chaque nouvelle avait son intérêt malgré ma répulsion au gore …

Dans le « Concile du temps », j’ai aimé cette idée de commerce du temps donnant lieu à un ordre du jour pour une assemblée de démons et d’anges et leurs dieux respectifs. C’était une idée originale 🙂

Dans « Crève-Pierres », le début est tellement dérangeant… et la suite étonnante. Cette histoire de défi entre bêtes de la nuit était intéressante, on espère que peut-être leur destin va changer… Par contre beaucoup trop de détails sanguinolents qui feront le bonheur des lecteurs friand d’horreur.

Bon « Tan S.A. » c’est le summum du dégoût, désolée … toute cette noirceur, tout ce mal c’était vraiment vraiment efficace de la part de l’auteur si c’est là qu’il voulait arriver. J’ai lu jusqu’au dernier mot, mais bon sang cette fixation sur le sexe … beurk !!!

Dans le sabbat de Time Square, cette nouvelle est bizarre… comment un détraqué obsédé par le mal devient le plus vertueux des hommes pour avoir été débouté par le fils du diable ! franchement c’était tellement bluffant et limite burlesque… ça m’a pris par surprise 😀

Pour la nouvelle « Croisement » le mélange réalité et illusion m’a parfois complètement perdue. C’est en cela que je me suis dit que l’auteur était sacrément efficace si c’était son but. Bien ancré dans la réalité 5 personnes se retrouvent piégées dans une sorte de spirale/remake de certains films flippant… et devant faire face à leurs peurs les plus intimes.

« Le coeur de Pierre » cette nouvelle est intéressante dans le fait qu’elle laisse un message un peu philosophique enfin en tout cas je l’ai ressenti comme ça… le personnage principal est rongé par un amour qu’il sait parfaitement impossible mais pourtant il continue d’aimer … puis par un coup du sort sa vie se retrouve à la merci d’un dieu mais encore faut-il bien comprendre ce que demande l’entité de la nature en cela Pierre en fera les frais car il est aveuglé par ces préjugés, par son incapacité à faire ce qu’il veut plus que tout, à cause de ses propres limites

Un autre point important, ce qu’il ressort de certaines nouvelles c’est que le mal est très souvent accompagné par le sexe, le sexe violent, le sexe tordu… Il y a une sorte de fascination des auteurs pour le sexe masculin, signe de pouvoir, de toute puissance mais aussi de mal absolu… bref c’était presque énervant.

En bref :

Vous l’aurez compris, je ne suis pas du tout attirée par le genre horrifique mais alors pas du tout, ça me laisse un goût amer dans la bouche, quelques traces dérangeantes dans mon esprit et ça je n’aime pas …

Mais je dois quand admettre que certaines nouvelles étaient intéressantes sur l’idée de départ et dans l’intrigue menée tout au long du récit.

Je pourrais conclure que c’est une lecture mitigée, qui m’a laissé quelques traces, mais aussi quelques bonnes surprises.

Je remercie à nouveau les Editions Lune Écarlate et Livraddict pour cette découverte de nouveaux auteur, pour moi.

Le couloir des âmes, Tome 2 : la vengeance de Claire de Julie JKR

le-couloir-des-ames-2Titre : Le couloir des âmes

Tome 2 : La vengeance de Claire

Auteure :  Julie JKR

Éditeur : Auto-éditée

Genre : Horreur, Ésotérisme

Nombre de pages : 281

Sorti le 16 septembre 2016

Fiche Bibliomania

4ème de couverture :

« Claire est désormais prisonnière de son père, le sorcier Marshall, dans le couloir des âmes. Elle découvre qu’elle n’est pas la seule à y errer en attendant une mort affreuse. D’autres femmes complètent cette triste galerie. Au sein de ce harem de l’épouvante, le mage noir espère sans doute trouver sa reproductrice et l’enfanter au plus vite.
Avec la complicité de Camille, une autre captive, Claire envisage de fuir cet endroit maudit pour alerter les autorités et mettre fin aux atrocités du maître des lieux. Mais peut-elle accorder sa confiance à Camille ou bien Marshall, en marionnettiste tout-puissant, la manipule-t-il pour tendre un piège fatal à sa propre fille ? »

Mon avis :

Vous trouverez mon avis sur « Le couloir des âmes, tome 1 » de Julie JKR, si vous cliquez dessus 😉

ATTENTION RISQUE DE SPOLIER !! POUR CEUX QUI N’ONT PAS LU LE TOME 1 !!!

