Issak par Shinji Makari et Double S

 

Titre : Issak

Auteur : Shinji Makari

Dessin : Double S

Éditeur : Kioon

Sorti le 08 mars 2018

Nombre de pages : entre 208 et 224

Genre : Manga, Seinen

Fiche Bibliomania

Résumé :

« 1620. L’Europe est déchirée par une guerre qui oppose catholiques et protestants. Dans la forteresse de Fuchsburg, en Allemagne, des réfugiés affluent de toute la région. Parmi eux se trouve Issak, un guerrier hors pair au talent de tireur inégalé. Avec ses longs cheveux noirs, ses yeux bridés, son sabre et son imposant fusil, il ne passe pas inaperçu…

Venu du Japon, il combat comme mercenaire aux côtés des protestants. En réalité, il n’a qu’un but : laver l’honneur de son maître assassiné. Le meurtrier se serait mis au service des catholiques, et Issak parcourt les champs de bataille pour le retrouver ! Mais cette fois, la situation est désespérée : cernée par l’ennemi, Fuchsburg semble vouée à la destruction… Le samouraï errant parviendra-t-il à changer le cours de l’histoire ? »

 

Personnages principaux :

Issak : La première image d’Issak est très forte, violente même mais extrêmement bien dessinée ! Il arrive de Hollande où il a combattu avec l’armée; il recherche activement le meurtrier de son maître et un objet que cet assassin aurait dérobé. Pour cela, il écume les champs de batailles aux côtés des protestants car son rival s’est enrôlé dans le camp des catholiques… Sur sa route, il sauve Zetta des mains écœurantes de soudard assoiffés de sang et rempli de haine. Il est très calme, très consciencieux, poli et inarrêtable. Côté physique (excusez moi, il est à tomber !… ben oui mon côté midinette arrive à ressortir parfois 😀 ), de long cheveux noir, les yeux bridé et il émane de sa personne un calme rassurant.

Zetta : C’est une toute jeune fille, qui fuit la Bavière en guerre en compagnie de son grand-père, en direction d’une Terre s’appelant Utopia, une terre où tous les hommes sont égaux. Elle est sauvée in-extrémiste par Issak, des soudards qui l’agressaient. Elle est intriguée par Issak qui ne ressemble pas aux soldats et aux mercenaires européens. Elle est déterminée à rester en vie et sans vraiment le vouloir, elle et son grand-père vont suivre la route d’Issak. Leur destin semble lié, se lie au fur et à mesure des pages.

Lieux où se déroule le récit :

Le scénario se déroule à Fuchsburg, le château du représentant, frère de Frédéric V de Palatinat

Détails intéressants :

  1. Le dessin est magnifique, Double S a un trait incroyable, les personnages sont tels qu’ils pourraient être dans la réalité. Les détails sont surprenants et il se dégage une tension palpable de ces pages; mais lorsque Issak apparaît, sa présence rassure. Issak est magnifique !
  2. Au travers d’Issak, on sent toute la détermination, la constance, la patience pour obtenir un geste d’une précision inhumaine. De plus c’est un brillant stratège.
  3. Alors que la situation semble compromise, nous lecteur on sait, on sent qu’Issak va faire la différence.
  4. Ce manga opère la rencontre entre le japon féodal et l’Europe médiévale avec ses guerres de religions entre protestants et catholiques. C’est un savoureux mélange.

Mon avis :

La couverture annonce la couleur : Nous avons un homme de type asiatique qui pointe son arme avec détermination. J’ai eu l’occasion de lire un extrait grâce à mon super libraire de manga, BD et comics, vil tentateur et pourfendeur de portefeuille (oui oui je délire complètement…) Bref, je me suis retrouvée avec cet extrait entre les mains et la curiosité qui va avec !!

Toujours est-il que je suis super fan, j’ai déjà lu les 3 tomes et j’aime de plus en plus !!

Je m’explique :

Je tiens à me répéter : le dessin est SUPERBE ! J’adore le trait du dessinateur, il fait passer toutes sortes d’émotions au travers de ses personnages comme la détermination, la colère, l’intimidation, la suffisance et souvent l’apaisement avec Issak. Ce personnage est implacable, ne rate jamais sa cible, Issak apparaît sur une page et c’est la force tranquille, la patience redoutable, le contrôle de soi immuable., ça présence rassure.

L’histoire nous plonge dans le XVIIème siècle en pleine guerre de religion entre les protestants et les catholiques = la guerre des Trente ans. Mais, alors que fait un asiatique, un japonais dans cette guerre ? Il recherche ardemment le meurtrier de son maître et un objet très précieux. Issak s’engage aux côtés des protestants dans l’armée Néerlandaise et termine son chemin au château de Fuchsburg en Allemagne et se met au service de l’armée de Frédéric V du Palatinat (figure existante de l’histoire). Il se révèle être un allié précieux et de taille. Sa maîtrise du combat impressionne les commandants et les soldats; mais ils sont vite rattrapés par la panique face à l’armée espagnole, immense qui suit un homme charismatique, le général Spinola (encore une figure existante dans l’histoire). L’auteur scénariste a vraiment monté son histoire de guerrier japonais sur fond de la guerre de Trente ans, en s’appuyant sur des faits réel de l’Histoire et c’est très appréciable.

L’histoire d’Issak se superpose petit à petit sur l’Histoire Européenne; il fait partie intégrante du paysage même si son uniforme étonne et surprend. Zetta a compris que c’est un homme hors normes et elle se sent redevable d’Issak et veut à tout prix le seconder, l’aider d’une quelconque manière, elle a peur pour lui. Mais elle sait qu’il est capable de les protéger, elle le sent.

Le tome 1 pose le décor historique, présente des personnages très intéressants et surtout accroche le lecteur avec son héros Issak !

Citations retenues :

  1. […] »(Un lieu où tous les hommes sont égaux) ça n’existe pas, du moins pas sur cette terre ![…]
  2. […]C’est un génois désargenté, mais plus de 10 000 mercenaires le suivent… Ils savent qu’il est intelligent et ils ont confiance en lui ![…]
  3. […]Si la forteresse tombe, les protestants allemands seront isolés et exterminés… Alors quoiqu’il en coûte je la défendrai ![…]

En Bref :

Oui oui c’est un coup de cœur !!! ❤ ❤ ❤

L’histoire d’un guerrier japonais qui s’aventure en Europe en pleine guerre des Trente ans pour retrouver l’assassin de son maître.

Un personnage, beau, déterminé et très attachant (oui j’assume mon côté fangirl pour cette fois seulement 😉 ) Le travail de l’auteur sur l’histoire est très intéressante car il fait se rencontrer le japon féodal et l’Europe médiévale !

Une série qui mérite vraiment le détour !

P.S. => le tome 4 sort le 6 décembre normalement 🙂

Ah et ! J’oubliais le plus important : Si toi aussi tu veux te laisser tenter mais que tu hésites encore… Fonces lire cet extrait =>> ICI : ISSAK tome 1

 

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Fool’s Paradise de Ninjyamu et Misao

Titre : Fool’s Paradise

Auteur : Ninjyamu

Illustrateur : Misao

Éditeur : Komikku

Sorti le 21 septembre 2018

Nombre de pages : 192

Genre : Manga, Seinen

Fiche Bibliomania

 

Quand l’adoration déclenche le CHAOS

Résumé :

 » La super-idole Sela Hiiragi a été gravement blessée dans un attentat à la bombe. Tout le monde pense que l’auteur des faits pourrait être Kazutaka Nichiya, un garçon ayant commis plusieurs attentats à la bombe quelques années plus tôt, alors qu’il avait 13 ans. Après cet incident, l’amour qu’éprouvent les fans pour Sela fait place à une haine collective à l’égard du criminel. Comment empêcher que le chaos se propage ? Dans un pays devenu incontrôlable, la police aura fort à faire pour retrouver le criminel et apaiser les tensions… « 

Personnages principaux :

Sela Hiiragi : C’est une jolie jeune fille, une idole, victime d’un terrible attentat pendant l’un de ses concerts. Malgré ses très graves blessures, elle ne pense qu’à se relever et continuer d’être une idole. Elle est forte et dure avec elle-même, en même temps, on perçoit qu’elle n’a que cette vie d’idole pour la maintenir en vie. C’est toute sa vie, elle cherche à offrir du bonheur aux gens et ne veut surtout pas qu’on l’évince à cause de ses blessures.

Monsieur Kûdo : est contrôleur judiciaire et consultant à  l’université de Tôô, il est persuadé que ce programme un peu spécial : le SRTP, (un programme de réinsertion sociale sensée contrôler la criminalité et la réduire à néant) aide les jeunes délinquants à ne pas récidiver. Il s’occupe de plusieurs délinquants juvéniles et continue avec la même conviction. D’un autre côté, il suit la jeune Sela depuis qu’elle a manifesté un jour le rêve de devenir une idole. Son attentat l’a beaucoup ébranlé.

Lieux où se déroule le récit :

Le récit se déroule dans un Japon au système judiciaire futuriste.

Détails intéressants :

  1. Cette détermination, voir l’obsession de Sela, à se relever et continuer à être une idole.
  2. De même pour Monsieur Kûdo, cette confiance, cette envie pour que ce système judiciaire soit parfait et fonctionne très bien.
  3. Le revers de la médaille de ce fameux système judiciaire, qui n’est pas si beau, si pur et pavé de bonnes intentions; la sanction pour les délinquants juvéniles, la méthode pour les rendre dociles est brutale.
  4. Les personnages autour de Sela tous aussi suspicieux les uns que les autres
  5. L’enquête menée par un grand-père en retraite de la police, qui aide un jeune policier à trouver des pistes; en parallèle avec l’enquête personnelle de Monsieur Kudô. Cet aspect de l’histoire contribue à faire monter la tension
  6. Le dessin, le trait de l’auteur est agréable, il nous transporte assez facilement dans cette histoire aux aspects mignons qui bascule très rapidement dans quelque chose de sombre, voir très glauque… son dessin évolue pour mieux envelopper son lecteur

Mon avis :

L’histoire commence par Monsieur Kudô, expliquant en quoi le recours au SRTP, système judiciaire de réinsertion pour certains criminels est très prometteur, en effet il indique un taux de récidive de 0%. Il défend avec conviction et enthousiasme ce système dont il est persuadé qu’il va vider les prisons.

L’idole Sela Hiiragi, elle est sur scène, c’est la folie ! Et d’un seul coup c’est la stupeur, Sela est victime d’un attentat à la bombe qui lui inflige de très graves blessures aux jambes. La foule est atterrée, choquée mais très vite les médias font leurs choux gras et induise l’idée de la récidive d’un terroriste connus de tous; d’un seul coup, comme un seul homme la foule se ligue contre cet homme avec une haine sans pareil… J’ai vraiment apprécié que l’auteur parle de ce que les médias peuvent faire pour manipuler les foules, comment il est possible avec des mots habiles ou des suggestions toutes simples faire pencher la balance d’une façon très violente.

Autant, il nous fait part de cet aspect médiatique, où d’un côté on a des journalistes qui ne cherchent qu’à faire sensation, devenir célèbre et d’un autre côté on trouve, les consommateurs de ces médias qui ont tout simplement l’air de mouton… Autant il montre les coulisses d’un système judiciaire qui à l’air de fonctionner, d’ailleurs Monsieur Kûdo, semble vraiment convaincu que c’est un très bon système. Mais voilà l’auteur nous montre, ce que la population ne voit pas, le revers de ce système pas tout à fait clean… justement le point de vue des criminels est assez saisissant !

Il y a plusieurs autres sujets abordés dans ce manga; notamment la place des « idoles » dans le cœur de la population; une sorte de jeunesse gaie et innocente plus ou moins célèbre. Sela Hiiragi est une « idole » très célèbre et adorée par la foule; sa violente agression va déclencher une haine incontrôlable; à tel point que des violences éclatent juste pour des différences de point de vue ou pour avoir osé dire que Sela n’est plus intéressante. L’auteur nous montre la possibilité que cet engouement pour une personne peut vite dégénérer et déstabiliser le pouvoir en place.