L’histoire :

On retrouve Claire dans la fâcheuse situation où on l’a laissé…  Marshall a découvert une formule de sorcellerie pour continuer à torturer Claire même après la mort… Claire est coincée dans le couloir des âmes mais elle s’aperçoit très vite qu’elle n’est pas la seule infortunée… Marshall le sorcier noir, s’est constituer « un harem de l’épouvante » toutes ses proies féminines sont là enfermées avec elle pour subir pour certaines les bas instincts de Marshall, pour d’autre être torturée éternellement pour lui apporter de la force  énergétique. Marshal est tout puissant et tyrannique.

Mais Claire n’est pas de celles qui se résignent et elle va chercher par tous les moyens à se soustraire à ce sorcier machiavélique et sadique. Elle va rencontrer plusieurs jeunes femmes, mais pourra t-elle réellement compter sur leur loyauté ? Pas toutes malheureusement… Claire reste déterminée malgré tout.

Pendant ce temps Marshall repart en chasse, pour trouver celle qui lui fournira son héritier tant attendu, celui qui lui donnera la toute puissance.

Dans le monde des vivants, Éloïse, Simon restent convaincus qu’il peuvent encore sauver Claire… Et ils se rapprochent dangereusement de Marshall à leur risque et périls, seront-ils assez fort pour l’empêcher de nuire à nouveau ?

Les personnages :

Claire : Elle est passée de l’autre côté du voile, elle est maintenant dans le couloir des âmes de Marshall. Mais elle reste la jeune fille déterminée et désobéissante qu’elle était. Elle ne se résigne pas, il doit y avoir un moyen d’échapper à ce monstre. Elle est futée et elle reste sur ses gardes quand une jeune fille semble vouloir l’aider… Elle est de plus en plus forte, elle supporte les tortures de Marshall, car sa curiosité et sa détermination à se sortir de ce sacré mauvais pas est puissante. Ce qu’elle va apprendre ne va en rien entamer son envie de détruire le sorcier noir.

Marshall : C’est le sorcier noir, qui a su déjouer la méfiance de Claire pour la capturer et garder captive éternellement. Pour lui Claire semble spéciale, elle lui apporte de la force énergétique, de la puissance… Il n’est pas encore décidé à la tuer, elle doit servir sa cause et l’aider à obtenir ce qu’il convoite. Il est fou à lier. Il est sadique et se réjouit du mal qui fait. Il éprouve du plaisir à regarder ses victimes agoniser à cause de lui.

La plume, le scénario :

On retrouve cette ambiance oppressante du premier tome.

Dés les premières lignes, l’auteure nous plonge dans l’horreur, ou plutôt l’horreur continue... Malgré la situation de Claire qui semble irrémédiable, l’auteur instille une infime lueur d’espoir, peut-être un possible retour en arrière. Mais on est brutalement et à plusieurs reprises rabattu par la violence et le sadisme de Marshall, le sorcier noir. Il torture, il prend un plaisir immense à torturer ses victimes, à les regarder souffrir au-delà de la mort.

Autant par moments on retrouve cette lueur d’espoir, autant à d’autres moments il nous semble évident que Marshall est trop fort, devient trop puissant…

L’auteure a réussi à me faire sentir cette obscurité, cette saleté de maison, froide, immonde, poussiéreuse, sentant la mort, le sang, vide sans aucun bruit que les gémissements des victimes déjà mortes… C’était glaçant ! Brrr…. effets garantis !

Quant la fin est proche que notre espoir s’amenuise, qu’il ne reste plus grand chose à faire pour contrer Marshall, qu’il nous reste un arrière goût d’échec… l’auteure nous reprend de volée, l’obscurité est là et elle a presque tout recouvert… VOUS AVEZ PLUS QU’A LIRE LE LIVRE SI VOUS VOULEZ SAVOIR !!!!

En Bref :

Ce récit est aussi troublant que le premier tome. Merci !

Une lecture oppressante qui a bien fait son chemin dans les méandres de mon esprit apeuré … Brrr … Beau boulot Julie JKR. Ce roman est drôlement bien ficelé et file la chair de poule, vous dresse les cheveux sur la tête et il reste même cette petite impression de malaise…

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