Le scénario de Ninjyamu monte crescendo, on part d’un fait violent certes mais la suite nous montre une jeune fille déterminée voire désespérée de continuer à être une « Idole » … puis au fur et à mesure, le ton monte, la tension se fait plus pesante et la haine se déchaîne pour conclure avec une fin de tome glaçante !

Citations retenues :

  1. […]Kazutaka Nichiya l’auteur des attentats à la bombe en série dans le métro… n’avait que 13 ans au moment des faits et pourtant ceux qui ont réclamé la peine de mort pour lui l’ont fait avec une conviction inébranlable[…]
  2. […]Savez-vous quelle est la condition nécessaire pour que naisse un super-idole ? … c’est une crise économique.[…]
  3. […]Quand l’économie va mal, on n’a pas d’argent ni de temps à consacrer à un être aimé en chair et en os.[…]
  4. […]Si je ne suis plus une idole, j’en mourrai ![…]

En Bref :

Un premier tome qui explique la culture des « Idoles » au Japon. Ce premier thème aide l’auteur à partir sur d’autres sujets comme la manipulation de foule par les médias, la tentation d’un système judiciaire révolutionnaire, les dessous des statistiques et un personnage principal brillant et glaçant à la fois !

 

Moriarty, T1 de Ryôsuke Takeuchi

Titre : Moriarty, T1

Auteur, scénariste : Ryôsuke Takeuchi

Auteur, Dessinateur : Hikaru Miyoshi

Éditeur : Kana

Collection : Dark Kana

Sorti le 22 juin 2018

Nombre de pages : 212

Genre : Manga, Shonen

Fiche Bibliomania

Résumé éditeur :

« 19e siècle en Angleterre, la famille Moriarty a recueilli deux orphelins William et Louis mais en leur conférant un statut de domestique. Albert, le fils aîné de la famille est pétri d’ambition et il déteste le système social qui régit la société britannique, dans lequel les classes supérieures se pavanent et oppressent le peuple sans pour autant être dignes du respect qu’elles exigent de lui.

C’est pourquoi Albert abhorre sa propre famille et voit dans les deux orphelins l’incarnation d’un souffle nouveau. Albert leur offre son statut, sa richesse et son influence à condition que les garçons mettent leur intelligence au service de son rêve : se débarrasser de sa famille et du système de classes actuel !

Les trois garçons complotent ainsi pour devenir les seuls héritiers de la famille. Treize ans plus tard, à seulement 21 ans, l’aîné des orphelins William James Moriarty est devenu professeur de mathématiques à l’Université et il pourrait voir surgir sur sa route un certain Sherlock Holmes…« 

Personnages principaux :

Albert Moriarty: Il est l’aîné d’une famille richissime, il a travaillé dur à l’école pour atteindre un haut niveau; mais il a aussi chercher à s’éloigner de sa famille qu’il déteste. A l’arrivée des deux orphelins, William et Louis, il perçoit comme un espoir, une lumière sur le changement qu’il veut pour le monde et le système social en Angleterre. Son ambition est très puissante voir dévorante.

William Moriarty : c’est un enfant très intelligent, il a réponse à tous les problèmes. Il entrevoit très bien comment résoudre toute sorte de complications. Il devient très vite le consultant des villageois où vit la famille Moriarty. Il devient professeur de mathématiques à seulement 21 ans, mais continue son travail de consultant.

Louis Moriarty : C’est le dernier des frères orphelins, il est de santé fragile, mais n’en ai pas moins un enfant puis un adulte très bon gestionnaire.

Lieux où se déroule le récit :

Au XIXème siècle, en Angleterre; au début dans la balieue de Londres où vit la famille Moriarty.

Détails intéressants (ou marquants) :

  1. Cette volonté et cette soumission feinte dont William fait preuve. Rien ne l’empêche de dispenser ses conseils même face au mépris des notables et à la méchanceté cruelle de sa famille adoptive. Il garde un visage serein et protège son frère, ses frères.
  2. Cette froide détermination d’Albert, pour changer le système social qu’il ne supporte plus.
  3. La méchanceté cruelle et même douloureuse de la famille adoptive envers les deux orphelins; Ils les rejettent totalement, ils voudraient s’en débarrasser et ils les maltraitent. Même les domestiques sont haineux envers les enfants.
  4. On sent tout doucement se mettre en place la fusion de cette haine sociale envers le système britannique d’Albert et les rouages très méticuleux du cerveau de William.
  5. Le dessin, le trait de l’auteur est très agréable à suivre; On arrive à sentir ce moment « borderline » où William bascule pour assouvir l’ambition et la haine d’Albert.

Mon avis :

C’est en suivant @lerenarddore sur Twitter, Instagram et Facebook mais aussi les Éditions Komikku Encore ! Encore  !!

L’histoire commence sur les conseils qu’apporte le jeune William, puis on passe à sa véritable condition, sa dramatique et révoltante situation. Les Moriarty, on recueillit les frères orphelins pour la postérité, car ça fait bien de donner la charité, mais faut pas que ça dure trop longtemps… La mère et le petit frère d’Albert sont particulièrement cruels, voir machiavélique pour échafauder des plans afin de se débarrasser des jeunes orphelins qu’ils abhorrent… Mais ils n’ont pas encore compris qu’ils ont façonné un monstre, peut-être pas créer car il a l’air suffisamment éprouvé pour avoir basculé sans l’aide des Moriarty.

Albert s’est épris d’eux et les voir se faire traiter de la sorte, le révolte. Son intention est touchante, mais les moyens d’y arriver un peu moins…

Je suis arrivée à comprendre comment en est arrivé William Moriarty pour agir aussi froidement mais de façon aussi méticuleuse. C’est un être à part, il d’une intelligence hors norme, mais il est dénué d’empathie. Tous ses notables, qu’ils tuent avec des plans tous aussi machiavélique que son premier meurtre, sont responsables de leur condition. Ils sont coupables. Il punit les méchants sans plus ni moins de sentiments; il a juste l’impression de faire son devoir, son travail.

L’arrivée, de Molan et de Fred des nouveaux collaborateurs, lance plus précisément leur association de malfaiteurs.

Passons au trait de Hikaru Myoshi, c’est tout simplement sublime; Les images très nettes, justes et qui fourmillent de détails transmettent parfaitement les émotions, les sensations que doit ressentir le lecteur.

Citations retenues :

  1. […]un jour il faudra mettre ta belle intelligence au service du monde entier, servir l’humanité entière, ça c’est beau ![…]
  2. […]Ces prolétaires, alors ! Ce ne sont que des machines à travailler sur pattes, et ils croient que tout leur est dû![…]
  3. […]Frida et le gamin… deux victimes du système social qui étouffe ce pays. dans un autre monde, ils auraient vécu heureux.[…]

En Bref :

Un manga super intéressant, dérangeant pour le côté de cette injustice sociale, pour la façon dont sont traités les frères orphelins.

Et les débuts, finalement très jeunes des méfaits du jeune William Moriarty, ma foi assez flippant  !

 

E.V.E. de Carina Rozenfeld

Titre : E.V.E.

Auteure : Carina Rozenfeld

Éditeur : Syros

Genre : Jeunesse, Dystopie

Nombre de pages : 381

Sorti le 15 juin 2017

Fiche Bibliomania

 

 

4ème de couverture :

« Entité. Vigilance. Enquête. Elle s’appelle EVE. Elle n’a aucune idée de son apparence. Elle ne ressent rien. Et pourtant le monde n’a pour elle aucun secret, parce qu’elle le perçoit à travers les yeux de millions d’êtres humains. 24 h sur 24, elle assiste à leur quotidien. Son rôle ? Surveiller la population et signaler en temps réel les crimes et les délits. EVE est infaillible… jusqu’au jour où elle assiste à l’agression de la jeune Eva Lewis sans parvenir à identifier le coupable. Pour comprendre ce qui s’est passé, EVE investit à l’insu de tous le corps d’Eva. Et découvre le plaisir grisant de la vie réelle. »

Mon avis :

L’histoire :

E.V.E est une Intelligence Artificielle; elle ne sait pas à quoi elle ressemble mais pour une IA ça la tracasse un peu trop. Elles sont plusieurs à surveiller Citypolis. A chaque agression, elle identifie l’agresseur, la victime et le lieu de l’agression, ainsi elles peuvent envoyer les brigades d’intervention pour appréhender l’agresseur et les ambulances s’il y a lieu pour secourir la victime. Cela fait près de 15 ans que la ville tourne comme ça avec un pourcentage de criminalité proche de 0.

Mais voilà un jour, notre E.V.E est incapable d’identifier l’agresseur, il lui est totalement invisible; au début ses concepteurs pensent à une mise à jour qui a mal fonctionné; mais voilà elle n’est pas seule face à cette cécité et la conception des E.V.E. n’a rien avoir avec ce problème.

E.V.E. veut à tout prix comprendre pourquoi elle n’a pas pu faire ce pourquoi elle a été conçue; Alors, elle décide de pousser plus loin ses investigations. Elle se retrouve dans le corps de la dernière victime qui est dans le coma, pour essayer de comprendre ce qu’elle lui a échappé en tant que IA; ce qu’elle n’avait pas prévu c’est que de vivre dans un corps humain est un pur émerveillement.

Les personnages :

E.V.E. : C’est une Intelligence Artificielle qui possède un tuteur, Silas, avec lequel elle converse d’égal à égal. Silas est toujours respectueux. Quand elle se retrouve devant l’impossibilité de faire ce pourquoi elle existe; elle est plus perturbée qu’elle ne le laisse croire à Silas. Elle décide d’investir le corps d’Eva, la jeune victime dont elle n’a pu voir son agresseur. Mais dans ce corps elle goûte à la vie réelle, et c’est complètement addictif. Découvrir les sensations bonnes ou mauvaises est un pur émerveillement. L’IA est déterminée à trouver l’agresseur d’Eva et surtout L’IA veut connaître la raison de son inefficacité. Une autre chose la travaille encore un peu, elle aimerait savoir à quoi elle ressemble dans la vie réelle auprès de Silas. Et cette caractéristique marque l’évolution que prévoyait son tuteur…

Silas : On ne connaît de lui que ce que nous indique l’IA. Il est son tuteur, c’est à dire qu’il veille sur elle, il doit noter tout ce qui lui paraît anormal, ou un brusque changement de fonctionnement. Silas discute avec E.V.E par écrans interposés. Il perçoit dès le début que l’IA est en train d’évoluer mais décide de garder ça pour lui.

Damian : C’est un Agent d’Intervention Immédiate; E.V.E a envoyé son escouade sur le lieu de l’agression d’Eva. Sa direction lui confie l’autorisation de passer à une enquête moins conventionnelle, plus comme avant les E.V.E. Damian ne sait pas trop par où commencer, mais il est déterminé et surtout il va avoir une aide inattendue : Eva (enfin E.V.E.). Leur duo va fonctionner à merveille !

La Plume, le Scénario :

J’ai lu le livre en une journée, tellement c’était impossible de lâcher cette histoire ! L’écriture de Carina Rozenfeld est fluide et très agréable.

j’ai tout de suite trouvé E.V.E. attachante et intéressante. Certes au début, ces phrases sont celle d’une simple IA, mais petit à petit, comme Silas on s’aperçoit que l’IA évolue jusqu’à l’inévitable. Au début, elle est déroutée car elle n’aperçoit pas l’agresseur, elle pressent tout de suite que sa conception n’y est pour rien ni même la mise à jour téléchargée dernièrement. Elle veut savoir, elle ne veut pas laisser un agresseur comme ça dans la nature, elle veut rendre justice à Éva. Mais est-ce les seules raisons ? Elle n’a pas à avoir ce genre d’émotions…

A chaque saut dans le corps d’Éva puis puis retour chez elle dans son laboratoire; la pression était grande, j’étais stressée, et si l’IA était surprise hors de son lieu de travail, et si par ses sauts, elle loupait d’autres agressions… ouhla c’était tendu ! Je n’en pouvais plus, il fallait que je lise, avidement, je ne pouvais pas m’arrêter.

Bon ! Mise à par ma lecture compulsive, l’auteur parle d’un sujet délicat. Les E.V.E. sont connectées à la population de Citypolis par l’intermédiaire de puce insérée à l’arrière de la nuque de chaque habitants. Il y a forcément les anti-E.V.E. qui crie au besoin de liberté, qui ne supportent pas d’être constamment espionné jusque dans leur vie intime. Et puis il y a le côté sécuritaire, les malfrats restent peut-être des malfrats mais ils n’osent plus agresser les gens. Le plus souvent les E.V.E font intervenir à temps les AII; et les victimes s’en sortent plus ou moins indemnes.

Donc le Big Brother, c’est bien ou c’est pas bien ? Faut-il choisir entre Liberté et Sécurité ? E.V.E est d’abord certaine que son travail est bien pour la population mais plus elle devient humaine plus ses intrusions chez les habitants la mette mal à l’aise… Elle comprend alors ce dilemme

E.V.E. naît à la vie en s’exposant dans le corps d’Éva; en voulant trouver son agresseur, elle apprend ce que c’est d’être humaine. La sensation du toucher, la douleur, la faim et le cœur qui s’emballe de plaisir et le doute … Ces sensations la bouleversent et la rendent attachante, passionnante. D’ailleurs, il y en a un qui tombe sous le charme , à cause de cet émerveillement éternel 😉 (non, non je ne dirais rien si vous voulez l’identité de ce « un », va falloir lire ce roman !!)

En Bref :

Un roman dévoré tout cru, qui laisse un peu des traces à cause de ce sujet bien délicat.

La Meute Harbor, HS Porter et Ludivine d’Audrey S.G.

Titre : La Meute Harbor

Tome : HS

Auteure : Audrey S.G.

Genre : Bit-Lit, Romance

Format : Epub

Nombre de pages : 3086 KB (198 pages)

Sorti le 03 octobre 2018

Fiche Bibliomania

 

*** ATTENTION SPOILERS pour ceux qui n’ont pas lu l’histoire originale ***

 

Résumé :

« « À chaque nouvelle année, elle redoute un peu plus ce jour et tout ce qu’il représente. » Persuadée que cette journée ne sera en rien différente des autres, Ludivine n’attend qu’une chose : qu’elle se termine. Pourtant … cette rentrée va lui réserver bien des surprises. Avec eux, Ludivine a l’impression de revivre, que tout redevient possible. L’amour … l’amitié … le bonheur, elle n’a plus peur d’y croire. Mais une fois encore, ses espoirs vont être brutalement brisés. La seule différence, c’est que cette fois le danger qui la guette va se révéler être mortel. Prise au milieu d’un conflit qui la dépasse et dont elle ignore tout, Ludivine devra se battre pour espérer sauver sa vie et celle de ses proches. Et si elle y parvient, son monde s’en trouvera changé à jamais. Venez découvrir, ou redécouvrir, à travers les yeux et les émotions de Ludivine, les aventures de la Meute et les mystères qui la composent. Entre amour, haine et amitié Ludivine ne sera plus jamais la même. »

Mon avis :

J’avais déjà donné mon avis sur cette histoire « La Meute Harbor, Tome 1 »

Et j’avais écrit : « […]Un autre point positif, le début des relations des autres couples, leur évolution; Je pense que chacun mériterait sa propre histoire.[…] »

Et voilà l’auteure a eu la bonne idée de décrire l’histoire vu par Porter et Ludivine, un autre couple emblématique de l’histoire.

L’histoire :

On reprend l’histoire de la Meute Harbor, mais cette fois c’est au travers les yeux de Ludivine, dit « la tornade blonde » 😀 . C’est la rentrée et elle la redoute car passer ses journées à faire semblant d’être une autre et à subir le regard des autres et maintenant devenu de plus en plus dur. Ludivine aborde cette rentrée avec difficulté,mais elle ne sait pas encore que l’arrivée d’une nouvelle élève va bouleverser sa vie !

Elle rencontre Héléna et elle en est sûre c’est fille va devenir sa meilleure amie. Mais cette nouvelle attire le regard de Valentin le BG du lycée, Ludivine voit là un signe incroyable. Elle va pouvoir s’approcher du magnifique Porter.

Et ainsi les évènements s’enchaînent, Ludivine va être emportée dans une aventure dangereuse et mortelle mais ce qu’elle retient c’est que plus jamais sa vie ne sera pareille car elle et Porter sont à jamais liés.

Les personnages :

Ludivine : c’est une lycéenne presque normale, à ceci près qu’elle fait semblant d’apprécier sa vie comme elle est; pour ne pas être une charge pour ses proches. C’est une véritable tornade blonde, avec un petit caractère bien trempé qui mène son petit monde à la baguette. Mais la vie lui semble fade, elle doit faire face avec le sourire aux brimades des « populaires » et en même temps protéger ses proches de leurs sales coups… Elle est fatiguée de faire semblant, encore une année de plus…mais voilà qu’arrive une toute nouvelle, Héléna ! A partir de ce moment, Ludivine aperçoit le bout du tunnel. Elle espère beaucoup de cette relation et pense qu’elle va enfin pouvoir être elle-même.

Quand Héléna attire Le Regard Du Plus Populaire Mec du Lycée ! WOW Ludivine n’en croit pas ses yeux, définitivement cette année ne ressemblera à aucune autre ! Car le chemin qui la sépare du fameux Porter se raccourcit …

***SPOILERS***

Porter : Il est l’un des fidèles amis de Valentin. Mais quand il voit son futur Alpha fondre à la vue de la nouvelle arrivée, il ne comprend pas … Dans un même, temps la chance lui sourit car coup de chance, cette fameuse Héléna est la meilleure copine de la belle tornade blonde pour qui il a un petit faible depuis plusieurs années… Porter à une place importante dans la meute et cet attachement avec une humaine est inhabituel mais pas interdit.

La Plume, le scénario :

L’écriture de l’auteur est toujours aussi agréable. Elle décrit très bien ce moment de l’adolescence un peu critique où le lien social est hyper important. Et s’il est raté, les déconvenues qui en découlent. L’auteure a également développé un peu plus l’amitié si importante aux yeux de Ludivine. Aussi bien celle avec Héléna que celle avec son frère et son groupe.

Cette petite partie de « je te cherche mais je me cache et puis je te trouve » entre Porter et Ludivine est super mignonne. Il faut qu’il arrive un évènement très grave pour que leurs sentiments sortent au grand jour.

La relation de Porter et Ludivine est plus romantique, plus douce que celle d’Héléna et Valentin. Car là il y a bien un lien mais pas forcément une destinée, Ludivine reste humaine et leurs sentiments sont guidés par leur choix de vie, les évènements qu’ils ont affronté même avant de savoir que Porter était un Loup. C’est leur cycle de vie qui les a rapproché, c’est une attraction naturelle qui les lie, elle est très forte peut-être plus forte que la normale et c’est sacrément romantique.

Bon c’est vrai que pour le déroulement de l’histoire = pas de surprise quand on a lu l’histoire originale; Il est vrai que je ne relis jamais, c’est très très rare mais bon cette fois c’était un peu différent car cette même histoire vu par d’autre personnage était toute à fait intéressante, ça m’a intrigué de voir comment tous ces rebondissements était vu par d’autres yeux; l’issue reste la même mais l’histoire est vécue un peu différemment.

En Bref :

Encore une lecture agréable, merci de nouveau Audrey S.G. pour votre confiance 🙂

D’Encre, de Verre et d’Acier de Gwendolyne Clare

Titre : D’Encre, de Verre et d’Acier

Auteure : Gwendolyne Clare

Éditeur : Lumen

Genre : Aventure, Fantastique

Nombre de pages : 467

Sorti le 3 mai 2018

Fiche Bibliomania

 

 

4ème de couverture :

 » Et si on pouvait vraiment créer un monde avec de l’encre et du papier ?

En s’armant d’encre et de papier, il est désormais possible de voir naître sous ses doigts des univers entiers. Il suffit, pour accomplir ce miracle, de respecter les règles complexes d’une nouvelle discipline, la scriptologie. Mais lorsque les êtres humains apparaissent pour la première fois sous la plume d’un scriptologue, c’est la révolution. Jumi da Veldana et sa fille Elsa, à la tête des insurgés, parviennent à leur tour à percer le mystère de cette science et à reprendre le contrôle de leur petit paradis à son créateur.

Cependant leur bonheur ne dure pas : Jumi, qui cache un noir secret, est enlevée sous les yeux de sa fille. Elsa est donc contrainte de s’aventurer dans le monde réel pour retrouver la trace sa mère. Des canaux d’Amsterdam aux rues de Pise, elle finit par trouver refuge dans « un asile de fou », une institution fondée par une organisation scientifique baptisée l’Ordre d’Archimède. Là, les scriptologues, les alchimistes et mécaniciens peuvent étudier et travailler à l’abri des persécutions. L’endroit est aussi un pensionnat réputé, dont les élèves observent la jeune inconnue avec beaucoup de curiosité. Parmi eux se trouve Leo, un mécanicien de génie dont la rencontre avec la nouvelle arrivante fait vite des étincelles. Commence une attente interminable, l’aide promise par l’ordre tardant à se concrétiser. Elsa finit donc par prendre les choses en main, et ce n’est pas peu dire. Car la jeune fille, elle aussi, dissimule un lourd secret…

Saura t-elle réparer par l’écriture un monde devenu fou ? Si elle veut parvenir à retrouver la trace de sa mère, Elsa devra apprivoiser les règles de son nouveau  terrain de jeu et comprendre la complexité des relations humaines. Passé tragique et ténébreuses conspirations, univers de poche et armes ultimes : Suivez cette héroïne armée d’encre et de papier à travers une ribambelle de mondes réels et inventés ! »

Mon avis :

L’histoire :

Elsa est tranquille, heureuse dans son monde, créer par Charles Montaigne, le premier scriptologue a avoir scripté des êtres humains, VELDANA.

L’univers de Veldana est maintenant indépendant, Jumi da Veldana et sa fille s’assurent du bon fonctionnement et des extensions de leur monde. Seulement Jumi attire l’attention et est enlevée devant Elsa. La jeune fille ne comprend pas pourquoi on aurait enlevé sa mère… elle décide de partir à sa recherche et pour ça il faut qu’elle se rende sur terre. Ses pas l’emmènent déjà chez leur créateur, mais malheureusement il ne peut plus rien pour elle… elle se décide donc de partir à Amsterdam chez le mentor de sa mère.

Son aventure débute et n’en finira pas de l’étonner; ce qu’elle va découvrir va bien au-delà de son petit monde, il s’agit de la sauvegarde de l’humanité ! pas plus pas moins !

Pressentant qu’Elsa possède de grandes habilités, De Vries, le Hollandais, l’emmène à Pise en Italie dans un refuge pour personnes atteintes de « folie ».

Là bas dans cette grande maison, Elsa va devoir apprendre à travailler en équipe, se faire des amis et surtout va comprendre ce que la disparition de sa mère engendre comme problème planétaire… Saura t-elle assez forte pour assumer son nouveau rôle ?

Les personnages :

Elsa da Veldana : est une jeune fille scriptée, c’est à dire qu’elle ne vient pas de la Terre. Elle est avide de connaissance, et surtout et s’extasie devant toute nouvelle vie que peut créer sa mère; d’ailleurs elle la seconde parfaitement pour lui succéder un jour à la tête de la protection de Veldana, leur monde.

Une fois sa mère enlevée, Elsa est pleine de ressource et ne se laisse pas démonter, elle part sur Terre pour enquêter sur la disparition de sa mère et la retrouver… La retrouver s’avère plus compliqué, et l’entraîne dans une collaboration avec les humains qui l’a mis mal à l’aise au début pour finalement la séduire, c’est quand même bien d’avoir des amis sur qui compter…

Pour avancer dans ses investigations, elle va devoir cacher son lourd secret aux pensionnaires du refuge, alors que certains le soupçonne déjà. Avec Leo, c’est complexe; il ment souvent pour cacher ses blessures et Elsa n’est jamais sûre de rien… avec Faraz c’est plus facile, le jeune alchimiste est sans ambages et direct; Par contre, au début, elle ressent l’envie d’amitié de Porzia comme une intrusion mais elle va rapidement comprendre que la jeune fille veut vraiment l’aider et être son amie.

Quand elle apprend que l’Ordre d’Archimède ne coopère pas facilement, est même plutôt frileux à retrouver sa mère, elle prend les choses en main et part à l’aventure avec ses nouveaux amis.

Leo : Jeune homme au passé trouble, malheureux, son père et ses frères sont mort dans un incendie et sa blessure est si intense qu’il ressent le besoin de mentir à tout bout de champ pour se protéger… La venue d’Elsa est comme un choc pour lui, il aperçoit dans son regard l’avidité de connaissance à la vue de son robot et ça le perturbe plus que de raison… Faraz est son meilleur ami, et il n’y a qu’avec lui seul qu’il peut se permettre d’être le vrai Leo … enfin presque…

Faraz : c’est l’alchimiste de service, il est sérieux, droit mais on a pas trop l’occasion de voir ses capacités, on soupçonne qu’elles sont importantes… C’est le raisonnable de la troupe d’amis, le plus calme disons.

Alek De Vries : c’est le mentor de Jumi, d’ailleurs il la considère comme sa fille; sa disparition sonne comme le glas. Il sait de quoi est capable Jumi et son enlèvement ne peut pas être anodin. Il prend Elsa sous son aile. Il semble un peu rebelle quand on le voit évoluer dans l’ordre mais toujours avec la discrétion, la retenue et le calme dû à son âge.

D’autres personnages participe à l’aventure d’Elsa mais je ne vais pas faire l’inventaire, vous devrait lire le roman !

La Plume, le Scénario :

Alors au début, j’ai eu une toute petite déception… je me disais « arf, un monde virtuel… » c’est compliqué de s’attacher à des personnages qui n’ont pas d’existence réelle, enfin pour moi. Mais je ne lâche jamais un livre, alors j’ai continué. Et là Baam ! Grande surprise, Veldana n’est pas un monde virtuel, ce n’est pas un simple monde d’ailleurs… C’est un monde scripté, tout droit sorti de l’imaginaire et de l’écriture d’un humain.

La scriptologie, une nouvelle matière permet de créer des mondes, j’ai trouvé ça formidable ! Ce n’était pas seulement un monde virtuel, c’était bien plus que ça, c’était un monde inventé et né de la plume d’un auteur et en plus viable. Bref d’un coup  ma déception s’est envolée !!

En fait c’est le rêve de tout lecteur (non?), je crois, peut-être des auteurs aussi, un monde créé de l’imaginaire où l’on peut se promener et y vivre. C’est comme si, il était possible que chacun créé son monde idéal, et comble de tout un monde à l’abri dans un livre. C’est comme si une multitude d’univers était accessible direct dans les rayons de la bibliothèque ! wow ! wow ! Quelle idée géniale !!

Bon je me calme … revenons à l’histoire 😉

J’ai apprécié ces petites réfèrences sans en être; le créateur qui s’appelle Charles Montaigne (homonyme par le nom de l’écrivain); le mentor de Jumi Alek De Vries (pareil homonyme par le nom du botaniste) et toute cette histoire qui repose sur certains faits de l’Histoire de l’Italie avec un certain Giuseppe Garibaldi général italien voulant unifier Italie. et puis chaque début de chapitre est illustré par la citation d’un illustre personnage; c’est très très agréable toutes ces références, qui d’ailleurs sont listées en fin de livre dans une bibliographie.

Un peu de réalité dans l’imaginaire, il ne m’en faut pas plus pour plonger.

Bon on en parle de cette fin ?? wow heureusement qu’il y a l’épilogue pour éclairer le lecteur car wow ! Quel rebondissement !

Forcément on veut lire la suite !

En Bref :

Un roman construit sur une idée géniale : donner vie à l’imagination de l’auteur avec de l’encre et un morceau de papier! Il faudrait vraiment l’inventer cette matière 😉

Des mondes virtuels qui n’en sont pas avec des protagonistes combatifs et attachants, une Histoire Italienne pas si loin, des références à de illustres personnages; tout y est pour passer un bon moment.

Surtout n’oubliez de lire la note de l’auteur à la fin c’est super intéressant !!

La Gueule de leur Monde d’Abram Almeida

Titre : La Gueule de leur Monde

Auteur : Abram Almeida

Éditeur : Autoédité

Genre : Contemporain

Format : Epub

Nombre de pages : 167

Sorti le 14 juin 2018

Fiche Bibliomania

 

 

Résumé de l’auteur :

« Lorsqu’un jeune diplômé africain se décide contre tout bon sens à rejoindre la horde de migrants qui tente de traverser la méditerranée pour atteindre l’Europe, on se doute déjà que quelque chose ne tourne pas rond dans ce monde. Mais comme tous ces indésirables fuyants la guerre, la famine ou Dieu sait quelle autre calamité dont seul le tiers monde a le secret, il a ses raisons. Il est pourtant bien loin de s’imaginer ce qui l’attend au cours de son périple où rien, mais alors vraiment rien ne se passe comme prévu.

Dehors il y’a désormais des djihadistes qui redessinent la figure du monde à l’arme lourde, des forces de l’ordre qui ne savent plus où donner de la matraque, des malfrats de tous bords qui font des affaires avec des vies humaines, le tout dans le dos de gouvernements trop occupés à se refiler tout ce monde de misère envahissante.

Notre héros lui ne voit pourtant aucune incohérence à toutes les invraisemblances de ce monde, c’est un Candide des temps modernes. Avec trois compagnons de route aussi touchants que comiques, il arpente les sentiers de la migration sans se soucier de ses dangers. Ces drôles de lurons arriveront-ils au terme de leur voyage?? Celui-ci en vaudra-t-il la peine?? Quoi qu’il en soit, l’Europe n’a qu’à bien se tenir… Ils arrivent?!

Mon avis :

Merci à l’auteur pour m’avoir proposé son roman ! Une lecture intense, dure et drôle à la fois;

Pile au moment où je termine le roman d’Abram Almeida, j’apprends qu’un énième accord est passé entre 5 pays d’Europe pour laisser accoster le fameux cargo sauveteur : l’Aquarius à Malte avec à son bord 141 migrants en détresse.

J’avais déjà écouté avec attention le témoignage de Ludovic Duguépéroux, Marin-sauveteur à bord de l’Aquarius; Il ne comprenait pas cet immobilisme, ce rejet des migrants, de personne qui fuit leur pays car ils ne sont plus en sécurité chez eux. Ce témoignage était percutant. Ensuite, toujours par l’intermédiaire de Brut.fr j’avais écouté aussi les durs témoignages de migrants ayant subi la torture et l’esclavage en Libye, là encore tout un tas de questions m’est venu…

L’histoire :

Fraîchement diplômé depuis 2 ans, passant d’entretiens stériles en entretiens frustrants, notre jeune protagoniste décide de partir tenter sa chance en Europe après une rencontre, fortuite mais comme il le dit bousculera sa vie à tout jamais, avec deux Ghanéens migrants.

Ainsi son dangereux périple, qui pour lui sonne comme une aventure, commence. Il part avec un plan bien établit et une coquette somme d’argent censé suffire pour son passage en Europe;

Mais c’est sans compter sur les passeurs malhonnêtes, sur les djihadistes, sur les gardes frontières, les esclavagistes brutaux et sanguinaires de Libye et surtout à l’immobilisme général de tous les dirigeants d’Afrique et d’Europe…

Le personnage :

Je ne vais parler que de notre jeune Candide, un Burkinabè fraîchement diplômé, qui recherche un travail inlassablement. Lors de son périple, ses acolytes le surnomment « l’Orphelin » à cause de l’histoire  de sa vie qu’il s’est inventé et qui va souvent lui sauver la mise.

L’auteur se sert de son personnage candide pour nous peindre une Afrique au bord de l’implosion, où plutôt au bord de l’asphyxie… L’Orphelin, nous raconte son périple, son aventure avec simplicité, avec un humour corrosif. Il décrit des évènements tragiques avec une mesure moins dramatique, plus comme du fatalisme encore que ça ne l’empêche pas de continuer son chemin, il lutte avec la mort, il n’en a presque pas conscience…

Son plan prend un sacré coup dans les grandes lignes, pas démonté notre jeune Burkinabè relativise et continue d’avancer, la seule chose qui semble le préoccuper c’est de perdre du temps sur le timing prévu…

Il se retrouve face à différents bourreaux, des djihadistes qui haïssent l’occident à tel point qu’ils ne savent plus très bien pourquoi, des mercenaires cherchant à se faire de l’argent sur des gens en détresse, des familles, ces mêmes mercenaires se transforment au gré de la politique en esclavagistes… mais à chaque fois notre jeune personnage survit avec soit un sens aigu de la naïveté soit un instinct de survie bien au dessus de la moyenne…

Face à ce débordement, ces obstacles incohérents, ces atrocités impunies… « l’Orphelin » y voit un monde certes qui ne tourne pas rond mais pour lui ça toujours été ainsi, donc rien de plus normal presque…

Certes il est témoin de violence gratuite, de telles atrocités, d’actes non humain qui le heurtent, qui lui font se poser beaucoup de question mais à chaque fois survivre reste une priorité. Il nous décrit toutes ces horreurs que l’Afrique cache en son sein, avec désinvolture, non plutôt avec détachement que j’ai fini par comprendre comme étant un acte délibéré de défense afin de ne pas devenir fou, il éteint sa sensibilité pour survivre face à toute cette folie sanguinaire et meurtrière… dont le sens n’est pas toujours bien défini…

La Plume, le Scénario :

j’ai lu ce récit très rapidement car l’écriture de l’auteur est vraiment fluide et plaisante; et puis je me suis attachée très vite à son personnage principal, j’avais vraiment à coeur de savoir jusqu’où le mènerait sa naïveté, son optimisme et j’espérais qu’il arrive au bout de son périple.

Ce n’est pas un récit autobiographique, ni même la rédaction d’une biographie… non c’est bien un témoignage certes mais sorti tout droit des recherches approfondies, d’investigations de la part de l’auteur. Le récit de l’auteur semble si réel, bien qu’on sent que ce qui se passe là-bas est bien plus sordide.

AbramAlmeida a choisi de dépeindre cette migration forcée et balafrée au travers d’un jeune candide des temps modernes; pour rendre le récit plus « lisible » (je ne suis pas sûr que ce mot convienne…) Derrière cet humour corrosif, ce détachement du jeune protagoniste se cache une vérité bien plus insoutenable, des situations bien plus lourdes, sombres et cruelles. Il ne faut pas être naïf, il faut lire entre les lignes que ce qui ce passe en Afrique est plus inhumain que notre imagination pourrait le structurer…

A l’aide de son jeune Burkinabè, l’auteur décrit une Afrique en flamme, en déperdition; accablée entre les famines invisibles, les envahisseurs, les anciens colonisateurs qui maintiennent cet état de fait, les esclavagistes qui agissent en toute impunité et le fatalisme d’une grosse partie de la population désarmée, fatiguée, usée et à bout de souffle…

Quand les intérêts économiques priment sur la vie, la défense des populations…

Ces populations à la dérive, en fuite face à des guerres intestines, des guerres de religion, face à la faim, la maladie… bref en quête d’une vie meilleure, qui pourrait les en blâmer ? Ces populations continuent d’avancer même si le prix à payer est l’humiliation, la torture, la mort et bien pire encore … même s’il faut risquer sa vie, peut-être que de l’autre côté de la mère (j’ai bien aimé l’utilisation de cet homonyme !) Méditerranée la vie sera meilleure…

Le récit d’Abram Almeida ne m’a pas ouvert les yeux car je suivais depuis un certain temps l’actualité de l’Aquarius, ce cargo-sauveteur. mais ce roman m’a fait sursauté, m’a révolté. Ce qui se passe en Afrique est révoltant ! Je vois déjà certains dire « qu’est-ce que la petite révolte d’une européenne bien au chaud dans sa maison ? … oui vous aurez certainement raison, mon sentiment de révolte ne sert pas à grand chose c’est un dur constat… personne ne pèse bien lourd face aux puissants de ce monde… c’est frustrant !

Le roman d’Abram Almeida a le mérite de mettre en lumière ce dysfonctionnement anormal que des populations entière, à court de solutions, ont fini par admettre et à intégrer dans leur quotidien.

En Bref :

Merci à l’auteur pour ce récit poignant, révoltant avec un personnage tout à fait attachant !